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Santé – Sciences

Des médecins de Nouvelle-Aquitaine montent au créneau contre l'utilisation du glyphosate

mercredi 4 octobre 2017 à 17:04 Par Seina Baalouche, France Bleu Béarn, France Bleu Gascogne, France Bleu Gironde, France Bleu La Rochelle et France Bleu Périgord

En plein débat sur le renouvellement de la licence de cet herbicide dans l'Union Européenne, des associations de médecins de Nouvelle-Aquitaine veulent alerter la population. Ils estiment que le glyphosate est dangereux pour la santé.

Jean-Luc Delabant, médecin généraliste et secrétaire du pôle nouvelle Aquitaine de l'URPS Médecins Libéraux, veut veut alerter la population sur les risques que peuvent entraîner le glyphosate sur la santé
Jean-Luc Delabant, médecin généraliste et secrétaire du pôle nouvelle Aquitaine de l'URPS Médecins Libéraux, veut veut alerter la population sur les risques que peuvent entraîner le glyphosate sur la santé © Radio France - Seina Baalouche

Nouvelle-Aquitaine, France

Le glyphosate est l'un des herbicides les plus utilisés dans le monde. Il est présent par exemple dans le fameux pesticide "Roundup" produit par l'américain Monsanto. En Europe, cet herbicide est utilisé par les agriculteurs. Les fruits et légumes qu'ils produisent en contiennent. Alors que la licence de cet herbicide dans l'Union Européenne expire fin décembre, un rapport de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a conduit la Commission à proposer à nouveau l'autorisation d'utilisation du glyphosate pour 10 ans.

Une erreur selon l'Union Régionale des médecins libéraux Nouvelle-Aquitaine (URPS) et l'association "Alerte Médecins Pesticides". Jean-Luc Delabant, secrétaire du pôle nouvelle Aquitaine de l'URPS et Pierre-Michel Périnaud, président de l’association "Alerte Médecins Pesticides", veulent alerter la population sur les risques que peut entraîner cet herbicide sur la santé.

France Bleu Gironde : Pourquoi pensez-vous que cet herbicide, le glyphosate, est dangereux ?

Jean-Luc Delabant : Il existe un rapport du Centre International de Recherche sur le Cancer ( CRIC ), qui classe cette molécule, le glyphosate, au rang de "cancérogène probable". Les gens qui manipulent le glyphosate, comme les agriculteurs sont les plus exposés mais la population qui consomme les produits issus de cette agriculture est aussi touchée. C'est un produit très efficace donc on comprend qu'il soit utilisé mais on ne peut pas se retrancher derrière l’efficacité du produit pour oublier ses effets potentiellement toxiques sur la santé.

En tant que médecin constatez-vous, chez vos patients, des effets néfastes du glyphosate sur l'organisme ?

Pierre-Michel Périnaud : On ne peut pas vraiment analyser le phénomène au niveau d'une clientèle. Si l'un de mes clients a développé un lymphome non hodgkinien, une variété de cancer du sang qui peut être liée au glyphosate, il n'est pas possible de savoir avec certitude que la maladie est causée par l'herbicide. Mais je peux prendre du recul sur ma clientèle en regardant l'ensemble des statistiques et constater qu'effectivement les cancers augmentent indépendamment de l'âge de la population et parmi eux les lymphomes non hodgkinien sont une partie des cancers qui sont en augmentation depuis plusieurs décennies.

Est ce que cet herbicide est plus présent en Nouvelle-Aquitaine qu'ailleurs ?

Jean-Luc Delabant : De nombreuses études, issues de l'Institut de Santé Publique, d'Epidémiologie et de Développement ( ISPED), ont montré en clinique que dans les zones viticoles certains types de cancers sont plus développés que dans les zones où les pesticides ne sont pas autant utilisés. Il est toutefois extrêmement difficile de déterminer si le glyphosate est la seule et unique cause du développement de ces maladies. Cependant, la présomption est forte et je pense qu'il ne faut pas attendre d'avoir la preuve absolue que cet herbicide est néfaste pour l'interdire. Pourquoi quand un produit est supposé dangereux pour la santé on devrait continuer à l'utiliser ? Il est temps de prendre conscience que l'environnement joue un rôle majeur dans la santé.