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Santé – Sciences

Décès d'une patiente aux urgences de l'hôpital Lariboisière : l'enquête interne reconnaît des dysfonctionnements

lundi 14 janvier 2019 à 13:01 Par Nicolas Olivier, France Bleu Paris et France Bleu

Près d'un mois après la mort d'une femme de 55 ans aux urgences de l'hôpital Lariboisière à Paris, la mission de l'AP-HP a bouclé son enquête. Le rapport remis le 12 janvier pointe des défaillances dans le processus de prise en charge de cette patiente, et formule des recommandations.

Le jour du décès de la patiente, les urgences de Lariboisière étaient débordées et en sous-effectif.
Le jour du décès de la patiente, les urgences de Lariboisière étaient débordées et en sous-effectif. © Maxppp - Etienne Laurent

Paris, France

Elle a attendu toute la nuit qu'un médecin s'occupe d'elle, en vain. Une quinquagénaire est décédé aux urgences de l'hôpital Lariboisière le 18 décembre 2018 à 6h20, douze heures après son arrivée dans le service. L'Agence régionale de Santé (ARS) Ile-de-France et l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris avaient aussitôt lancé une enquête interne pour reconstituer la chronologie des faits. La mission conduite par trois cadres de l'AP-HP et une directrice de l'ARS a remis ses conclusions le 12 janvier.

"Non-conformités"

Le rapport met en évidence "un certain nombre de non-conformités dans le processus de prise en charge de la patiente". Si le tri et l'orientation par l'infirmière d'accueil ont été conformes aux procédures, il y a eu "des écarts aux bonnes pratiques" : une mauvaise identification de la patiente, un défaut de surveillance et un délai de prise en charge anormalement long. Des difficultés liées au contexte, selon ces experts.

Lors de cette nuit du 17 au 18 décembre, "l'activité était supérieure à la moyenne avec 249 passages enregistrés (moyenne 230/jour)". Autrement dit, le service était débordé. Avec à la fois un afflux de patients du circuit court (ne nécessitant qu'une simple consultation), du circuit long (réelles urgences) en attente de prise en charge, et de personnes en hébergement social.

Par ailleurs, l'absence d'un médecin de journée a généré une surcharge de l'activité de garde. Plus généralement, la mission constate que "le ratio des effectifs médicaux à l'accueil des urgences de Lariboisière, au regard de l'activité, est inférieur à celui des autres urgences de l'AP-HP". L'accueil des urgences le plus fréquenté de la capitale est donc en sous-effectif chronique. La mission recommande 28 équivalents temps-plein, alors que les personnels médicaux n'étaient que 23,5 ETP en décembre 2018.

Enfin, au-delà des questions d'organisation, le rapport pointe un problème d'exiguïté des locaux : la surface des urgences est insuffisante et il n'y a pas assez de boxes d'examen, ce qui contribue à allonger la durée d'attente des patients.

10 recommandations

La mission propose 10 recommandations pour améliorer la situation du SAU de Lariboisière. Elles seront mises en œuvre indique ce lundi l'AP-HP. Les premières mesures ont déjà été engagées. Depuis le 2 janvier 2019, seuls les patients orientés vers le circuit court et leur accompagnant peuvent accéder à la salle d'attente. Les personnes hébergées pour raisons sociales n'ont plus accès à cette zone, ce qu'un vigile est désormais chargé de faire respecter 24h sur 24. Un aide-soignant est aussi affecté depuis peu à la surveillance des patients en salle d'attente.

L'AP-HP promet aussi de renforcer les effectifs médicaux en recrutant un praticien hospitalier au 1er février, et en créant 1,5 poste supplémentaire "dès que possible".

Enfin, la direction prévoit un agrandissement du service d'ici six mois, grâce au déménagement des urgences céphalées et de la grande garde ORL dans d'autres locaux de l'hôpital Lariboisière.

Une enquête judiciaire

Les causes de la mort de la patiente ne sont pas mentionnées dans le rapport. Son cas précis relève d'une enquête judiciaire ouverte dès le 19 décembre par le parquet de Paris. La police judiciaire du 10e arrondissement est en charge des investigations.