Santé – Sciences

De l'oxygène trouvé dans l'atmosphère de la comète Tchouri

Par Julien Baldacchino, France Bleu jeudi 29 octobre 2015 à 10:32

Une photo de la surface de Tchouri, capturée par Rosetta
Une photo de la surface de Tchouri, capturée par Rosetta © Maxppp

C'est une surprise pour les scientifiques qui étudient la comète Tchouri depuis des mois, grâce à la sonde Rosetta : il y a du dioxygène dans l'air de cette comète. Une découverte rendue publique mercredi qui remet en question ce que la science croyait savoir sur la formation du système solaire.

"Il s'agit de la découverte la plus surprenante faite jusqu'à présent autour de la comète" 67P/Tchourioumov-Guérassimenko, plus connue sous le petit nom de "Tchouri", selon le chercheur Kathrin Altwegg. La sonde Rosetta, qui inspecte depuis des mois cette comète, a découvert de l'oxygène en abondance dans son atmosphère. C'est ce que révèle une étude publiée mercredi dans la revue britannique Nature.

De l'oxygène plus ancien que le système solaire ? 

Rosina, l'instrument de Rosetta qui sert à l'étude de gaz atmosphériques, a trouvé en moyenne 4% d'oxygène moléculaire (ou dioxygène, noté O2) dans le nuage qui forme la queue de la comète. Une proportion qui monte parfois à 10% et en fait le quatrième gaz de la comète derrière la vapeur d'eau, le monoxyde de carbone et le dioxyde de carbone. "C'est vraiment beaucoup !" s'est exclamé André Bieler, co-auteur de l'étude avec Kathrin Altwegg.

C'est la première fois que des chercheurs découvrent du dioxygène dans une comète. Or cette découverte pourrait bien conduire la communauté scientifique à revoir le modèle de formation du système solaire en vigueur jusqu'à présent. Car cet oxygène pourrait être plus ancien que le système solaire lui-même, qui s'est formé il y a 4,6 milliards d'années

"Ne pas tirer trop vite des conclusions"

Or le dioxygène est un gaz très réactif chimiquement, qui se transforme facilement par exemple lorsque la température grimpe. "Si l'oxygène n'a pas bougé en dépit de la formation du système solaire, c'est qu'il n'a pas chauffé" et qu'il a sûrement été "incorporé dans la comète avec douceur", par exemple en se retrouvant pris dans des grains de glace. 

Résultat : ce que la communauté scientifique croit savoir, jusqu'à présent, sur la formation du système solaire, pourrait se retrouver remis en question, notamment en ce qui concerne la température à laquelle cette formation a eu lieu. "Mais il ne faut pas tirer trop vite des conclusions", prévient Francis Rocard, responsable du programme Rosetta au sein de l'agence spatiale française, le CNES.