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Santé – Sciences

Levothyrox : des malades de la Loire et de la Haute-Loire au procès en action collective

lundi 3 décembre 2018 à 10:29 Par David Valverde, France Bleu Saint-Étienne Loire

Ce lundi devant le TGI de Lyon, 4115 dossiers seront abordés dans le cadre d'une action collective intentée contre le laboratoire lyonnais Merck et l'ANSM, l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament dans l'affaire du Lévothyrox. Parmi eux, six de Haute-Loire et 47 de la Loire.

D'autres procédures plus techniques sont aussi en cours contre le Lévothyrox.
D'autres procédures plus techniques sont aussi en cours contre le Lévothyrox. © Maxppp - Christophe Morin

Lyon, France

Le Lévothyrox prescrit pour le traitement des troubles de la thyroïde est responsable selon les malades d'effets secondaires dramatiques : hypertension, insomnie, fièvre, chute de cheveux. 4115 dossiers sont donc défendus dans une seule et même procédure qui a pour objectif de faire reconnaître la responsabilité de Merck, pour défaut d’information des patients et préjudice moraux. Les plaignants demandent chacun 10 000 euros.

"Un comportement odieux" pour l'avocat des malades

C'est un avocat Toulousain, Maitre Lèguevaques, qui porte cette action collective devant la justice lyonnaise. Pour lui, c'est le malade qui est au centre de la procédure. Il ne s'agit pas de question techniques sur par exemple la composition du médicament : "Nous voulons que le malade retrouve sa dignité parce que depuis le début Merck et l'ANSM (l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament) le méprise. En le plaçant au cœur de la procédure, la justice va pouvoir enfin entendre ce qu'il dit. Ce n'est pas la somme demandée qui est importante, c'est de voir la responsabilité de Merck reconnue et qu'une condamnation au moins symbolique soit prononcée. Dans les reproches faits à Merck il y a le fait qu'il savait que 10% des malades n'allaient pas supporter la nouvelle formule. Cela ne parait pas grand chose mais rapporté au nombre de malades, cela représente au moins 300 000 malades. C'est ce comportement odieux que nous allons essayer de faire sanctionner puisque nous considérons que ces malades devaient être pris en compte par Merck et l'ANSM."

"Si vous aviez vu... Une loque !

Parmi les malades plaignants ce lundi, 6 sont originaires de Haute-Loire et 47 de la Loire. Marie Licata a découvert les effets de la nouvelle formule du médicaments sur son corps au début de l'année 2017. De longs mois ensuite à souffrir, sans savoir pourquoi. "J'avais de grosses douleurs à la tête, des vertiges, des crampes musculaires dans les jambes et les bras. Je respirais très mal, je m'étouffais la nuit" se rappelle cette Stéphanoise. "Des problèmes oculaires. Je ne voyais plus rien, si ce n'est des grosses taches devant les yeux. Je n’arrêtais pas de tomber car les muscles des jambes ne me soutenaient plus. J'ai pris 8 kilos en un mois. Tout l'été 2017, je n'ai pas pu bouger de mon fauteuil. Malade comme un chien. Si vous aviez vu. Une loque ! Avec cette histoire de Lévothyrox j'avais l'impression d'avoir vieilli de 10 ans."

"La Ministre nous a pris pour des débiles et des fous"

Aujourd'hui Marie va beaucoup mieux, comparé en tout cas à ces mois de cauchemar qui lui ont ruiné la vie et la santé. Alors ce procès à Lyon ce lundi c'est l'occasion d'avancer et de réclamer une reconnaissance : de sa souffrance mais aussi de l'absence de réaction des pouvoirs publics. "Je veux assister à cette confrontation avec les avocats du laboratoire Merck", assure-t-elle, assaillie par l'émotion. "Nous avons une Ministre de la Santé, Mme Buzin, qui n'a rien fait à ce niveau là. Il y avait beaucoup à faire : nous rassurer, nous conforter. Juste nous dire quelque chose. Elle nous a tous pris pour des débiles et des fous. Ce n'est pas normal de nous avoir traité comme ça. On avait juste besoin d'un peu de compassion, de soutien. Il faut que Merck et Mme Buzin soient condamnés et punis".