Santé – Sciences

Désert médical : ce qui va changer dans l'Indre en 2017

Par Jonathan Landais, France Bleu Berry mercredi 25 janvier 2017 à 19:58

MÉDECINE ILLUSTRATION
MÉDECINE ILLUSTRATION © Maxppp - Maxppp

Le département annonce "plusieurs mesures fortes" pour tenter d'enrayer le manque de médecins dans l'Indre. Des annonces qui demandent encore à être concrétisées.

Il l'avait annoncé sur France Bleu Berry à l'automne 2016. Serge Descout, le Président LR du Conseil Départemental de l'Indre annonce, en partenariat avec l'ARS, l'Agence Régionale de Santé, une série de mesures pour lutter contre la désertification médicale dans l'Indre. Voici ce qui va changer en 2017.

Nouvelle carte des zones sous dotées

Le gouvernement va publier d'ici au Printemps, via un décret, "une nouvelle carte des zones sous dotées en médecins". Concrètement, dans l'Indre, le nombre de zones en difficultés (comme le bassin de La Châtre), pourrait passer "du simple au double". Ce qui permettra au final de débloquer de nouvelles aides à l'installation : 50.000 euros pour chaque jeune praticien qui accepte d'ouvrir son cabinet dans l'Indre, à condition de travailler 4 jours/semaine.

LE MANQUE DE MEDECINS : LES CHIFFRES - Maxppp
LE MANQUE DE MEDECINS : LES CHIFFRES © Maxppp - Radio France

Aide financière pour les études de médecine

Le Département de l'Indre promet "d'ici trois ou quatre mois" de faire voter une aide financière à destination des jeunes indriens qui veulent se lancer dans des études de médecine. Il s'agirait d'aider au financement du logement ou du transport vers les facultés de Tours et Limoges, pour inciter les étudiants à venir ensuite faire leur stage dans l'Indre. Objectif : susciter de nouvelles vocations chez les jeunes berrichons, quand on sait que 80% des médecins s'installent là où ils font leur stage.

Faire venir davantage d'étudiants de Limoges

C'est un paradoxe : deux tiers des jeunes indriens font leurs études à Limoges... mais les internes de Limoges ne peuvent pas venir faire leur stage dans l'Indre ! Car pour le recrutement des internes, le département dépend d'une autre région sanitaire : la faculté de médecine de Tours. La fac de Limoges s'engage donc au plus vite "à mettre en place un système de dérogation".

Autre nouveauté, la nomination dans l'Indre - et c'est une première - d'un Chef de clinique universitaire de médecine générale de la faculté de Tours. Sa mission : renforcer les liens entre le département et les facultés de rattachement des étudiants.

Un système de salariat dans le privé ?

Serge Descout, le Président du Conseil Départemental réfléchit enfin à mettre en place un système de salariat "pour quelques médecins" dans des cliniques privées. "Leur proposer un système hybride : être d'abord salarié d'un pôle de santé pour ensuite s'engager en libéral s'ils le souhaitent (...) aujourd'hui certains médecins s'installent très tard, vers 40-42 ans, après 8 à 10 ans d'études".

"Mais il n'y aura pas de nouvelles maisons de santé pluridisciplinaires, l'Indre en compte 14, c'est un nombre suffisant, par contre il faudrait en faire évoluer 3 ou 4 vers le domaine universitaire" conclut Serge Descout.

DE GAUCHE A DROITE : PATRICE DIOT (DOYEN FAC DE MÉDECINE DE TOURS), SERGE DESCOUT (PRÉSIDENT DÉPARTEMENT DE  L'INDRE), ANNE BOUYGARD (DIRECTRICE ARS CENTRE VAL DE LOIRE) - Radio France
DE GAUCHE A DROITE : PATRICE DIOT (DOYEN FAC DE MÉDECINE DE TOURS), SERGE DESCOUT (PRÉSIDENT DÉPARTEMENT DE L'INDRE), ANNE BOUYGARD (DIRECTRICE ARS CENTRE VAL DE LOIRE) © Radio France - Jonathan Landais