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Santé – Sciences DOSSIER : Le plus de l'info de France Bleu Belfort Montbéliard

La lutte difficile contre les déserts médicaux en Franche-Comté

jeudi 30 novembre 2017 à 22:53 Par Manon Klein, France Bleu Belfort-Montbéliard

La Cour des comptes s'attaque aux déserts médicaux dans son rapport rendu public ce mercredi 29 novembre 2017. La Franche-Comté est particulièrement touchée par ce phénomène, avec un nombre de généralistes par habitant inférieur à la moyenne nationale.

La Haute Saône et le Territoire de Belfort ont un ratio patients-médecins en dessous de la moyenne
La Haute Saône et le Territoire de Belfort ont un ratio patients-médecins en dessous de la moyenne © Maxppp - /

Franche-Comté, France

En Franche-Comté, la couverture médicale est, selon l'Agence régionale de Santé (ARS) de 145 médecins pour 100 000 habitants, un ratio plus faible que la moyenne nationale. La Cour des comptes s'est saisie de la problématique des déserts médicaux dans un rapport dévoilé le mercredi 29 novembre 2017. Les Sages de la rue Cambon proposent notamment, pour lutter contre ces phénomènes, d'obliger les jeunes praticiens à s'installer dans les zones sous-dotées médicalement, sous peine de ne pas être conventionnés. Une piste qui provoque la colère des médecins.

Des médecins vieillissants

Ce qui inquiète les élus et professionnels de santé en Franche Comté, c'est la moyenne d'âge des médecins dans la région. Plus de la moitié des médecins généralistes indépendants Franc-comtois ont plus de 55 ans. Ils s'approchent de la retraite, et ont bien du mal à trouver des successeurs. Vous vous souvenez peut-être de l'histoire de ce médecin à Saulnot, en Haute Saône. A 67 ans, le docteur Patrick Laine voudrait passer la main. Mais impossible de trouver un successeur. En mars 2016, il poste même une annonce sur le Bon coin, pour céder gratuitement son cabinet. Malgré tout il est toujours aujourd'hui à la recherche d'un repreneur.

Un défi : attirer les jeunes

Dans le nord Franche-Comté, les communes cherchent à attirer des jeunes praticiens pour assurer la succession de leurs professionnels de santé. Plusieurs incitations financières sont mises en oeuvre. A Héricourt, par exemple, deux bourses ont été créées en ce sens. Le bénéficiaire se voit payer ses études de médecine, en échange, il s'engage à l'issue de ses études à s'établir sur la commune. "Une étudiante de médecine s'est déjà engagée à la rentrée de septembre 2017" se félicite le maire de la commune, Fernand Burkhalter. La mairie de Montbéliard vient également de créer une bourse similaire.

Difficile pour l'instant d'évaluer ce type de mesure. Stéphane Attal, qui représente les médecins libéraux dans la région, craint que ça ne soit pas une solution durable, que les étudiants s'installent, puis repartent au bout de quelques années.

Les maisons de santé, un outil privilégié

Les communes plébiscitent la création de maisons de santé. A Beaucourt, par exemple, un centre de ce type est en cours de création. Il devrait ouvrir ses portes en 2018. L'ancien maire de la commune, Cédric Perrin, a porté le projet et se félicite d'avoir réussir à attirer deux jeunes médecins, originaires de la région, dans la commune.

Des zones abandonnées

Pour d'autres, le problème se niche autre part. Michel Bouvard, président du conseil de l'Ordre des médecins dans le Territoire de Belfort, ne croit pas en l'efficacité des incitations financière pour attirer les jeunes praticiens dans les zones sous dotées en médecins. "Pourquoi les jeunes ne vont pas dans ces zones ? Parce qu'il n'y a pas de poste (...) parce qu'ils doivent faire des kilomètres pour faire les courses, ou pour amener leur fils au club de sport, par exemple"."

Le problème, c'est que ça ne sont pas uniquement des zones de désert médical, mais des zones de désert tout court" - Michel Bouvard, président du conseil de l'Ordre des médecins dans le Territoire de Belfort

Finalement il y a un seul point sur lequel tous les médecins que nous avons contacté sont d'accord: pour remotiver leurs jeunes confrères à se lancer, il faut revoir à la hausse le montant des consultations.