Santé – Sciences

Dans l'Yonne, le centre de rééducation de Tonnerre reconstruit les accidentés de la route

Par Philippe Rey-Gorez, France Bleu Auxerre lundi 23 juin 2014 à 10:00

Hôpital - image d'illutstration
Hôpital - image d'illutstration © Olivier Tuffé - Fotolia.com

A l'hôpital de Tonnerre, le pôle de rééducation orthopédique et neurologique aide depuis 2010 les victimes d'accidents de la route à reprendre le cours de leur vie.

Dix-sept accidents corporels ont eu lieu le mois dernier dans l'Yonne, faisant deux morts et vingt-quatre blessés. A l'hôpital de Tonnerre, les accidentés reçoivent une reconstruction morale et physique. Kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, psychologues et neurologues réapprennent aux patients l'usage de leur corps. Pôle référent dans l'Yonne pour la rééducation des accidentés, l'hôpital reçoit entre 500 et 600 patients chaque année.

Sylvie Chapotot est cadre dans le pôle de rééducation orthopédique et neurologique de Tonnerre

Sébastien est un ancien patient. Il vient rendre visite au personnel médical le sourire aux lèvres. Il est maintenant tiré d'affaire mais le jeune homme est resté un moment à l'hôpital de Tonnerre.

Un soutien moral indispensable

Alors que les patients restent en moyenne 38 jours à l'hôpital, Sébastien a passé plus d'un an à Tonnerre. En août 2012, sa moto percute de plein fouet un camion. S'en suivent trois semaines de coma, de multiples fractures et quatre opérations. "Il faut avoir deux gros soutiens dans son entourage : la médecine, c'est-à-dire toute l'équipe qui vous assiste, ici, en continu à l'hôpital. Mais il faut aussi sa famille. Pour ma part, ma femme et mes deux filles venaient me voir tous les jours ", explique-t-il.

Béquilles - image d'illustration - Maxppp
Béquilles - image d'illustration © Maxppp
Aujourd'hui, Sébastien fait le bilan de son parcours. Un parcours ponctué de grandes victoires mais aussi de désillusions. Comme le jour où il a marché pour la première fois. Son fémur, fragilisé ne supporte pas son poids. C'est la fracture, suivie d'une rechute de moral. "J'ai cru qu'on allait m'amputer" , avoue le jeune homme. Il reconnaît qu'il est un miraculé : "quand on se réveille un jour en se disant qu'est-ce que je fais là avec plusieurs bouts de ferraille dans la jambe, en se rappellant de rien ... On se dit que l'on a failli perdre la vie".

"Je suis une star, ici"

Quand Sébastien déambule dans l'hôpital de Tonnerre, tout le personnel de santé s'arrête pour le saluer chaleureusement. Tous se souviennent de son nom. Et tous aiment voir le résultat d'un an de rééducation. Le trentenaire connaît tout le monde ici : "je suis un peu comme une star" , sourit-il.

En un an d'hospitalisation, des liens très forts se sont construits avec le personnel. Liviu Muja était son médecin. Sa grande fierté, c'est d'avoir pu redonner à la vie de Sébastien un souffle nouveau : "j'étais il y a trois semaines au marché quand j'ai aperçu Sébastien avec sa femme et ses deux filles. Il était si content, si vivant, si bien... Que je me suis dit : ça vaut le coup, mon dieu ! La rééducation, c'est spectaculaire". Et Sébastien en est bien l'exemple. Le jeune homme se rend encore régulièrement chez son kinésithérapeute. Sa rééducation est presque terminée, et il n'a gardé quasiment aucune séquelle de son accident. 

Un reportage France Bleu Auxerre de Julie Davico-Pahin

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