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Covid-19: se faire dépister sans symptôme devient plus compliqué dans les deux Charentes

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Par , France Bleu La Rochelle

Sans ordonnance ou une bonne raison, impossible désormais de trouver un créneau en Charente, pour se faire dépister au Covid-19. La Charente-Maritime maintient pour l'instant des dépistages gratuits et sans rendez-vous. Dans ces deux départements, les laboratoires d'analyse sont saturés.

Dépistage Covid en drive à La Rochelle. Avec 13.000 tests par semaine, la Charente-Maritime a sans doute atteint son point de saturation.
Dépistage Covid en drive à La Rochelle. Avec 13.000 tests par semaine, la Charente-Maritime a sans doute atteint son point de saturation. © Radio France - Julien Fleury

Le département de la Charente a été placé jeudi par l'ARS en "vulnérabilité modérée" au Covid.  Un passage à l'orange, lié à une une progression continue de la circulation du virus dans le département : on en est à 31 cas pour 100.000 habitants en Charente. 

En Charente, où 500 à 1000 tests sont réalisés chaque jour, il faut désormais une bonne raison pour se faire tester. Avec la rentrée, l'ARS a décidé de mettre fin aux dépistages préventifs, sans ordonnance ni rendez-vous. Et cela tombe bien, car les laboratoires sont saturés.

Secrétaires agressées par des patients

Décrocher un rendez-vous pour un test Covid devient de plus en plus compliqué, constate Romane Patenotre, technicien et secrétaire Force ouvrière chez Laboffice, premier réseau de laboratoires d'analyses de Charente. Un établissement en surchauffe : "on a des salariés fatigués par des heures supplémentaires quotidiennes. On a des secrétaires qui se font agresser par les patients, parce qu'ils sont angoissés. Ils n'arrivent pas à avoir les résultats dans les délais promis" égrène le syndicaliste.

La situation reste "très acceptable", répond l'agence régionale de santé : pas plus de quatre jours en Charente, entre la demande de rendez-vous et le résultat... c'est conforme aux objectifs. Mais oui, confirme Atika Rida-Chafi, la directrice départementale de l'ARS, les labos doivent maintenant définir des priorités : "il est normal que des personnes se plaignent de délais de tests très longs, si elles se présentent dans un laboratoire alors qu'elles n'ont ni prescription ni symptôme."

Lourdeur administrative

La priorité désormais donnée en Charente aux personnes symptomatiques (plus nombreuses apparemment depuis la fin de l'été), à leurs cas contacts à risque, et aux personnes évoluant dans un environnement à risque (salariés d'Ehpad, personnes âgées...).

Pour soulager les labos saturés, de nouveaux préleveurs sont formés régulièrement, notamment par l'hôpital d'Angoulême, en particulier des infirmières de ville. Il faudra aussi simplifier le côté administratif des tests, concède Atika Rida-Chafi : "les patients ne le voient pas, c'est la prise de rendez-vous, l'enregistrement, l'envoi pour analyse... tout ça prend un temps considérable !" Et a même nécessité d'embaucher du personnel.

Mais ce qu'attendent aussi les salariés des labos, rappelle le syndicaliste Romane Patenotre, c'est aussi une reconnaissance de leur engagement durant la crise, via des augmentations de salaires, et une prime Covid. Prime dont il n'a pas du tout été question pour eux, lors du Ségur de la Santé.

En Charente-Maritime, des créneaux sans rendez-vous

Le département de la Charente-Maritime reste en "vulnérabilité limitée" (dernier dans ce cas en Nouvelle-Aquitaine avec la Creuse) avec 17,8 cas pour 100.000 habitants. Dans ce département, l'ARS a décidé de maintenir une politique de dépistage plus ouverte, avec des créneaux sans rendez-vous ni ordonnance.

C'est dans la droite ligne des opérations de l'été sur les lieux touristiques. Des dépistages sans rendez-vous restent organisés à La Rochelle, sur les îles de Ré et d'Oléron... et désormais aussi à Saintes et Jonzac. Pas vraiment un luxe, selon Eric Morival, directeur de l'ARS en Charente-Maritime : "Ce qui est très important, c'est de continuer ces dépistages préventifs, pour que les gens qui ne portent pas de symptômes le sachent, et puissent éviter de propager le virus."

13.000 tests par semaine

Sauf qu'avec la rentrée, le retour au travail, à l'école... les tests ont doublé en quinze jours en Charente-Maritime. On en est à 13.000 tests par semaine. Le drive des parcs de La Rochelle, géré par le labo Bio 17, est totalement saturé : "on n'est pas encore comme en région parisienne, mais on ne va pas tarder à y arriver", prévient la biologiste Géraldine Dugaz.

Pour réaliser les prélèvements, Géraldine Dugaz a bien recruté des infirmiers libéraux, formés par ses soins, certains âgés de plus de 60 ans : "Mettez une personne de plus de 60 ans en plein soleil pendant des heures, avec combinaison, masque, etc. C'est très courageux !"

Mais même avec ce renfort, l'organisation atteint ses limites : "il ne faut plus faire du chiffre, je crois qu'il faut maintenant faire de la qualité, plaide Géraldine Dugaz. Prioriser, pour rendre service à la population qui en a vraiment besoin : les gens symptômatiques,  les préopératoires... voilà, les voyages c'est secondaire !"

Qualyse, labo vétérinaire sur tous les fronts

Même saturation chez Qualyse, le laboratoire vétérinaire public réalise, grâce à une dérogation, une bonne moitié des analyses covid transmises par les labos de Charente-Maritime. Au prix d'une course contre la montre pour son directeur Philippe Jumel : "c'est pour ça qu'on a été obligé de mettre en place des équipes de nuit, il y a deux semaines. C'est pour ça qu'on court actuellement après du matériel, pour augmenter notre capacité de production."

Philippe Jumel est fier de maintenir pour l'instant un délai de traitement de 24 heures. Mais il prévient : ça ne peut pas durer à ce rythme trop longtemps. Faut-il s'accrocher à cet espoir ? En octobre devraient arriver des tests rapides salivaires. Ils pourraient remplacer les actuels dépistages Covid sans rendez-vous.

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