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Covid-19 : de retour de Guadeloupe, le Pr Louis Bernard du CHU de Tours dénonce une "maltraitance sanitaire"

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Comme sept autres soignants tourangeaux partis en renfort dans les hôpitaux des Antilles, le Pr Louis Bernard est rentré ce week-end en Touraine. Eprouvé par dix jours de mission, le chef du service des maladies infectieuses au CHRU de Tours dénonce une "maltraitance sanitaire" sur place.

Les services de réanimation sur débordés en Guadeloupe. Il faudrait trois fois plus de lits que maintenant, dénonce le professeur Louis Bernard, du CHRU de Tours. Les services de réanimation sur débordés en Guadeloupe. Il faudrait trois fois plus de lits que maintenant, dénonce le professeur Louis Bernard, du CHRU de Tours.
Les services de réanimation sur débordés en Guadeloupe. Il faudrait trois fois plus de lits que maintenant, dénonce le professeur Louis Bernard, du CHRU de Tours. © Radio France - Valérie Dejean

Impossible de taire ce qu'il a vu en Guadeloupe. A peine rentré de l'île ce week-end, le professeur Louis Bernard, du CHRU de Tours, dénonce une "maltraitance sanitaire" et une situation d'une "gravité extrême", alors que les Antilles sont submergées par une quatrième vague de Covid sans précédent. 

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"Je n'ai jamais connu ça"

Avec sept autres soignants tourangeaux (deux médecins, trois infirmières et deux aides-soignantes), le chef du service des maladies infectieuses était parti pour une mission de dix jours, en renfort dans les hôpitaux de Martinique et de Guadeloupe. Louis Bernard a été mobilisé aux urgences de l'hôpital de Pointe-à-Pitre. Sur l'île, le taux d'incidence avoisine les 2.000 cas pour 100.000 habitants, et la vaccination est très faible d'après les chiffres de Covid Tracker. Moins d'un quart des Guadeloupéens a reçu au moins une dose de vaccin.

"En plus de 30 ans de métier, je n'ai jamais connu ça dans un département français", témoigne le médecin. Outre la fatigue de la mission et le décalage horaire, on le sent véritablement éprouvé par ce qu'il a vu. "J'ai encore des idées noires face aux afflux massifs de patients, aux gens restant pendant 24h sur des brancards dans une hygiène précaire, aux décès nombreux dans les services...", décrit-il.

Les patients triés pour aller en réanimation

Louis Bernard ne pensait pas que les hôpitaux seraient autant désorganisés et que la situation serait aussi chaotique. Les moyens manquent sur place. Les lits de réanimation ne sont pas assez nombreux. Les soignants sont donc contraints de prioriser certains patients. "Moi, j'appelle ça trier", dénonce-t-il.

"Un exemple... Quelqu'un de 35 ans que vous ne mettez pas en réanimation parce qu'il aurait une mortalité prévisible plus importante que d'autres patients...". Et même en réanimation, les patients arrivent dans des états tellement graves que près de la moitié décèdent.

Il faut que les gens prennent conscience de ce qu'il se passe"

Les soignants ne sont pas suffisamment préparés à affronter la mort. "Une infirmière de 25 ans avait la moitié de ses patients sous morphine et en fin de vie, alors qu'en métropole, elle était dans un centre de vaccination pour protéger. C'est terrible pour les soignants", commente Pr Louis Bernard.

Difficile de ne pas se sentir impuissant, surtout quand la médecine devient palliative. "Ca ne peut pas durer comme ça. Il faut que les gens prennent conscience de ce qu'il se passe", alerte l'infectiologue tourangeau. 

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