Santé – Sciences

Levothyrox : des malades de la thyroïde se rendent en Espagne pour se procurer l'ancienne formule

Par Suzanne Shojaei, France Bleu Roussillon et France Bleu dimanche 17 septembre 2017 à 18:25

La nouvelle formule du Levothyrox est commercialisée depuis le mois de mars.
La nouvelle formule du Levothyrox est commercialisée depuis le mois de mars. © Maxppp - Arnaud Journois

Pour certains, c'est une question de vie ou de mort. Des malades de la thyroïde décident de prendre la route pour s'approvisionner en Espagne, qui commercialise encore le médicament dans son ancienne formule.

Impossible d'attendre plus longtemps. Rizlaine a préféré arrêter son traitement pendant trois jours, avant de se ravitailler de l'autre côté de la frontière. Cette habitante de Saint-Estève, dans les Pyrénées-Orientales, prend ce médicament depuis près de dix ans. À 37 ans, elle ne peut pas supporter la nouvelle formule.

"J'ai eu des vertiges, des pertes de mémoire, des crampes, des maux d'estomac. Je perdais mes mots, aussi", raconte Rizlaine. "Mon médecin généraliste ne m'a même pas informée du changement de formule."

"L'Etat nous tue avec ce médicament." - Rizlaine, une malade de la thyroïde

Rizlaine s'est procurée de quoi suivre son traitement pendant dix mois. "Je suis en colère contre l'Etat, qui nous a fait passer pour des fous en disant que ces effets secondaires étaient imaginaires. J'ai la haine parce que j'aurais pu mourir !"

Vendredi dernier, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a pourtant annoncé le retour de l'ancienne version du médicament d'ici quinze jours. Rizlaine n'y croit pas. Pas plus que Nicole, 69 ans. Cette habitante de la région nîmoise part mercredi pour l'Espagne. "J'ai souffert de fatigue extrême, de maux de tête, de crampes..."

"Je suis scandalisée par la réaction des médecins." - Nicole, une malade de la thyroïde

Depuis quelques semaines, Nicole ne prend son médicament que tous les deux jours. "Je limite les dégâts. Car le jour où je le prends, je suis incapable de faire quoi que ce soit de ma journée."

Après des dizaines d'années de fidélité, Nicole a quitté son médecin traitant. "Je suis allée la voir en me plaignant des effets secondaires, et elle m'a dit "Ah ! Toi aussi tu as écouté ce qui se dit sur le Levoyhyrox !" Je suis scandalisée par cette réaction."

"Les gens jouent avec leur vie. Moi, je limite les dégâts." - Nicole, une malade de la thyroïde

Nicole veut quand même garder espoir. "Je voudrais que les députés européens se saisissent de l'affaire pour avertir les instances dirigeantes de leur pays et que cette nouvelle formule soit refusée chez eux."