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Dépressions, troubles anxieux, tentatives de suicide : la psychiatrie face aux conséquences du Covid

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Par , France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure)

Les services de psychiatrie sont particulièrement sollicités depuis quelques semaines. La crise sanitaire et le confinement ont des conséquences sur les patients atteints de maladies psychiques, mais également sur les personnes âgées, les jeunes et les professionnels les plus touchés par la crise.

Image d'illustration.
Image d'illustration. © Maxppp - Luc Boutria

Le centre médico-psychologique Saint-Gervais, à Rouen, assure le suivi des patients atteints de maladies psychiques. Gaël Fouldrin est psychiatre. Il consulte tous les vendredis après-midi et "quel que soit le motif de consultation et depuis plusieurs semaines, tous les patients parlent du confinement. C'est un facteur de vraie souffrance psychique" constate le spécialiste. Chez les patients suivis au long cours, le coronavirus, le confinement du printemps, et le reconfinement en octobre ont aggravé des pathologies déjà existantes. C'est le cas de Siméon, 34 ans. Il aime les musées, le cinémas, les sorties entre amis. Le premier confinement l'a beaucoup affecté. "J'ai eu une période de moins bien, du coup mon psychiatre m'a donné des antidépresseurs" témoigne le jeune homme. Contrairement au printemps, l'hôpital de jour est ouvert. Heureusement. "Dès le lundi qui a suivi l'annonce du deuxième confinement, on a des patients qui se sont présentés pour nous dire qu'ils ne tiendraient pas le coup" raconte Caroline. L'équipe les a rassurés. Si les ateliers n'ont pas repris, les consultations avec les médecins et les infirmières sont assurées, en cas de besoin. 

Plus de vie sociale à 20 ans, c'est très très compliqué - Sabine, infirmière.

Mais les centres et les urgences psychiatriques ont vu arriver depuis quelques semaines des patients qu'ils voyaient peu. Des personnes âgées qui souffre de l'isolement, et beaucoup de jeunes, constatent les infirmières. "On a eu beaucoup d'étudiants, confinés chez eux dans un 15 ou 18m2, souvent loin de leur famille, qui ne supportaient pas le distanciel". "Plus de vie sociale à 20 ans, c'est très très compliqué" résume Sabine. Pour faire face à cette détresse, des groupes de parole à destination des jeunes vont être mis en place. 

On commence à voir arriver des artisans très lourdement endettés avec des pensées de suicide - Gaël Fouldrin, psychiatre.

Le docteur Fouldrin reçoit aussi des patients qu'il a rarement vu dans son bureau. "Des personnes qui n'avaient pas forcément des difficultés psychologiques ou psychiatriques auparavant, mais qui sont en situation de crise extrêmement forte. On commence à voir arriver des artisans très lourdement endettés avec des pensées de suicide voire des gestes suicidaires qui les amènent dans les services d'urgence"

Ecoutez le reportage de Christine Wurtz au Centre Saint-Gervais, à Rouen.

Le dispositif VigilanS est d'ailleurs particulièrement sollicité en ce moment. Ce dispositif suit pendant six mois toutes les personnes qui ont été hospitalisées pour une tentative de suicide. A leur sortie de l'hôpital, ils reçoivent un numéro de téléphone à composer en cas d'urgence, et sont régulièrement appelés pour savoir si tout va bien. Ces derniers temps, le numéro vert dédié reçoit un ou deux appels par jour et les infirmiers contactent par téléphone une quarantaine de patients quotidiennement. Il s'agit d'éviter la récidive, dans 40% des cas. Et si l'équipe détecte une détresse, une consultation peut être proposée en urgence. Depuis 2015, VigilanS a suivi 6000 personnes en Seine-Maritime et dans l'Eure. En cinq ans, le taux de suicide a baissé sur le territoire de l'ex Haute-Normandie, passant du troisième au huitième rang. 

Ecoutez le reportage de Christine Wurtz sur le dispositif VigilanS

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