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Des plaintes contre l'anticoagulant Pradaxa déposées après quatre décès

- Mis à jour le -
Par France Bleu

Les familles de quatre personnes âgées, décédées au début de l'année, ont porté plainte contre le laboratoire Boehringer Ingelheim. Les quatre victimes prenaient toutes du Pradaxa, un anticoagulant de nouvelle génération, prescrit pour prévenir les risques d'AVC. Le laboratoire promet de collaborer "activement" avec les autorités.

Le Pradaxa faisait déjà l'objet d'une surveillance poussée de l'Agence du médicament
Le Pradaxa faisait déjà l'objet d'une surveillance poussée de l'Agence du médicament © Maxppp

Le Pradaxa est un anticoagulant, prescrit pour éviter les risques d'accidents vasculaires cérébraux, en particulier chez les personnes âgées après une opération de la hanche ou du genou, ou pour les personnes qui souffrent de troubles cardiaques comme la fibrillation auriculaire. Comme tous les anticoagulants de nouvelle génération (NACO), il avait fait l'objet d'une mise en garde de l'Agence du médicament, l'ANSM, il y a un mois, contre "les événements hémorragiques majeurs ".

Le laboratoire qui produit ce médicament, l'allemand Boehringer Ingelheim, ainsi que l'ANSM, vont désormais devoir répondre à la justice : les familles de quatre personnes décédées début 2013, qui prenaient toutes du Pradaxa, ont porté plainte, respectivement pour homicide involontaire, et pour méconnaissance des principes de précaution et de prévention, contre le laboratoire et l'ANSM. Un cinquième cas pourrait avoir signalé : un habitant de Caen, qui a contacté France Bleu Basse-Normandie, soupçonne le décès de son épouse, en janvier dernier, d'être lié au Pradaxa. 

"La molécule n'a pas été assez étudiée "

"On ne devrait pas donner du Pradaxa " aux personnes âgées, explique Me Philippe Courtois, l'avocat des familles des victimes : selon lui, les seniors "sont très peu représentés dans les études, alors que ce sont eux qui sont le plus exposés. La molécule n'a pas été assez étudiée ".

Les NACO ont remplacé, chez certains patients, la génération précédente d'anticoagulants, les antagonistes de la vitamine K (AVK). Or ces nouveaux traitements ne sont pas moins dangereux que les précédents, comme soulignait l'ANSM le mois dernier :

"Les événements hémorragiques majeurs, y compris ceux ayant entraîné une issue fatale, ne concernent pas seulement les AVK, mais aussi les nouveaux anticoagulants oraux"

Le laboratoire Boehringer Ingelheim a promis, de son côté de "collaborer activement " avec les autorités dans ce dossier. 

Pas d'antidote en cas d'hémorragie

Selon Me Courtois, le risque hémorragique est même plus élevé pour les personnes âgées. Or, contrairement aux AVK, "il n'existe pas d'antidote, ni de traitement spécifique d'efficacité prouvée en cas de survenue d'un accident hémorragique lié à l'action de ces médicaments ". Ce qui signifie qu'en cas d'hémorragie, "on ne peut pas l'endiguer " souligne Me Courtois. C'est ce qu'il est arrivé à l'une des quatre victimes, décédé le 15 février à l'hôpital de Poissy après une "hémorragie incontrôlable ".

Les plaignants reprochent donc au laboratoire de ne pas avoir "commercialité concomitamment le Pradaxa et son antidote, ce qui aurait évité de nombreux décès ", alors que les AVK disposent d'un antidote en vente, la vitamine K. Résultat : dès le mois de juillet dernier, la Haute autorité de santé prévenait que les NACO pouvaient être une "alternative " mais que "dans la plupart des cas, les AVK restent les anticoagulants oraux de référence ".

Attention toutefois, il est fortement déconseillé aux personnes prenant du Pradaxa d'interrompre brusquement leur traitement. Il est conseillé de consulter son médecin.

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