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Santé – Sciences

Déserts médicaux en Pays de la Loire : plus d'aides pour inciter les médecins à s'installer

lundi 8 janvier 2018 à 6:01 Par Typhaine Morin, France Bleu Loire Océan, France Bleu Maine et France Bleu Mayenne

L'agence régionale de la santé (ARS) a présenté cette semaine un nouveau découpage des Pays de la Loire pour débloquer plus d'aides et inciter les médecins à s'installer. Ce plan, effectif depuis le 1er janvier, doit mieux répondre à la pénurie des professionnels de santé sur certains territoires.

Certains territoires des Pays de la Loire manquent cruellement de médecins
Certains territoires des Pays de la Loire manquent cruellement de médecins © Maxppp - Vincent Isore

Pays de la Loire, France

Le nombre de médecins en Pays de la Loire est dans la moyenne nationale, mais "cela cache une grande hétérogénéité" selon les départements, explique Raphaël Jarrige, référent installations à l'agence régionale de santé (ARS). Pour combattre ces inégalités, l'ARS a élaboré un nouveau "zonage" ou découpage du territoire en fonction de différents critères, comme le nombre de médecins installés, leur âge, le nombre d'habitants, etc. L'objectif est de s'approcher de la moyenne nationale, qui est de 4,11 consultations par an et par habitant. Et surtout d'attirer de jeunes médecins en débloquant plus d'aides. 

Des actions prioritaires et complémentaires

Ce découpage identifie "trois catégories de zones", précise Raphaël Jarrige : les "zones d'intervention prioritaire", où le manque de médecins est le plus criant, les "zones d'actions complémentaires", où la population souffre moins du manque de médecin, mais où il faut éviter que la situation ne se détériore. Et enfin les zones "d'accompagnement où l'on apporte des aides sur l'exercice coordonné, c'est-à-dire sur le regroupement de professionnels de santé". 

"Les zones d'intervention prioritaires couvrent 18,2% de la population régionale, soit plus de 660.000 habitants", explique l'ARS, contre 13% auparavant. "Les zones d’action complémentaire quant à elles représentent 28,6% de la population régionale, soit plus d’un million d’habitants", contre 12,8% au 31 décembre 2017. Une carte qui doit ainsi mieux répondre aux difficultés de certains secteurs pour attirer des médecins.  

Le nouveau "zonage" de l'agence régionale de santé des Pays de la Loire - Aucun(e)
Le nouveau "zonage" de l'agence régionale de santé des Pays de la Loire - ARS

Mais comme le montre cette carte, la couverture médicale dans la région est très hétérogène. Les zones en bleu sont celles qui vont recevoir le plus d'aide. La Sarthe et la Mayenne sont les départements qui manquent le plus de médecins, devant la Vendée. La Loire-Atlantique est bien mieux lotie.

Situation de plus en plus critique

En bleu, les zones prioritaires définies par l'ARS en Sarthe - Aucun(e)
En bleu, les zones prioritaires définies par l'ARS en Sarthe - Agence régionale de la santé

En Sarthe, 40% du territoire est en zone d'intervention prioritaire. Et par endroits, la situation "est de plus en plus critique", analyse Raphaël Jarrige. C'est particulièrement compliqué dans le nord et le nord-est du département, de Saint-Calais à La Ferté Bernard, où "on a du mal à faire émerger des projets de regroupements de professionnels de santé. C'est là que tous les efforts doivent se concentrer pour arriver à ce que sous cinq ans de nouveaux projets émergent et que des installations pérennes puissent être accompagnées. Il y a de très beaux projets qui sont en train de se mettre en place sur Sablé-sur-Sarthe, Château-du-Loir, Ecommoy et sur La Flèche." 

En bleu, les zones prioritaires définies par l'ARS en Mayenne - Aucun(e)
En bleu, les zones prioritaires définies par l'ARS en Mayenne - Agence régionale de la santé

Même tableau en Mayenne, où tout le département est "soit en zone prioritaire, soit en zone d'action complémentaire", explique Raphaël Jarrige. "C'est le nord de la Mayenne qui rencontre le plus de difficultés, notamment les zones d'Ernée, de Gorron, de Pré-en-Pail, Villaines-la-Juhel." Le département de la Mayenne est aussi confronté aux "problématiques urbaines. Certaines villes peinent à recruter et attirer de nouveaux médecins". Laval est par exemple en zone d'action complémentaire. 

La Vendée n'est pas épargnée. Et en particulier "les zones de Luçon, Moutiers-les-Mauxfaits, le sud et l'est de la Vendée rencontrent un certain nombre de difficultés. Pouzauges, Les Herbiers, et certaines zones proches de Fontenay-le-Comte". Ces zones-là sont en zones d'intervention prioritaire ou d'action complémentaires. 

En bleu, les zones prioritaires définies par l'ARS en Vendée - Aucun(e)
En bleu, les zones prioritaires définies par l'ARS en Vendée - Agence régionale de la santé

Fort développement de la population

En Loire-Atlantique, la situation est bien meilleure, puisque seulement 6,6% de la population est en zone d'intervention propriétaire. Néanmoins, c'est le nord du département qui est en difficulté. Et en particulier les secteurs de "Châteaubriant, Derval, Guéméné-Penfao, Pontchâteau aussi. On voit se développer des zones de tension, mais moins marquées, au-delà de Nantes : Saint-Etienne-de-Montluc, Savenay, Machecoul ou Sainte-Pazanne. Et là, c'est plus le fort développement de population qui est en cause". Les installations sont en progression dans ces secteurs, "mais proportionnellement, la population qui emménage est très importante, avec des dynamiques qui ont complètement changé la configuration de ces zones-là".

En bleu, les zones prioritaires définies par l'ARS en Loire-Atlantique, en jaune, les zones complémentaires - Aucun(e)
En bleu, les zones prioritaires définies par l'ARS en Loire-Atlantique, en jaune, les zones complémentaires - Agence régionale de la santé

Aides financières et regroupements de médecins

Et pour attirer de jeunes médecins et les encourager à s'installer, ce nouveau zonage permet de débloquer des aides financières concrètes, estime Raphaël Jarrige. "On parle d'aides financières, jusqu'à 50.000 euros, d'accompagnement de projets de regroupement, d'amélioration de la protection sociale, et d'aide au développement de projets immobiliers.

Les projets de regroupement de professionnels de santé sont un axe fort de ces aides. Car si globalement, au niveau régional, le nombre d'installations est en hausse, les jeunes médecins ne travaillent pas de la même manière que les plus anciens. Plus question de travailler 70 heures par semaine. Et s'installer à plusieurs "permet d'assurer une continuité de service", conclut Raphaël Jarrige.