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Santé – Sciences

Des chercheurs dijonnais mettent au point une membrane pour rendre l'eau de mer potable

dimanche 22 avril 2018 à 14:36 Par Anne Pinczon du Sel, France Bleu Bourgogne et France Bleu

Des chercheurs de l'université de Bourgogne ont mis au point une membrane qui permet de filtrer l'eau de mer et de séparer l'eau et le sel. Une minuscule invention qui pourrait avoir de grandes répercussions également dans le domaine de la santé.

La terre est recouverte à 70% d'eau potable mais la plus grande partie n'est pas potable parce qu'elle est salée
La terre est recouverte à 70% d'eau potable mais la plus grande partie n'est pas potable parce qu'elle est salée © Radio France - Anne Pinczon du Sel

Dijon, France

C'est un peu par hasard que les chercheurs du laboratoire interdisciplinaire Carnot de Bourgogne ont inventé une membrane capable de déssaler l'eau de mer. "C'est toujours comme ça avec la science, s'amuse Patrick Senet, professeur de physique à l'université de Bourgogne, on travaille sur quelque chose et on découvre autre chose en parallèle." 

Cette membrane nanoscopique fonctionne comme un filtre. Ses trous, de la taille d'un atome sont invisibles à l'oeil nu. "L'eau de mer est composée essentiellement de molécules d'eau et d'ions qui sont des atomes explique Adrien Nicolaï, maître de conférence à l'université de Bourgogne. L'idée c'est de bloquer les ions dans la membrane tandis que les molécules d'eau passeront de l'autre côté." 

La membrane modélisée par ordinateur  - Radio France
La membrane modélisée par ordinateur © Radio France - Laboratoire ICB

Cette membrane serait plus résistante et moins gourmande en énergie que celles qui sont parfois utilisées par les centrales de dessalement.  

Si les chercheurs dijonnais ont pu mettre au point cette membrane, c'est grâce à la puissance du centre de calcul de l'université. Car elle a d'abord été imaginée sur ordinateur, avant d'être fabriquée en laboratoire aux Etats-Unis. "On parle de calculs qui peuvent prendre des mois, voire des années détaille Adrien Nicolaï. On a un bâtiment entier avec des grosses armoires remplies d'ordinateurs. Un calcul qu'on peut faire en un mois au centre de calcul, ça prendrait trois ou quatre ans de le faire sur un ordinateur portable à la maison." 

Grâce à ces calculs très précis, l'équipe dijonnaise a pu faire un dessin de la membrane "en tenant compte des forces et des interactions entre les atomes", précise Patrick Senet. C'est comme ça qu'elle a pu guider la fabrication aux Etats-Unis.  

Cette membrane pourrait être utilisée dans plusieurs domaines 

Pour l'instant, la membrane n'a été testée qu'à très petite échelle en laboratoire. Reste à savoir si elle fonctionne à grande échelle. Si c'est le cas, elle pourrait servir à plein de choses. D'abord donc à dessaler l'eau de mer, et donc à la rendre potable. Un enjeu majeur puisque la terre est recouverte d'eau à 70 % mais près d'un tiers de la population mondiale n'a pas accès à l'eau potable. Mais elle pourrait aussi servir dans le domaine de la médecine, pour trier très rapidement et très précisément les molécules dans le sang par exemple. 

Les chercheurs ont encore devant eux des années de travail. Ils espèrent attirer des jeunes thésards pour travailler sur leur projet. Et aussi des investisseurs privés, encore un peu frileux à se tourner vers l'université. Aujourd'hui c'est l'US Air Force, l'armée de l'air américaine qui finance la grande majorité des travaux, "plusieurs centaines de milliers de dollars, c'est une première en France" précise Patrick Senet. Dans une moindre mesure, la Région Bourgogne-Franche-Comté, le CNRS et l'université participent aussi.