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Santé – Sciences

Deux décès en 15 jours en salle d'attente des urgences du CHU de Tours

jeudi 17 mai 2018 à 23:50 - Mis à jour le vendredi 18 mai 2018 à 9:59 Par Yohan Nicolas, France Bleu Touraine et France Bleu

Deux personnes âgées, en fin de vie, sont décédées dans la salle d'attente des urgences du CHU de Tours à quinze jours d'intervalle. Elles sont restées entre 4 et 6 heures dans la salle d'attente sur des brancards. Le personnel se dit choqué et aurait aimé pouvoir les accompagner dignement.

Illustration Urgences
Illustration Urgences © Maxppp - PQR/La Montagne

Tours, France

"C'est un phénomène exceptionnel". C'est ainsi que le professeur Pierre-François Dequin, responsable médical du Pôle Urgences du CHRU Trousseau, évoque les deux décès de patientes qui sont survenus à 15 jours d'intervalles. C'était dans la nuit du 11 au 12 avril pour le premier décès, le 3 mai pour le second. Dans les deux cas, il s'agissait de deux personnes de près de 90 ans, en fin de vie en raison d'une pathologie assez graves. "Les urgences sont confrontées régulièrement à la mort", explique le professeur Dequin.

Les équipes soignantes sont meurtries, blessées, choquées par ces décès indignes" - Le professeur Dequin

"Les équipes sont formées pour accompagner des patients dans les derniers moments de vie", sauf que pour ces deux décès, les patientes sont mortes dans une salle d'attente bondée. Il y avait entre 12 et 15 brancards ce soir là, alors que la salle d'attente peut en accueillir six. La première patiente, est restée plus de 6 heures sur le brancard, la deuxième plus de 4 heures

"Les équipes sont meurtries, choquées, blessées par ces décès indignes", précise le professeur Dequin qui explique que ce soir là, pour la première patiente, "elle a été écoutée juste après l'admission au bout d'un quart d'heure, mais qu'il y avait des cas plus graves à gérer. Les famille des deux personnes âgées décédées ont été prévenues par le médecin de garde, puis reçues par le chef de service et la direction pour être totalement transparent", explique le chef des Urgences. 

La première patiente a attendu plus de 6 heures sur le brancard. Mais ce soir là, c'était l'engorgement aux Urgences, et il y avait des cas  plus graves"

Selon lui, le fils de la première victime aurait d'ailleurs préféré ne pas transférer sa mère aux urgences, pour lui permettre de partir dignement, dans son Ehpad, au regard de sa pathologie. Ce n'est pas la première fois qu'un événement exceptionnel de ce type arrive. Un autre décès dans les mêmes circonstances est arrivé en 2009, selon le professeur Dequin.

Pour cette soignante du service des Urgences, "le personnel a été choqué de ne pas pouvoir les accompagner dans leur décès." Elle raconte : " Ils sont décédés dans une salle d'attente bondée au milieu d'autres patients qui attendaient d'être vus. Ce qui choque encore plus les soignants c'est quand notre direction appelle cela un "événement indésirable grave". On ne peut pas enlever l'affecte vis à vis de tout ça. C'est encore plus choquant pour nous, car on a alerté à maintes et maintes reprises la direction sur le fait que cette salle d'attente n'était pas la solution. On a dénoncé les conditions d'accueil des patients qui se dégradaient. C'est la saturation dans les urgences tous les jours."

Le responsable médical du Pôle Urgences reconnait que" l'engorgement est réel, _mais c'est aussi un problème sociétal très complexe"_. Le nombre de passages aux urgences augmente d'environ 3% par an. Un tiers des patients sont hospitalisés. Pierre-François Dequin précise que "la salle d'attente a été créée pour éviter aux patients des rester dans les couloirs, dans le bruit et les courants d'air, mais que ça ne suffit pas."

Cet événement tragique intervient alors que trois organisations syndicales ont déposé un préavis de grève aux urgences de Tours pour le jeudi 24 mai.  La direction précise d'ailleurs que des mesures ont été prises pour améliorer l'organisation des urgences, avec la création de 20 lits d'aval. Par ailleurs, 17 lits de gériatrie doivent être créés aux Urgences mais pas avant 2020.