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Dossier : Coronavirus Covid-19

Covid long : une étude grenobloise révèle un lien entre troubles du sommeil et formes graves de la maladie

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu Isère, France Bleu

Les premiers résultats du protocole "co-survivors" qui étudie les séquelles sur le long terme des patients atteints de la Covid-19 démontrent un lien entre apnée du sommeil et gravité de la maladie. Renaud Tamisier, pneumologue-physiologiste au CHU de Grenoble, était notre invité ce mardi à 7h45.

Malade Covid en réanimation à l'hôpital (photo d'illustration).
Malade Covid en réanimation à l'hôpital (photo d'illustration). © Radio France - Marie-Audrey Lavaud

Renaud Tamisier, pneumologue-physiologiste et spécialiste du sommeil, dirige le protocole "co-survivors" au CHU Grenoble-Alpes, lancé en avril 2020 sur des patients atteints de la Covid-19. Il était l'invité de France Bleu Isère ce mardi à 7h45. 

Pouvez-vous nous décrire cette étude ?

Il s’agit d’un protocole qui réunit le CHU de Grenoble et le laboratoire HP2 (laboratoire hypoxie et physiopathologies cardiovasculaires et respiratoires, ndlr) pour la coordination de cette étude, en lien également avec les CHU de Nancy, Créteil et Bobigny ainsi que le centre hospitalier Alpes-Léman. Le but de cette étude est de recueillir les données des patients qui ont eu la Covid-19 et de faire un suivi sur cinq ans en regardant si les patients ont des séquelles respiratoires ou d’autres séquelles de type trouble du sommeil qui peuvent par ailleurs être une fragilité vis-à-vis de la Covid.

Voyez-vous régulièrement ces patients ?

Oui, pour les patients qui ont été malades, on propose une consultation post-covid dans le service de pneumologie physiologie du CHU de Grenoble afin de vérifier qu’il n’y a pas de séquelles respiratoires de leur maladie virale, comme il est recommandé par le Haut conseil de la santé publique. Pour les patients qui participent à la cohorte spécifique à l’étude "co-survivors", ils auront un suivi un peu plus large qui regardera également le plan cardiovasculaire et du sommeil pour voir s’ils souffrent de troubles du sommeil ou de l’apnée du sommeil. Tous les patients bénéficieront d’un suivi pendant cinq ans. 

Ce lien entre l’apnée du sommeil et les formes graves de la maladie est la première découverte de votre étude ? 

A priori, il existe un lien entre la présence du syndrome de l’apnée du sommeil et les formes graves de la Covid-19, c’est quelque chose qui a déjà été démontré grâce aux données de plusieurs systèmes de santé – pas en France car il est difficile d’accéder aux données – dont les États-Unis où il a été démontré que les patients qui font de l’apnée du sommeil sont plus à risque de développer des formes graves de la maladie. Dans la cohorte, nous démontrons que non seulement ils sont plus à risque de tomber malade mais surtout ils sont plus à risque de développer une forme grave de la maladie car dans notre cohorte nous avons une présence plus importante d’apnée du sommeil que dans la population générale. Nous sommes à 10% dans la population générale alors que dans la cohorte nous sommes à plus de 50%.

Vous suivez actuellement 220 patients mais vous en cherchez d’autres ? 

Il nous en faudrait 400. Selon le rythme des inclusions actuelles, on devrait atteindre les 400 patients d'ici à l’été prochain.

Parmi vos patients, il y a ce qu’on appelle des "covid-long", des patients qui gardent des symptômes même après la maladie...

Je ne suis pas sûr que le terme "covid-long" soit le plus approprié en termes de définition mais oui il existe différents types de patients dans la cohorte. Certains présentent des symptômes plutôt sur le plan respiratoire car ils ont eu une atteinte pulmonaire sévère et sont en phase de cicatrisation de leurs poumons. Nous avons aussi des patients qui ont perdu énormément de masse musculaire lors de la phase aiguë de la maladie et ont de ce fait beaucoup de mal à reprendre une activité physique, d’autres patients gardent une fatigue inexpliquée. Enfin, nous avons des patients qui ont plutôt un stress post-traumatique et qui ont aussi besoin d’une prise en charge spécifique.

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