Santé – Sciences

Dépakine : un premier pas positif selon les victimes nordistes

Par Martin Bourdin, France Bleu Nord mercredi 24 août 2016 à 19:08

14.322 femmes sont reconnues comme victimes de la Dépakine selon une étude des autorités sanitaires
14.322 femmes sont reconnues comme victimes de la Dépakine selon une étude des autorités sanitaires © Maxppp - Julio PELAEZ

Selon une étude publiée ce mercredi par les autorités sanitaires, 14.322 femmes enceintes ont été « exposées » au valproate de sodium, la substance active du médicament Dépakine. Une première étape vers la reconnaissance selon les victimes nordistes, qui comptent continuer leur combat.

« On commence enfin à avoir une légère reconnaissance par rapport à l’état de santé de nos enfants », se réjouit Florence Hardt. Cette habitante de La Longueville, près de Maubeuge, mère de 4 enfants handicapés à cause de la Dépakine, attendant le rapport des autorités sanitaires publiés ce mercredi avec impatience.

Un rapport qui reconnaît donc 14.322 femmes enceintes comme victimes, entre 2007 et 2014, de ce médicament et de sa substance active, le valproate de sodium, à l’origine de malformations congénitales, de risques accrus d’autisme et de retards intellectuels. Une première rappelle la mère de famille : « On a le sentiment d’être un peu plus entendues. C’est important car on avait l’impression d’être oubliées. »

Un nombre encore sous-estimée selon les victimes

Une reconnaissance qui s’accompagne de mesures concrètes annoncées par la ministre de la Santé, Marisol Touraine : un dispositif d’indemnisation des victimes de la Dépakine sera présenté au Parlement d’ici la fin de l’année, la totalité des soins des enfants sera pris en charge d’ici six mois.

Une très bonne nouvelle pour Aouatef Souissi, l’une des 24 mères de famille du Nord-Pas-de-Calais recensées comme victimes par l’APESAC, l’association des familles de victimes de la Dépakine. Elle a perdu son fils de deux mois et demi en 2014 à cause de la substance. « C’est un vrai pas en avant. Ça ne me rendra pas mon fils, mais c’est important d’avoir un dédommagement du préjudice moral. Et pour toutes les familles qui doivent prendre en charge un ou plusieurs enfants handicapés, je suis très contente. »

Contente, mais pas complètement satisfaite. D’abord parce qu’elles souhaitent que le laboratoire Sanofi, qui a commercialisé le médicament sans avertir des risques, reconnaissent sa responsabilité. Ensuite parce qu’elles estiment que ce nombre , 14.322, est encore sous-estimée. Elles souhaitent maintenant que les femmes enceintes « exposées » avant 2007 soient également reconnues comme victime.

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