Santé – Sciences DOSSIER : Dépakine : l’antiépileptique accusé de provoquer des malformations chez le fœtus

Dépakine : "J'espère de la prison pour ces gens là", dit la présidente de l'Apesac Limousin

Par Valérie Mosnier, France Bleu Creuse et France Bleu Limousin mardi 13 décembre 2016 à 16:40 Mis à jour le mardi 13 décembre 2016 à 16:45

A Bellegarde-en-Marche, Faustine, 13 ans, la fille d'Angèle Podetti a été diagnostiquée autiste cet été
A Bellegarde-en-Marche, Faustine, 13 ans, la fille d'Angèle Podetti a été diagnostiquée autiste cet été © Radio France - Thomas Schnell

C'est une première en France, l'Association des victimes de la Dépakine a annoncé ce mardi le lancement d'une action de groupe contre Sanofi. Pour cela, elle va s'appuyer sur les dossiers "exemplaires" de 14 familles dont deux du Limousin : une haut-viennoise et une creusoise.

Angèle Podetti habite dans l'est de la Creuse, à Bellegarde-en-Marche. Elle a pris de la Dépakine lors de sa première grossesse il y a un peu plus de dix ans. Sa fille, Faustine, aujourd'hui âgée de 13 ans, vient d'être diagnostiquée autiste : "Il y a des hauts et des bas, elle vomit toutes les nuits, a des gros troubles du comportement" , explique cette maman qui a du s'arrêter de travailler pour s'occuper de son enfant. Faustine est la seule à souffrir de troubles dans la famille.

Une action de groupe contre Sanofi

Angèle Podetti est à la tête de l'Apesac Limousin, elle se bat depuis des années contre le laboratoire Sanofi pour ne pas avoir informé les femmes enceintes des risques importants de malformations et de troubles neurodévéloppementaux encourus par leurs enfants, alors qu'elles prenaient de la Dépakine, un anti-épileptique.

L'action de groupe contre Sanofi est à ce stade engagée uniquement par l'Apesac qui va s'appuyer sur les dossiers "exemplaires" de 14 familles dont les enfants atteints ont entre 18 mois et 40 ans "afin que le juge puisse se faire une opinion", précise Marine Martin, la présidente nationale de l'Apesac et parmi ces familles celle d'Angèle Podetti et de Sandra Pardoux, originaire de Bessines-sur-Gartempe.

Il faut qu'ils paient pour ce qu'ils ont fait - Angèle Podetti présidente de l'Apesac Limousin

"Nous demandons une condamnation du laboratoire Sanofi pour qu'il puisse enfin assumer sa responsabilité. Ils nous ont caché la vérité depuis les années 80, ils savaient déjà que la Dépakine était nocive pour les femmes enceintes" explique Angèle Podétti.

Il y a un mois, l'association avait déjà remporté une victoire avec la création d'un fonds d'indemnisation "il va permettre de nous aider à subvenir aux besoins de nos enfants et à les mettre à l'abri quand nous ne pourrons plus assumer" poursuite Angèle Podetti "mais il faut qu'ils paient pour ce qu'ils ont fait, quelque soit le montant de ce fonds d'indemnisation ça ne rachètera jamais une vie."

Plusieurs familles limousines se sont retrouvées en avril à Sain-Brice-sur-Vienne - Radio France
Plusieurs familles limousines se sont retrouvées en avril à Sain-Brice-sur-Vienne © Radio France - Julien Balidas