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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus et fêtes de Noël : "un afflux de personnes dépressives", selon le psychiatre Franck Nicolas

Nicolas Franck, psychiatre du Centre hospitalier Le Vinatier à Bron et auteur du livre "Covid-19 et détresse psychologique" évalue sur France Bleu les conséquences de la crise sanitaire sur le moral et la santé mentale des français.

Franck Nicolas psychiatre à l'hôpital de la Vinatière à Bron
Franck Nicolas psychiatre à l'hôpital de la Vinatière à Bron - Odile Jacob

France Bleu : Dans votre livre "Covid-19 et détresse pyschologique" paru chez Odile Jacob, vous décrivez les conséquences de la crise sanitaire -et notamment du confinement- sur la santé mentale et notre santé tout court. Puisque l'anxiété et le stress ont des conséquences physiques également. Stress, anxiété, dépression, c'est la trilogie du confinement ?

Nicolas Franck : Vous pouvez ajouter mal-être. C'est d'abord  un mal être, puis des manifestations comme la rumination, les troubles du sommeil, les troubles de l'appétit, l'impression de ne pas pouvoir surmonter un gros obstacle. Puis enfin la dépression ou un trouble anxieux. Mais ce qu'il y a dans le livre, c'est surtout la manière de surmonter cette crise, c'est ça qui est important pour les auditeurs ce matin. 

Et effectivement vous donnez des pistes : maintenir certaines interactions sociales et une activité physique également ? 

Oui , ce qui est très important c'est de pouvoir s'appuyer sur les autres. D'affronter ensemble l'épreuve, c'est beaucoup plus facile ensemble que seul. Et même si l'on ne peut pas se voir, on peut se téléphoner, être en contact par les réseaux sociaux ou par SMS. Et il faut structurer notre emploi du temps, il faut se fixer des objectifs, il faut retrouver un certain sentiment  de maîtrise sur la période. C'est ça qui est important, que ce soit  pendant le confinement strict ou le post-confinement comme on le vit en ce moment.

Faire un apéro en visio ce n'est quand même pas tout à fait la même chose qu'un apéritif entre amis,  est-ce que le cerveau arrive quand même à  trouver du bien-être dans ces rendez-vous à distance ?

Oui quand même. Ce qui est important, c'est l'harmonie qu'on construit avec l'autre. Bien sûr, ce n'est pas tout à fait pareil, bien sûr il y a du déplaisir, il y a de la contrariété. Néanmoins, vivre ça en partageant l'épreuve, c'est plus facile que de le vivre selon chacun de son côté.  Et là je pense aux plus démunis, aux plus isolés. Ceux qui ont été confinés à plusieurs pendant ces quelques mois, les deux mois au printemps et les deux derniers mois, ça a été plus facile pour eux. Mais il faut de la solidarité, en particulier pour les membres de notre famille qui sont à distance. 

Est-ce que le confinement est le révélateur de problèmes sous-jacents ou est-ce qu'il a vraiment provoqué des problèmes psychiatriques ? 

La réponse est double. D'une part les plus fragiles sont les premiers qui rentrent dans la difficulté. Mais deuxièmement, certaines personnes qui n'avaient pas franchi leur propre seuil de vulnérabilité sont entrés dans la dépression du fait de cette épreuve prolongée avec toutes ses étapes. Cela fait quand même neuf mois que ça dure. 

C'est aussi le premier Noël et le premier jour de l'an que l'on va passer pas forcément complètement confinés,  mais mais dans un entourage restreint. On sait que c'est déjà une période difficile pour les personnes seules,  est-ce que vous pensez que ça se surajoute cette année ? 

Oui je pense que ça va être une période de fêtes particulièrement difficile pour les personnes isolées, ça l'est déjà. En psychiatrie, nous avons un afflux de patients en difficulté avec des dépressions, des passages à l'acte. 

Est-ce que vous voyez arriver des patients  maintenant en plus grand nombre ? 

Oui, on les a vus arriver en plus grand nombre surtout à partir de cet été et du deuxième confinement. Pendant le premier confinement, franchement les urgences n'étaient pas du tout fréquentées en dehors des patients atteints du coronavirus. Les gens ont pu prendre sur eux, rester chez eux. Il n'y a eu pas de submersion par une vague psychiatrique. 

Mais petit à petit, les troubles se sont accumulés, se sont dévoilés. Et dès l'automne, en particulier, moi j'ai vu arriver beaucoup d'étudiants. Des jeunes qui étaient isolés, loin de leur famille,  sans grands moyens de subsistance,   dans des petites surfaces, sans possibilités de voir leurs amis. Les facs étaient fermées. C'était particulièrement difficile, j'ai trouvé pour les étudiants. Et puis pour les personnes âgées à qui on demandait de plus voir leurs enfants et leurs petits-enfants. 

Est-ce que les effets de ce deuxième confinement ont été différents du premier ?

On n'était moins confinés. Il a été beaucoup moins déconcertant que le premier. On n'a pas été sidérés comme au mois de mars où l'on était tous perdus, perplexes face au bouleversement de notre quotidien. Mais là on a subi l'accumulation des épreuves et ce deuxième confinement est beaucoup plus contrariant que le premier. Et finalement, les épreuves s'accumulant, il est plus déprimant ce deuxième confinement. 

Donc , Il faut garder des liens sociaux, quelque soit la façon de communiquer ave les autres, structurer ses journées, se fixer des objectifs, et garder une activité physique. Ne pas s'enfermer, ne pas se laisser aller sur le canapé en se laissant déstructurer ses journées.

Et un petit peu de chocolat ?

Oui, c'est un bon antidépresseur !

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