Santé – Sciences

Déserts médicaux : une délégation icaunaise drague les futurs médecins à Paris

Par Charlotte Lalanne-Labeyrie et Louis-Valentin Lopez, France Bleu Auxerre et France Bleu vendredi 13 octobre 2017 à 18:55

L'Yonne est l'un des départements les plus touchés par la désertification médicale [Illustration]
L'Yonne est l'un des départements les plus touchés par la désertification médicale [Illustration] © Maxppp - Maxppp

Le gouvernement s'attaque aux déserts médicaux, un fléau dans notre département : dans l'Yonne, il n'y a que 77 généralistes pour 100 000 habitants. Alors pour appâter les médecins, une délégation icaunaise tente une opération séduction auxJournées Nationales de Médecine Générale à Paris.

Comment lutter contre les déserts médicaux ? Le gouvernement a présenté vendredi ses propositions. Il a promis de doubler le nombre de maisons médicales d'ici la fin du quinquennat en y consacrant 400 millions d'euros. Parmi les autres mesures annoncées : développer la télémédecine, confier certains actes médicaux aux infirmières ou encore revaloriser les primes à l'installation en zones de pénurie.

L'Yonne est l'un des départements les plus touchés par cette désertification médicale. Ici, il n'y a que 77 généralistes pour 100.000 habitants, en dessous de la moyenne nationale à 82. Alors pour séduire les médecins, une délégation icaunaise est venue à leur rencontre à Paris aux Journées Nationales de Médecine Générale les 12 et 13 octobre.

L'opération séduction démarre par un verre de vin : "Le chablis délie les langues", sourit le docteur Bernard Chardon, en charge de la délégation au stand de l'Yonne.

"D'où venez-vous ?", alpague-t-il les étudiants. Réponse : "De Rouen". "Et où voulez-vous vous installer après vos études ?" "Certainement en Normandie du coup" concède la jeune femme, devant un Bernard Chardon déçu mais optimiste : "Ils ne connaissent pas notre département, c'est pour ça que nous faisons un concours."

Un week-end gastronomique et des bourses pour draguer les médecins

A la clef, un week-end gastronomique à gagner, et surtout des bourses, 12.000 euros pour s'installer, puis environ 1000 euros tous les ans pendant cinq ans. Théophile, en première année d'internat à Rouen, est tenté ; "Je ne vais pas cracher sur une allocation qu'on peut nous donner", dit-il, avant de nuancer : "Il faut être honnête, on va dans tous les cas bien gagner notre vie, donc malgré les petites carottes qu'ils peuvent mettre..."

L'Yonne fait son opération séduction aux Journées Nationales de Médecine Générale - Radio France
L'Yonne fait son opération séduction aux Journées Nationales de Médecine Générale © Radio France - Louis-Valentin Lopez

Les généralistes en devenir sont unanimes : la famille et les proches passent avant l'argent.

"Les études sont suffisamment longues pour en plus nous imposer de nous installer en zones rurales" explique cette interne.

"Pour l'instant je ne cherche pas vraiment en dehors de ma région, avoue un jeune homme, ma femme a un boulot moins mobile que le mien." D'autres sont sceptiques sur la région : "Je ne vois pas très bien pourquoi la Bourgogne, ça doit être une jolie région mais...".

43 demandes de bourses et 7 installations en 2016

Il en faudra plus pour démoraliser les représentants icaunais, qui restent optimistes : 43 demandes de bourse l'an dernier, 7 installations. Pas assez néanmoins pour compenser la désertification.

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