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Santé – Sciences

Hôpital de Mulhouse : démissions en cascade de médecins aux urgences

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Par , France Bleu Alsace, France Bleu Elsass

Après un été en sous-effectif, la rentrée aux urgences de l'hôpital de Mulhouse s'annonce encore très délicate. En septembre, il n'y aura plus qu'une dizaine de postes de médecins équivalent temps plein, contre 26 l'an passé. Ces démissions s'expliquent par la dégradation des conditions de travail.

En un an, les urgences de Mulhouse sont passées de 26 postes de médecin équivalent temps plein à une dizaine.
En un an, les urgences de Mulhouse sont passées de 26 postes de médecin équivalent temps plein à une dizaine. © Radio France - Marie Roussel

Mulhouse, France

La crise aux urgences ne faiblit pas. Alors que les syndicats des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg rencontre la direction ce lundi 26 août après la violente agression du personnel par un patient jeudi dernier, la grève est toujours en cours dans les urgences de Mulhouse, où les démissions se multiplient. En une année, on est passé de 26 postes de médecin équivalent temps plein, à une dizaine : il n'y en aura plus que sept en septembre selon les syndicats, 12,4 d'après la direction du Groupe hospitalier de la région de Mulhouse Sud-Alsace.

Comment expliquer cette hémorragie ?

L'urgentiste Julie Schaeffer fait partie des médecins sur le départ, elle quittera le service le 7 octobre prochain. _"La médecine d'urgence ne correspond pas, ou plus, à ce vers quoi je pensais m'engager quand j'ai pris ma décision de carrière".  Un "effet domino", selon ses termes, qu'elle explique en partie par une forme de désillusion. "On ne peut pas continuer à exercer quand on n'est pas sûr d'être capable de faire encore son métier," justifie Julie Schaeffer. "Les collègues partent pour des tas de raisons,_ ajoute Sami Kacem, qui travaille dans le service des urgences à Mulhouse depuis 1989. Il y a des gens qui sont usés ici."

Et pour cause : rien que cet été, les médecins ont accepté de faire des heures supplémentaires afin de combler les premiers départs et faire face au flux de patients toujours plus important. "Au vu de la situation actuelle, on était d'accord pour augmenter notre temps de travail à 53 heures minimum, sachant que certains d'entre nous en font beaucoup plus," détaille Julie Schaeffer. Sans parler des pauses, qui sont considérablement réduites, ou bien qui sautent, la plupart du temps.

Je reste dans le service pour reconstruire" - Sami Kacem, urgentiste à Mulhouse

Le défi de taille qui se profile pour les urgentistes qui restent, ce sera donc celui de reconstruire du service. "La direction et les tutelles mettent le paquet depuis cet été pour redresser les urgences et surtout faire venir des médecins, qui est notre grand problème. On n'arrête pas de mettre des annonces, de chercher à gauche à droite, dans le vivier des médecins et notamment des collègues généralistes pour traiter toute la partie bobologie," rapporte Sami Kacem. Une demande pour faire appel à la réserve sanitaire est également en cours de traitement.

Mais pour rendre le site plus attractif, les efforts doivent se concentrer sur l'amélioration des conditions de travail. "Ce n'est pas seulement le fric qui nous intéresse. On veut avoir des horaires corrects, pour pouvoir profiter de sa famille, assure Sami Kacem. Si on dit aux jeunes venez au service, vous êtes formés, on vous accompagne, vous avez des horaires fixes, y'a de l'ambiance, de la cohésion de groupe : les gens viennent". 

On va se relever !"

Sami Kacem et Julie Schaeffer veulent tout de même rester optimistes sur la situation de crise que traversent les urgences de Mulhouse.  "Il faut rassurer la population : on est pour la vie. Tous ce qui menace la vie, on sait faire, et ce sera assuré", promettent-ils. "On va se remettre debout, insiste Sami Kacem. Comme on dit en alsacien : un bon trébucheur ne tombe jamais, il se relève toujours. On est des bons trébucheurs, donc on va se relever." 

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