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Davantage de surmortalité en Centre-Val de Loire pendant la canicule 2003 qu'au printemps avec la Covid-19

Selon l'INSEE, la surmortalité pendant la canicule de 2003 a été de 91% en Centre-Val de Loire et seulement de 15% au printemps dernier pendant la première vague de Covid-19. Durée des épisodes, réaction des pouvoirs publics et structure démographique expliquent un tel écart.

Une chambre du service de réanimation du CHR d'Orléans pendant l'épidémie de Covid 19 en mai dernier
Une chambre du service de réanimation du CHR d'Orléans pendant l'épidémie de Covid 19 en mai dernier © Radio France - Anne Oger

L'épidémie de Covid-19 est le choc sanitaire le plus grave subi par la France depuis la canicule de 2003. Dans une étude qui vient de paraître, l'INSEE a eu l'idée de comparer l'ampleur des deux chocs. Et le résultat est assez surprenant pour la région Centre-Val de Loire : la canicule de 2003 a en effet provoqué beaucoup plus de surmortalité que la Covid-19 au printemps dernier dans notre région.

Un écart plus marqué dans le Cher et en Indre-et-Loire

Au printemps dernier, pendant l'épidémie de Covid-19, il y a eu 5.114 décès en région Centre-Val de Loire. Il y en avait eu 2.730 pendant la canicule de 2003. Mais les fortes chaleurs n'avaient alors duré que 24 jours, alors que la première vague de coronavirus s'est étalée sur 60 jours

Du coup, l'impact en terme de surmortalité (nombre de morts constatés comparé au nombre de morts attendus pendant la période) n'a pas du tout été le même... En 2003, la canicule a entraîné une surmortalité de 91% en région Centre-Val de Loire. Cette surmortalité n'a été que de 15% avec la Covid-19. L'écart est encore plus spectaculaire dans le Cher et en Indre-et-Loire.

L'effet du confinement

Cela montre d'abord que le choc de la canicule de 2003 avait été particulièrement fort dans notre région. "Remettons-nous dans le contexte historique, souligne Vincent Bernard, chef du service Études et Diffusion à la direction régionale de l'Insee Centre-Val de Loire. L'arrivée de la canicule avait été particulièrement brutale et avait frappé plus sévèrement le Centre-Val de Loire que les autres régions françaises, à l'exception de l’Île-de-France. A l'inverse, nous avons été touchés par l'épidémie de Covid-19 à un niveau nettement plus faible que d'autre territoires, le Grand Est et la région parisienne notamment."

Mais d'autres facteurs expliquent une telle différence de surmortalité entre les deux épisodes. Il y a d'abord, sans doute, un effet lié à l'absence ou non de réaction des pouvoirs publics. En août 2003, aucune mesure n'avait été prise pour faire face à la canicule, ce n'est qu'après ce drame que des plans de prévention ont été mis en place sur le sujet. En revanche, un confinement très strict a été imposé au printemps dernier, ce qui a probablement enrayé l'épidémie de Covid-19. Le confinement a semble-t-il aussi entraîné une baisse des accidents de la route et des accidents du travail, provoquant une baisse de la mortalité chez les plus jeunes.

L'effet du vieillissement de la population

A cela s'ajoute une raison structurelle, le vieillissement de la population. Par rapport à l'année 2000, on compte en Centre-Val de Loire 80.000 personnes supplémentaires dans la tranche des 60-80 ans et surtout 90.000 personnes supplémentaires pour les plus de 80 ans. "Cela veut dire de plus en plus de personnes fragiles et de plus en plus de personnes qui vivent seules", commente Vincent Bernard.

Avec, mécaniquement, une conséquence sur la mortalité : "Cette déformation par le haut de la pyramide des âges signifie qu'on observe, chaque année, davantage de décès dans la région. Dans les années 2000, on était sur une moyenne de 23.000 décès par an. En 2018, on a atteint les 27.000 décès.

Davantage de morts "naturels" attendus, cela veut dire moins d'impact relatif pour les crises sanitaires, surtout quand ce sont les personnes âgées qui en sont le plus victimes. Autrement dit, Covid-19 ou pas, un certain nombre de personnes âgées seraient de toute façon décédées au printemps, diminuant d'autant la surmortalité. Reste bien sûr un bémol, l'étude de l'INSEE s'arrête au 8 mai dernier, et l'épidémie de coronavirus n'est pas terminée.

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