Santé – Sciences

Dépakine : les familles des victimes drômoises attendent plus de réponses

Par Mélanie Tournadre, France Bleu Drôme-Ardèche mercredi 24 août 2016 à 20:14

Environ 2 grossesses sur 1.000 ont été concernées par la substance active du médicament Dépakine entre 2007 et 2014
Environ 2 grossesses sur 1.000 ont été concernées par la substance active du médicament Dépakine entre 2007 et 2014 © Maxppp - © Maxppp - Jean-François Frey

14.322 femmes enceintes ont été exposées à la Dépakine entre 2007 et 2014, un antiépileptique présentant des risques élevés pour la santé du fœtus. Mais pour les familles des victimes drômoises, cette enquête des autorités sanitaires minimise les chiffres et ne répond pas à leurs questions.

"Les autorités sanitaires minimisent les chiffres", explique Francis Guillabert. Ce Valentinois a perdu son fils de douze ans, il y a quatre ans. Le petit garçon qui cumulait les problèmes de santé est mort d'un arrêt cardiaque,  alors que sa maman avait pris de la Dépakine pendant sa grossesse. Pour ce Valentinois, cette étude manque cruellement d'informations et de réponses à ses questions. Il n'y aucune donnée sur les quarante années précédentes, entre 1967 et 2007.

Les familles des victimes drômoises veulent des réponses et une réaction de Sanofi.

Aucune estimation du nombre d'enfants malades

L'étude présentée mercredi par le ministère de la Santé a été menée par l'Agence du médicament et la Sécurité sociale. Elle ne donne pas d'estimation du nombre d'enfants nés avec des troubles.

Commercialisée depuis 1967 en France, la Dépakine est aujourd'hui sur la sellette comme tous les médicaments à base de valproate de sodium, à cause d'un risque élevé de l'ordre de 10% de malformations congénitales et également d'un risque accru d'autisme et de retards intellectuels, pouvant atteindre jusqu'à 40% des enfants exposés.

La promesse d'indemnisation ne calme pas la colère des parents

"C'est à Sanofi de payer !", assure Catherine Guillabert. Pour  cette maman valentinoise qui a perdu son fils de douze ans, le dispositif d'indemnisation promis par Marisol Touraine avant la fin de l'année n'est pas la réponse qu'elle attendait : "C'est au laboratoire Sanofi de payer et la solution n'est pas de mettre en place un système d'indemnisation financé par nos impôts".

"Nous ne sommes que des pions  !"

"Que vont devenir mes jumelles handicapées ? Quel est leur avenir ?"; se demande Marilyne Bourdie, également membre de l'Apesac, l'association d'aide aux parents d'enfants souffrant du syndrôme de l'anticonvulsivant. Cette maman souhaite que ces deux filles handicapées de 17 ans, puissent être entièrement prises en charge, sur le plan scolaire, professionnel et médical.

Marilyne Bourdie reste très inquiète pour l'avenir de ses deux filles handicapées.

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a également promis dans les six mois un dispositif pour pendre en charge par l'Assurance maladie "la totalité" des soins des patients dans le cadre d'un "protocole de dépistage et de signalement".

Lire aussi : "Dépakine : 14.322 femmes enceintes ont été exposées au médicament nocif entre 2007 et 2014"