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Dossier : Coronavirus Covid-19

PHOTOS - Dans les petites communes, la course aux masques

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Par , France Bleu La Rochelle

Fournir un masque à chaque habitant : c'est le défi lancé par le gouvernement aux collectivités locales, en vue du déconfinement. Département, agglo et communautés de communes, mairies. Partout on fédère les enthousiasmes. Exemple aux Gonds près de Saintes.

Dans le local prêté par la mairie des Gonds, les couturiers du collectif Créagitateurs coordonnent le travail d'une vingtaine personnes occupées à fabriquer gratuitement des masques. Cap sur les 2000.
Dans le local prêté par la mairie des Gonds, les couturiers du collectif Créagitateurs coordonnent le travail d'une vingtaine personnes occupées à fabriquer gratuitement des masques. Cap sur les 2000. © Radio France - Julien Fleury

Les Gonds, à proximité immédiate de Saintes. La commune de 1.800 âmes est en passe de réussir son pari : fournir un voire plusieurs masques à chacun de ses habitants. Un engagement pris par le duo aux commandes à la mairie : le maire sortant, Patrick Simon, dont le mandat est prolongé jusqu'à la fin de la crise sanitaire, et son adjoint Alexandre Grenot, élu maire en mars dernier mais toujours pas investi officiellement.

Les élus ont eu une bonne idée au début du confinement : inviter les habitants à manifester leurs besoins et leurs propositions d'aide, sur un panneau installé devant la mairie. L'une des première à réagir, c'est Marina Robin, membre des Créagitateurs, association qui défend la création textile à base de matériaux recyclés.

L'atelier aménagé par les couturiers du collectif Créagitateurs dans un local municipal des Gonds. La cadence est impressionnante, mais les élastiques sont une denrée rare.
L'atelier aménagé par les couturiers du collectif Créagitateurs dans un local municipal des Gonds. La cadence est impressionnante, mais les élastiques sont une denrée rare. - K'art en main

A contre-courant

Et pourquoi pas créer des masques en tissu ? propose Marina Robin. A l'époque pourtant, l'idée n'est pas défendue par le gouvernement, comme condition de réussite du déconfinement. Au contraire : "on entendait dire que le masque en tissu était dangereux, qu'il empêchait de maintenir les gestes barrière." La couturière se lance malgré tout en se disant : "je les mets à disposition, et prend qui veut..."

Succès immédiat. Une centaine de masques gratuits proposés à l'épicerie du village s'arrachent en quelques jours. Et la municipalité décide alors de passer commande. Objectif : fournir un masque aux 1.800 habitants du village. Pour cela, Patrick Simon et Alexandre Grenot fournissent la matière première, ainsi qu'un local pour les Créagitateurs, l'ancienne maison du directeur de l'école, reconvertie en salle municipale.

"Super état d'esprit"

Dès le confinement, les élus des Gonds ont posé des panneaux dans le village, pour appeler les habitants à la solidarité. La première initiative a été de produire des masques lavables en tissu.
Dès le confinement, les élus des Gonds ont posé des panneaux dans le village, pour appeler les habitants à la solidarité. La première initiative a été de produire des masques lavables en tissu. © Radio France - Julien Fleury

"On commence par un point zigzag" explique Thierry, créateur de textiles homme et membre des Créagitateurs, qui en est déjà à plusieurs dizaines de masques, réalisés désormais avec les patrons fournis par l'Afnor. Autour du noyau de départ se fédèrent désormais une vingtaine de couturières. "Plein de gens ont envie d'aider, se réjouit Marina Robin. Ça véhicule un super état d'esprit dans le village, plein de solidarité !"

Justement, Nicole pointe son nez dans le local. "Vous n'avez toujours pas d'élastique ?" demande la retraitée. Et non, la livraison n'est pas encore arrivée. Aux Gonds comme ailleurs, la pénurie d'élastiques fait rage. Nicole a tout de même pu réaliser chez elle une vingtaine de masques, en priorité pour ses proches. "Déjà, ça m'occupe. Et puis il faut bien rendre service" assure cette mamie qui se sent mieux protégée contre le virus.

Bientôt en pharmacie

Le prix du gel hydro-alcoolique est à la baisse dans la pharmacie des Gonds, qui vendra bientôt des masques grand public. Pas plus de 5 euros promet Nathalie, la gérante.
Le prix du gel hydro-alcoolique est à la baisse dans la pharmacie des Gonds, qui vendra bientôt des masques grand public. Pas plus de 5 euros promet Nathalie, la gérante. © Radio France - Julien Fleury

Et ce sont surtout les seuls masques disponibles pour l'instant pour les particuliers. D'autres masques grand public seront toutefois vendus prochainement à la pharmacie des Gonds. Nathalie, la gérante, reçoit beaucoup d'appels de clients depuis lundi. Mais après avoir contacté son groupement d'achat, elle ne pourra pas se lancer avant la semaine prochaine : "avant il y avait beaucoup de demandes, et c'est vrai que ce n'était pas facile de dire non. Donc là, ça y est c'est possible."

Pour cette professionnelle de santé, le masque en tissu, même imparfait, a une vraie utilité. "Plus les gens seront masqués, mieux on combattra ce virus" assure Nathalie qui promet : elle ne vendra pas ces masques plus de 5 euros pièce.

Dans les boîtes aux lettres

Aux Gonds, le maire sortant et le maire élu doivent cohabiter dans la gestion de la crise sanitaire. Mais le futur maire Alexandre Grenot est déjà l'adjoint de Patrick Simon qui ne se réprésente pas.
Aux Gonds, le maire sortant et le maire élu doivent cohabiter dans la gestion de la crise sanitaire. Mais le futur maire Alexandre Grenot est déjà l'adjoint de Patrick Simon qui ne se réprésente pas. © Radio France - Julien Fleury

De son côté, le futur maire, Alexandre Grenot, a prévu une distribution dans les boîtes aux lettres, incluant également le masque offert à chaque habitant par le conseil départemental, et dont la production est en cours (un millier ont été commandés à Marina Robin, qui se fera payer cette fois pour les réaliser).

D'ici là, les élus pourront peut-être glisser un troisième masque, commandé par la communauté d'agglomération de Saintes. De quoi assurer un roulement pour les premières semaines de déconfinement. "Il y aura des masques enfant, plus petits", promet Alexandre Grenot qui ne veut oublier personne. "Et tous les enfants qui rentreraient à l'école le 11 mai auront leur masque !"

Le casse-tête de l'école

Les classes de l'école des Gonds sont restées comme avant la fermeture. Toujours aucune consigne pour réaménager l'espace. Les élus Patrick Simon et Alexandre Grenot s'inquiètent pour la cantine.
Les classes de l'école des Gonds sont restées comme avant la fermeture. Toujours aucune consigne pour réaménager l'espace. Les élus Patrick Simon et Alexandre Grenot s'inquiètent pour la cantine. © Radio France - Julien Fleury

Oui mais comment rouvrir l'école le 11 mai ? C'est l'autre grand sujet du moment pour les élus des Gonds. Patrick Simon, le maire sortant, nous fait visiter l'école située derrière la mairie, et qui se partage les classes avec l'école de Courcoury dans le cadre d'un RPI.

Tout est resté comme au jour de la fermeture. Impossible de réaménager les locaux dans l'immédiat, pour permettre de mettre en place les distances de sécurité. "Nous n'avons reçu aucune consigne" déplore le maire, par ailleurs inquiet de certaines pistes évoquées par le gouvernement, comme la prise des repas en classe. "Justement on nous demande, quand il y a un restaurant scolaire, d'être très sévères sur tout ce qui va être servi. Et là on va manger dans une classe ?"

Boom du commerce local

Le maire sortant des Gonds passe chercher le journal. L'épicerie du village est florissante. Julie la gérante a écoulé gratuitement des centaines de masques fabriqués par des couturiers du coin.
Le maire sortant des Gonds passe chercher le journal. L'épicerie du village est florissante. Julie la gérante a écoulé gratuitement des centaines de masques fabriqués par des couturiers du coin. © Radio France - Julien Fleury

Patrick Simon attend des clarifications ce mardi, avec le plan de déconfinement présenté par Edouard Philippe. Il n'est pas le seul. En attendant, comme son successeur Alexandre Grenot, il espère maintenir la solidarité dans le village après la crise sanitaire. Et capitaliser sur le boom des circuits courts, pour les masques comme pour le commerce local : avec 200 clients par jour, le tabac-presse-alimentation des Gonds (dont les murs appartiennent à la commune) n'a jamais aussi bien fonctionné.

Panneau appelant à la solidarité, à proximité de l'épicerie du village, fermée pour l'heure du déjeuner. Mais depuis le confinement, 200 clients viennent chaque jour.
Panneau appelant à la solidarité, à proximité de l'épicerie du village, fermée pour l'heure du déjeuner. Mais depuis le confinement, 200 clients viennent chaque jour. © Radio France - Julien Fleury
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