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Santé – Sciences

Des cobayes humains pour tester des gaz d'échappement ?

lundi 29 janvier 2018 à 15:35 - Mis à jour le lundi 29 janvier 2018 à 17:25 Par Germain Arrigoni, France Bleu

Environ 25 personnes ont servi de cobayes en inhalant du dioxyde d'azote - que l'on trouve dans les gaz d'échappement - pour un organisme de recherche européen, financé par plusieurs constructeurs automobiles, selon la presse allemande ce lundi.

Un pot d'échappement  (illustration)
Un pot d'échappement (illustration) © Maxppp -

Des cobayes humains après les singes ? Un organisme de recherche, financé par plusieurs constructeurs automobiles allemands, a fait procéder à une étude scientifique sur les effets du dioxyde d'azote - que l'on trouve dans les gaz d'échappement - sur des cobayes humains, selon les journaux allemands "Stuttgarter Zeitung" et "Süddeutsche Zeitung".

Cette étude a été commandée par le Groupe européen de recherche sur l'environnement et la santé dans le secteur du transport (EUGT), dissous l'année dernière. Cet organisme de recherche était financé par les constructeurs allemands Volkswagen, Daimler et BMW.   

Des jeunes cobayes en bonne santé ont inhalé du dioxyde d'azote 

D'après la presse allemande, environ 25 jeunes gens en bonne santé ont inhalé pendant plusieurs heures du dioxyde d'azote à des doses variées entre 2013 et 2014. Les tests étaient effectués dans un institut dépendant de l'université d'Aix-la-Chapelle, en Allemagne.

L'impact des gaz d'échappement sur les personnes n'a pas pu être déterminé par l'étude, publiée en 2016.

Tests sur des singes en 2014

Selon le New York Times de jeudi, l'EUGT a aussi parrainé des tests effectués sur des singes de laboratoire, forcés à inhaler des émanations de diesel provenant d'une voiture Volkswagen en 2014. Les animaux étaient enfermés face à des dessins animés pendant qu'on leur faisait respirer la fumée émise par une Beetle, successeur de la Coccinelle, modèle phare de Volkswagen.

Et le journal américain de préciser que le but de l'EUGT était de défendre l'utilisation du diesel après que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a désigné le carburant comme cancérigène. Volkswagen a réagi dès samedi en prenant "ses distances avec toute forme de maltraitance d'animaux".

Le laboratoire confirme cette étude, Berlin dénonce ces tests

Dans un communiqué, le laboratoire de recherche de l'université a confirmé que l'EUGT avait financé cette étude en 2013 et 2014 mais ajouté que l'enquête était liée à la sécurité sur les lieux de travail, non aux émissions de diesel. Le but était de mesurer l'effet de l'exposition au NO2 sur le lieu de travail, "par exemple pour les conducteurs de poids lourds, les mécaniciens ou les soudeurs", pour recommander une éventuelle baisse des seuils réglementaires, a expliqué l'institut. 

Se disant "consterné" par "la mise en place et l'ampleur de ces tests", Daimler a affirmé dimanche "condamner fermement" cette étude. Le groupe, qui a assuré n'avoir aucun lien avec cette étude, va tout de même lancer une enquête. De son côté, BMW a démenti y avoir participé. 

De telles expériences "sont injustifiables d'un point de vue éthique", a déploré lundi à la mi-journée Steffen Seibert, le porte-parole du gouvernement allemand, réclamant des explications des groupes concernés. Si ces tests ont bien été réalisés, ils sont "absurdes et répugnants", a déclaré en matinée le ministre-président du Land de Basse-Saxe, Stephan Weil, actionnaire de Volkswagen à hauteur de 20%.

Ces révélations interviennent sur fond de scandale provoqué par la découverte en 2015 de tests truqués d'émissions des voitures de la marque Volkswagen qui a remis en question l'avenir des moteurs diesel et illustré la difficulté qu'ont les constructeurs à se conformer à des règles de plus en plus strictes d'émissions d'oxyde d'azote.