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Dossier : Coronavirus Covid-19

Des chercheurs stéphanois et lyonnais veulent remplacer le plasma des patients Covid pour les aider à guérir

C'est inédit en France. L'Établissement Français du Sang en Auvergne-Rhône-Alpes lance un essai clinique d'ampleur pour valider la technique de l'échange plasmatique afin d'éviter l'intubation de patients Covid-19 en réanimation. Des scientifiques stéphanois et lyonnais travaillent sur ce projet.

Après des tests prometteurs en laboratoire, les chercheurs passent à l'essai clinique sur des patients en réanimation.
Après des tests prometteurs en laboratoire, les chercheurs passent à l'essai clinique sur des patients en réanimation. © Radio France - Tommy Cattaneo.

Et si on remplaçait le plasma sanguin des patients Covid-19 en réanimation pour leur éviter d'être intubés ? La technique a déjà été utilisée occasionnellement, mais l'Établissement Français du Sang en Auvergne-Rhône-Alpes souhaite désormais la valider par une étude plus importante. Il vient donc de lancer un essai clinique inédit en France. Ce projet, baptisé CovidEP, pour Echange de Plasma, associe des chercheurs des Hospices civiles de Lyon et l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) de la faculté de médecine de Saint-Étienne.

Dérèglement du système immunitaire chez les patients en réanimation

"On s'est rendu compte que chez les patients Covid en réanimation, il se produisait ce que l'on appelle un orage cytokinique", explique le docteur Olivier Hequet, responsable du service d'aphérèse de l'EFS, basé dans les locaux des Hospices civiles de Lyon. En clair, le système immunitaire s'emballe et produit des molécules inflammatoires dans le sang, ce qui dérègle tout le système immunitaire. "Notre idée, c'est donc de remplacer le plasma sanguin où sont concentrées ces molécules afin d'améliorer l'état des patients."

Si la technique fonctionne en laboratoire et a aussi fait ses preuves chez quelques patients, les scientifiques stéphanois et lyonnais veulent maintenant prouver son efficacité avec une étude d'ampleur. "Notre essai clinique va porter sur 132 patients", explique le docteur Fabrice Cognasse, directeur scientifique de l'EFS en Auvergne-Rhône-Alpes et directeur de recherche à Inserm de Saint-Étienne. "On va donc avoir 66 patients qui vont bénéficier de ce traitement par échange plasmatique et 66 autres qui vont être traités selon le protocole classique."

Hind Cognasse et Fabrice Cognasse, dans les locaux de l'Inserm de la faculté de médecine de Saint-Étienne.
Hind Cognasse et Fabrice Cognasse, dans les locaux de l'Inserm de la faculté de médecine de Saint-Étienne. © Radio France - Tommy Cattaneo.

Des premiers résultats à la fin de l'année 2021

Pour le moment, l'essai clinique ne concerne que deux patients et va s'élargir au fil des mois. Mais ces deux premières personnes qui ont reçu trois litres de plasma frais n'ont pas été intubées. "Il est trop tôt pour tirer des conclusions et ces résultats doivent être consolidés", tempère le docteur Olivier Hequet. "Mais l'objectif pourrait être ensuite de généraliser ce traitement si d'autres variants font leur apparition ou s'il y a d'autres infections qui ont les mêmes mécanismes."

"Pour pouvoir affirmer les choses de manière certaine, il faut être assez rigoureux et avoir un nombre de patients suffisants", rappelle Hind Cognasse, chercheuse à l'Inserm de la faculté de médecine de Saint-Étienne qui participe au projet. "On pense que ça va fonctionner, mais ce qui va être plus difficile à évaluer, c'est le temps d'efficacité, savoir si le système immunitaire ne va pas de nouveau s'emballer si l'infection perdure."

Le projet CovidEP est en grande partie financé par l'EFS, pour un budget total d'environ 800.000 euros. Les premiers résultats de l'essai clinique sont attendus à la fin de l'année 2021.

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