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Dossier : Coronavirus

Déconfinement : "Respectez les gestes barrières", s'alarment les rescapés du virus

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Par , France Bleu Isère

Alors que le déconfinement débute en France, ceux, comme Pierre et Fabien, qui ont eu le Covid-19 mettent en garde leurs concitoyens sur la virulence d'un virus dont on met du temps à se remettre. Ils insistent sur l'impérieuse nécessité de respecter les gestes barrières pour éviter une 2nde vague.

Fabien, guéri du Covid, n'a pas encore récupéré sa capacité respiratoire mais reste confiant
Fabien, guéri du Covid, n'a pas encore récupéré sa capacité respiratoire mais reste confiant -

Pour Pierre, un grenoblois de 50 ans, cela a commencé, fin mars, par une toux, des nausées, des courbatures et des maux de tête. Il est diagnostiqué Covid. Confiné chez lui, il est régulièrement suivi au téléphone par son médecin, jusqu'au jour où son état semble s'aggraver.

Des moments pas faciles

Ses constantes vitales ne sont pas bonnes, son pouls notamment est très élevé. "Je pensais aller mieux, mais là, j'ai vécu deux jours compliqués, explique Pierre. Mon pouls ne redescendait pas, je devais le surveiller toutes les quatre heures. J'ai cru que j'allais devoir être hospitalisé. Finalement, j'ai pu rester chez moi. Le médecin m'a dit que c'était sans doute parce que j'avais une cage thoracique bien développée. C'est grâce à mon passé de nageur de compétition !" sourit-il.

Je ne faisais que dormir

Alors a-t-il eu peur de ne pas s'en sortir ? "Je ne suis pas d'un naturel anxieux. Mais je dois dire que c'est une expérience bizarre, inédite. J'étais chez moi, en peignoir. J'en garde un souvenir assez flou. Je n'avais pas trop le temps de gamberger car je ne faisais que dormir !" se rappelle Pierre.

Aujourd'hui, Pierre est considéré comme guéri. Il a repris du poids mais il reste fatigué et essoufflé, comme 80 % des patients Covid, d'ailleurs, qui gardent encore un symptôme un mois après, selon une étude du CHRU de Tours. 

Même guéri, la fatigue est toujours là

"Je trouve juste un peu le temps long, admet-il. Cela fait un mois et demi et je ne peux toujours pas refaire du sport. Marcher dans la rue m'épuise. Heureusement, j'ai pu reprendre un peu le télé-travail et si je ne parle pas trop, ça va ! Mais j'ai encore du mal à me concentrer".

Ecoutez le témoignage de Pierre

Fabien, un habitant de Saint Egrève de 48 ans, a lui aussi été infecté par le Covid-19 mais, à la différence de Pierre, il a dû être hospitalisé.

Contaminé lors du premier tour des municipales

Il pense savoir comment il a été contaminé. Pour le premier tour des municipales, le 15 mars, Fabien a été assesseur dans un bureau de vote. Six jours après, il ressentait les premiers symptômes, avec notamment la perte de l'odorat. Comme son état s'aggrave, il compose le 15. La suite, Fabien nous la raconte : "J'avais de plus en plus de mal à respirer. J'ai demandé à n'être hospitalisé que le lendemain car je voulais mettre mes affaires en ordre, au cas où... lâche-t-il pudiquement. Je redoutais l’hôpital et finalement j'ai été pris en charge par une équipe très compétente, qui m'a mis sous oxygène. Tout de suite, j'ai pu mieux respirer et mon angoisse a diminué."

Des poumons endommagés

Fabien est resté dix jours au CHU de Grenoble : "Je ne faisais rien de mes journées, à part dormir. Je ne pouvais pas me concentrer sur un livre ou un film plus de dix minutes."

Plus d'un mois après, Fabien reste essoufflé. Promener son chien, monter les escaliers, cela l’épuise. "Paradoxalement, faire du vélo, ça me va bien ! précise-t-il. Les médecins m'ont dit que je devais attendre au moins deux mois, voire plus pour retrouver, peut-être, ma capacité respiratoire d'avant la maladie. Mais rien que de pouvoir ressortir dans la rue, marcher, même un peu, la vie est belle !"

Ecoutez le témoignage de Fabien

Que le déconfinement ne rime pas avec relâchement

Fabien redoute que le déconfinement ne soit synonyme de relâchement dans la population. Pour lui, les gestes barrières sont vitaux, pour éviter une deuxième vague de contaminations. "Je suis devenu maniaque. Je fais attention à ne pas toucher des surfaces qui pourraient être contaminées, je désinfecte tout. Moi, je ne pensais pas que cela pouvait m'arriver. Je suis jeune, sportif, en bonne santé et le virus m'est tombé dessus. Et on ne s'en défait pas comme ça ! Il faut avant tout penser aux autres qui, si on ne fait pas attention, pourraient être contaminés, à cause de nous", s'inquiète-t-il.

Photo d'illustration
Photo d'illustration © Maxppp - L' Alsace/ Darek Szuster

Il y aura un avant et un après Covid

Pierre, lui, n'aime pas trop les mots : distanciation sociale, gestes barrières, il préfère parler de solidarité, d'empathie envers les autres. Mais cela revient au même, au final. Il sait qu'il est indispensable de faire attention pour casser la chaîne de contamination, en portant un masque, en se lavant les mains régulièrement. Il sait aussi qu'il mettra du temps pour retrouver sa vie d'avant, mais il est confiant.

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