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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus : "L'inquiétude c'est d'avoir 10 patients à prendre en charge et de ne pas savoir comment faire"

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Par , France Bleu Hérault

En pleine période d'urgence sanitaire liée au Covid-19, des soignants et cadres de l'hôpital de Sète témoignent de ce que signifie, au quotidien, un hôpital sous tension. Effectifs insuffisants, personnels fatigués, solidarité...

L'hôpital de Sète a pris en charge 177 patients Covid depuis mi août, 60 de plus qu'au printemps.
L'hôpital de Sète a pris en charge 177 patients Covid depuis mi août, 60 de plus qu'au printemps. © Radio France - Marie Ciavatti

C'était le scénario attendu : Emmanuel Macron a confirmé ce mercredi 28 octobre un reconfinement du pays à compter de vendredi et jusqu'au 1er décembre, a  minima. Mesure espérée par les services hospitaliers submergés par l'afflux de patients Covid. A l'hôpital de Sète, dit "en très forte tension", elle est vécue comme un soulagement. France Bleu Hérault a  recueilli la parole de personnels soignants et encadrants. 

Les autres mesures n'ont pas donné de résultats

Catherine Blondin, chef de la Commission Médicale de l'Etablissement, soutient sans réserve la mesure de confinement. "On a fait le maximum depuis deux mois, mais maintenant, on n'ira pas au-delà. Il faut nous aider. Et pour nous aider il faut éviter les  contacts entre les personnes. Donc confiner la population, parce qu'on a vu que toutes les autres mesures, de responsabilisation, de couvre feu, n'ont  pas donné les résultats attendus."

"On a fait le maximum. On n'ira pas au-delà". Catherine Blondin, chef de la Commission Médicale de l'Etablissement des hôpitaux de Sète

Elle s'inquiète de ceux qui imaginent qu'on "dramatise à l'extrême la situation". Non, les chiffres en effet sont inquiétants. 177 patients pris en charge depuis la mi août. 60 de plus que lors de la première vague, alors que l'absentéisme du personnel augmente, pour cause d'épuisement et de Covid notamment. Le nombre de morts s'accélère. Et le service de réanimation voit arriver des patients plus jeunes qu'à l'ordinaire. Récemment deux malades de 35 et 53 ans.

10 places à trouver d'ici ce soir

"A l'heure où je vous parle, on a dix patients Covid aux urgences en attente d'être hospitalisés". Dix places à trouver en médecine d'ici ce soir. Un défi. Elle souligne aussi le nombre important de décès qui surviennent parfois brutalement et qui ébranle les personnels. "C'est à dire qu'en deux jours un patient qui allait bien, va être hospitalisé, se dégrader et malheureusement décéder. Pour les proches c'est extrêmement difficile à vivre. Pour nous médecins, cela pose des questions sur  l'accompagnement des familles. Et les internes qui sont de jeunes médecins en formation, eux sont confrontés à une situation à laquelle ils n'ont pas été préparés et que de fait ils n'ont jamais connue."

"Dix places à trouver d'ici ce soir". C. Blondin

Angélique Gabata, cadre de santé, Catherine Blondin, présidente de la commission médicale de l'Etablissement et Claudie Greslon, directrice des hôpitaux du Bassin de Thau
Angélique Gabata, cadre de santé, Catherine Blondin, présidente de la commission médicale de l'Etablissement et Claudie Greslon, directrice des hôpitaux du Bassin de Thau © Radio France - Marie Ciavatti

"Combien  de temps va-t-on tenir à ce rythme là?"

Angélique Gabata est cadre de santé. Son service de diabétologie et de médecine  interne a été transformé en service Covid dès le 28 août. Et depuis 15  jours il y est entièrement consacré. "C'est long. On est habitué à gérer des crises de deux ou trois jours, comme  un accident de la route important. Là on est en tension depuis plusieurs  semaines et on ne sait pas ce qui nous attend. C'est difficile  d'anticiper. Ce qui tient les équipes c'est de la cohésion. Mais combien de temps va-t-on tenir à ce rythme-là? Quand on travaille la semaine, c'est compliqué de revenir  travailler sur nos jours de repos parce qu'on manque de personnel. C'est là que ça épuise. On est tous sollicités sur nos jours de repos. On revient parce qu'on est solidaire. C'est ce qui nous tient."

"Ce qui nous tient pour l'instant, c'est la cohésion". Angélique Gabata, cadre de santé

"Nous sommes au bout de nos ressources" 

Il y a urgence à trouver des renforts confirme la directrice des hôpitaux du Bassin de Thau, Claudie Greslon. "L'organisation  actuelle est insuffisante. Les étudiants infirmiers stagiaires nous aident mais ce qu'il nous faut c'est les mobiliser à plein temps, pour soulager les équipes parce que nous avons vu les chiffres doubler en quelques jours. C'est notre grande inquiétude. Le mois de novembre va  être terrible. Et nous sommes au bout de nos ressources.

"Nous avons déjà transformé un service de chirurgie en médecine. Nous avons des lits  mais il nous faut des compétences. Nous allons redéployer des personnels mais on atteint les limites. Ce qui nous fait peur c'est d'avoir dix personnes aux urgences ce matin qu'il va falloir prendre en  charge. Nous ne savons plus comment faire."

"Le mois de novembre va être terrible". Claudie Greslon, directrice des hôpitaux du Bassin de Thau

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