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Santé – Sciences

Déserts médicaux : une petite centaine de personnes manifeste à Fécamp

samedi 7 avril 2018 à 19:47 Par Hélène Fromenty, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure)

Environ 90 personnes se sont rassemblées samedi matin, à Fécamp (Seine-Maritime), pour réclamer davantage de médecins. Depuis 4 mois, la ville n'est plus en zone médicale prioritaire, il n'y a donc plus d'aide pour les praticiens qui s'installent. Une pétition rassemble plus de 5600 signatures.

Le cortège est parti de la place du marché pour rejoindre la mairie de Fécamp.
Le cortège est parti de la place du marché pour rejoindre la mairie de Fécamp. © Radio France - Hélène Fromenty

Fécamp, France

"Un médecin pour chacun". Le message est épinglé sur la poitrine de Jade Rebus, la trentaine. Pour cette maman d'un petit Léo, 2 ans, pas facile de se soigner au quotidien. "C'est de plus en plus compliqué, surtout quand on a un enfant malade et que personne ne peut le prendre en consultation. C'est quand même aberrant de devoir aller aux urgences et d'attendre trois-quatre heures."

Avec une petite centaine d'autres personnes, elle tenait à participer au rassemblement organisé samedi matin, sur la place du marché de Fécamp (Seine-Maritime). Une mobilisation contre la désertification médicale à l'initiative du collectif justement baptisé "Un médecin pour chacun".

Jade Rebus a du mal à faire soigner son fils Léo, 2 ans. - Radio France
Jade Rebus a du mal à faire soigner son fils Léo, 2 ans. © Radio France - Hélène Fromenty

Car au mois de décembre, l'Agence régionale de santé (ARS) a retiré la commune de la liste des zones médicales prioritaires. Concrètement, cela veut dire que les praticiens qui souhaitent s'installer ne reçoivent plus d'aide financière. 

30 patients par jour

Difficile dans ces conditions d'attirer des jeunes médecins et de relancer l'activité médicale dans la commune. Aujourd'hui, il y a une quinzaine de généralistes à Fécamp. Il y a 28 ans, quand le docteur Philippe Ledoux s'est installé, ild étaient 21. "On est surchargés de travail, dit-il. Une journée classique c'est au moins 30 malades à voir."

Alors le praticien fait ce qu'il peut. "J'essaye de prendre le maximum de personnes. Je suis aussi maître de stage pour attirer des étudiants, en espérant réussir à ce que l'un d'entre eux se fixe ici." Mais avec le retrait des subventions, il doute que des confrères s'installent dans la ville portuaire. 

Déficit de spécialistes

A Fécamp, il manque aussi des spécialistes : des kinésithérapeutes, des gynécologues, "certains vont à Deauville ou Trouville pour voir l'ophtalmo" glisse un manifestant.

S'il m'arrive quelque chose, on va m'emmener où ?

Récemment, Gérard Cuvillier faisait régulièrement 20 kilomètres pour voir son cardiologue. A 72 ans, ce retraité est inquiet pour ses vieux jours. "On pense être tranquille une fois en retraite mais en fait pas du tout. Là je me demande ce qui va se passer si jamais il m'arrive quelque chose. On va m'emmener où ?" 

La commune a déjà sauvé la petite ligne SNCF qui la relie au Havre, alors Jacques Louiset, l'un des membres du collectif organisateur se veut confiant. "Nous nous battrons pour une médecine correcte à Fécamp. On réussira à avoir des médecins : les Fécampois sont unis, ce sont leur force. Nous voulons être soignés, nous ne voulons pas crever."

Une pétition pour le reclassement de la ville en zone prioritaire totalise déjà plus de 5600 signatures. Lundi trois élues régionales tenteront de faire pression auprès de l'ARS lors d'une réunion.