Santé – Sciences

Deux bébés sont morts après avoir été vaccinés contre la gastro

Par Marina Cabiten, France Bleu mercredi 1 avril 2015 à 8:48

La vaccination d'un bébé - illustration
La vaccination d'un bébé - illustration © MaxPPP

Dans son édition de mercredi, le Canard Enchaîné révèle qu'en 2012 et 2014, deux bébés sont morts alors qu'ils avaient été vaccinés contre la gastro-entérite. Des informations confirmées par l'agence du médicament qui a reçu une alerte au sujet de deux vaccins.

"Conseillée, déconseillée, reconseillée, cette potion (ces vaccins contre la gastro, ndlr) va finalement être mise au rencart" , écrit le Canard enchaîné, qui révèle dans son édition de mercredi le décès de deux bébés suite à leur vaccin contre la gastro-entérite. L'agence du médicament ANSM a confirmé ses informations et communiqué sur un rapport rendu en février 2015 sur ce sujet. 

Un nombre "préoccupant" d'effets indésirables graves

Les vaccins Rotarix et RotaTeq pour prévenir les infections dues à un virus responsable de diarrhées chez les bébés entraînent un nombre "préoccupant" d'effets indésirables graves, dont deux décès, selon un bilan arrêté à fin 2014 remis à l'agence du médicament ANSM.   

Le Comité technique de pharmacovigilance (CPTV), qui a analysé les données de suivi national et international concernant ces vaccins oraux, "s'interroge sur le bien-fondé de recommander la généralisation de cette vaccination en France" , dans un rapport daté de février 2015 et transmis à la Direction générale de la Santé (DGS) et à la Haute autorité de santé (HAS). Cette vaccination pour la prévention des gastro-entérites causées par des rotavirus chez les nourrissons âgés de moins de 6 mois avait été recommandée en novembre 2013 par le Haut Conseil de Santé publique (HCSP).

Marche arrière enclenchée sur les recommandations

Ce dernier a "prévu de réexaminer dans les prochains jours ses recommandations" à ce sujet, indique l'ANSM. "Depuis le début de la commercialisation en France de ces deux vaccins et jusqu'au 31 octobre 2014, plus de 1 million de doses ont été distribuées. 508 notifications d'effets indésirables médicalement confirmées, dont 201 graves " , ont été recueillies et analysées, souligne l'agence du médicament.   

Parmi les observations graves, 47 cas d'invaginations intestinales aiguës, survenues dans le mois suivant la vaccination, ont été rapportés, dont deux fatals. L'invagination intestinale aiguë est un effet indésirable qui, bien que considéré comme très rare (moins de 1 cas sur 10.000 vaccinés), nécessite, en raison de sa gravité, une prise en charge immédiate dès les premiers signes: douleurs abdominales, pleurs répétés et inhabituels de l'enfant, vomissement, présence de sang dans les selles, ballonnements abdominaux et/ou fièvre élevée, détaille l'agence sanitaire. Un courrier a été envoyé mardi à 160.000 professionnels de santé afin qu'ils sensibilisent les familles sur ces signes survenant dans le mois suivant la vaccination, pour consulter sans délai, car la prise en charge précoce permet de soigner le bébé, selon l'ANSM.