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Santé – Sciences

Dépistage du sida : les mauvais chiffres de la Bourgogne

lundi 24 juillet 2017 à 15:34 Par Arnaud Racapé, France Bleu Bourgogne

La Bourgogne a des progrès à faire en matière de dépistage du sida ! Au moment où 6.000 scientifiques du monde entier sont réunis à Paris pour faire le bilan des avancées sur la lutte contre le virus, les médecins bourguignons envoient un message très clair : notre région est en retard.

Le CeGIDD de Dijon accueille tout le monde, avec ou sans rendez-vous, pour se faire dépister gratuitement
Le CeGIDD de Dijon accueille tout le monde, avec ou sans rendez-vous, pour se faire dépister gratuitement © Radio France - Arnaud Racapé

Certes, les progrès sont immenses depuis une décennie : les traitements sont plus efficaces, leurs effets secondaires presque effacés, et l'espérance de vie des malades se rapproche de la moyenne nationale. Par ailleurs selon une récente étude, le virus ou les complications liées au virus ont tué un million de personnes dans le monde en 2016, soit une mortalité divisée par deux depuis 2005. "Un cap a été franchi", estiment les Nations Unies dans leur rapport du 20 juillet.

Des progrès exceptionnels

Ces avancées, personne ne les remet en cause ici en Côte-d'Or. Sûrement pas le professeur Lionel Piroth, médecin au service d'infectiologie au CHU Dijon-Bourgogne. "Pour vous donner une idée, on est passé en 20 ans d'un traitement qui pouvait comprendre une vingtaine de comprimés à prendre par jour, avec des effets indésirables incroyables, à des traitements qui comprennent un seul comprimé. Ce qui est parfaitement toléré, donc c'est exceptionnel."

Lione Piroth est médecin au service d'infectiologie du CHU Dijon-Bourgogne - Radio France
Lione Piroth est médecin au service d'infectiologie du CHU Dijon-Bourgogne © Radio France - Arnaud Racapé

Dépistage : la spécificité bourguignonne

Exceptionnel, sans aucun doute. L'espoir d'un vaccin préventif, et même d'un vaccin pour éradiquer le virus déjà présent dans le corps, tout est encore permis. Mais on n'en est pas encore là, et en attendant, la prévention et le dépistage sont nos meilleures armes, et en particulier chez nous, en Bourgogne. Concernant la prévention, là encore, d'énormes progrès ont été réalisés.

En revanche, le dépistage peine à porter ses fruits. Pire, la Bourgogne est clairement en retard par rapport à l'ensemble des régions françaises, poursuit le professeur Piroth : "Il faut savoir que déjà, on dépiste moins que la moyenne nationale : quand la moyenne nationale est à 80 personnes dépistées pour 1.000 habitants chaque année, nous, on est aux alentours de 60 pour 1.000, c'est à dire qu'on a un quart de dépistage en moins. Et puis la deuxième chose, c'est que quand on dépiste quelqu'un qui est séropositif,donc infecté par le VIH, il est dépisté beaucoup plus souvent à un stade avancé. A savoir que la moyenne nationale c'est 27%, nous c'est 42%."

Des malades bourguignons qui s'ignorent

Or, évidemment, les études ont montré depuis longtemps que plus le patient est pris en charge précocement, plus le traitement à des chances de réussir. Par ailleurs, vivre avec le virus sans le savoir, c'est un danger que l'on fait courir à d'autres : "l'une des particularités de l'infection par le VIH en effet, c'est que pendant des années vous êtes asymptomatique, vous n'avez pas de symptômes. Et si vous n'êtes pas dépisté pendant cette phase-là, c'est une perte de chance pour vous, et c'est une perte de chance pour la collectivité, puisque comme vous ne savez pas que vous êtes infecté, eh bien vous êtes à même de contaminer d'autres personnes." Combien sont ces Bourguignons qui vivent aujourd'hui avec le virus sans le savoir ? Impossible de le savoir avec précision. Mais on estime le chiffre à 30.000 sur le plan national, donc "il y en a forcément chez nous" , ajoute Lionel Piroth, qui se dit par ailleurs surpris par le nombre de jeunes, en particulier des jeunes de la communauté gay, qui atterrissent dans son bureau depuis quelque temps.

Alors, comment expliquer ce constat ? S'agit-il d'un relâchement coupable, d'une 'banalisation' du sida ? Oui, dans une certaine mesure, sselon nathalie Noellat, médecin au CeGIDD, le Centre Gratuit d'Information, de Dépistage et de Diagnostic du VIH, des hépatites et des IST. "C'est tout à fait logique, les triatements ayant progressé, ça devient presque une maladie chronique alors qu'avant était une maladie mortelle à plutôt court terme. Donc on a peut-être une banalisation dans l'opinion publique, contre laquelle on lutte puisque malgré tout, c'est huyper important si on est séropositif d'être traité au plus tôt."

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