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Covid-19 : "on ne parle plus des décès" regrette le professeur Amouyel du CHU Lille

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Par , France Bleu Nord

L'épidémie de coronavirus flambe dans le dunkerquois et le nombre de décès a fortement augmenté dans le Nord ces derniers jours. Invité de France Bleu Nord, Philippe Amouyel, épidémiologiste et professeur de santé publique au CHU de Lille évoque la situation dans notre région.

Le CHU de Lille
Le CHU de Lille © Maxppp - Sébastien Jarry

Est-ce que la situation se dégrade dans les Hauts-de-France par rapport au reste du pays ?

Philippe Amouyel : On se situe à une période où les variants qu'on a connus jusqu'à présent sont en train d'être remplacés progressivement par les nouveaux variants, variant anglais, variant sud-africain.  On est , à mon avis, au début d'une nouvelle phase épidémique et il se trouve que, malheureusement comme lors de la première vague, on voit que l'Est et que le Nord commencent à être touchés. La situation n'est pas homogène dans les Hauts-de-France. Cette vague touche plutôt la zone côtière. Lille est pour l'instant relativement épargnée. 

Y a t-il une explication à cette flambée des cas dans le dunkerquois ? On a évoqué la proximité du Royaume-Uni avec le trafic portuaire.  Cela vous paraît-il plausible ?

C'est plausible mais c'est relativement difficile à cerner objectivement puisque (..) Calais n'a pas suivi la même progression. C'est la même chose en Moselle avant le variant sud-africain. On ne sait pas d'où viennent ces cas. 

Il y a un chiffre qui interpelle : 34 décès en 24h dans le Nord selon les chiffres des données hospitalières fournies par Santé publique France. 

Aujourd'hui, on parle beaucoup du fameux plateau qui reste stable mais il reste stable à 20 000 cas par jour, ce qui est énorme. On devait sortir du confinement à la mi-décembre avec 5000 cas positifs. Il en est de même pour les décès. Aujourd'hui, on peut considérer que chaque jour en France un avion de ligne s'écrase à cause du covid.Avec cette notion de stabilité qui est très relative, on en oublie complètement les seuils. Rappelez vous au début de l'épidémie, en mars-avril, chaque mort était compté. Aujourd'hui, il y en a plus de 300 par jour en France et plus personne n'en parle. 

Est-ce qu'un confinement strict et localisé pourrait suffire à freiner l'épidémie ? 

Il n'est pas question de revenir au confinement de mars. Aujourd'hui, ça n'a plus de sens. En revanche, il faut contenir le virus là où les foyers apparaissent - Dunkerque, la Moselle, le Nord, la région parisienne - en y appliquant un certain nombre de mesures peut-être un peu plus restrictives mais pendant une durée courte. 

Il faut également diminuer le nombre de cas positifs. 20 000 nouveaux cas par jour, c'est sans compter les sujets asymptomatiques et le fait qu'on reste contaminant pendant 6 à 10 jours. Cela veut dire qu'en France chaque jour il y a 500 000 personnes qui transmettent le virus.  Pour faire diminuer ce chiffre, il y a plusieurs moyens :  le dépistage massif et le contrôle des gens qui s'isolent.  Entre savoir qu'il faut s'isoler et s'isoler, il y a des différences. 

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