Santé – Sciences

Dijon : comment inciter davantage de patients à se faire vacciner contre la grippe ?

Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne dimanche 9 octobre 2016 à 19:00

Vaccination - photo d'illustration
Vaccination - photo d'illustration © Maxppp - Thomas Bregardis

C'est parti pour une nouvelle campagne de vaccination contre la grippe saisonnière en France. Le vaccin nouveau va être livré aux pharmacies dijonnaises. Avec pour les autorités sanitaires, l’ambition de faire remonter le taux de couverture vaccinale des personnes à risques.

L'an dernier, le taux de vaccination était reparti à la hausse après six années de baisse. 48,3% des personnes à risques appelées à se faire vacciner gratuitement l'avaient fait. Par "personnes à risques" on entend les personnes âgées, les femmes enceintes, les personnes obèses ou celles qui souffrent de maladies chroniques. Le Directeur général de la Santé, le professeur Benoît Vallet, estime qu'on pourrait éviter 2500 à 3000 décès par an si la couverture vaccinale était portée à 70 ou 75%.

Après une épidémie hivernale importante en 2014-2015, qui s'était traduite par une surmortalité évaluée à 18.000 décès, l'épidémie de grippe 2015-16 a été "modérée" et n'a pas provoqué d'excédent de décès, malgré un vaccin qui n'a été "efficace qu'à 30 ou 40%", selon l'agence nationale Santé publique France.

La vaccination ne fait toujours pas l'unanimité parmi les patients

Dans une pharmacie du centre-ville dijonnais, les avis des clients sont partagés. Un jeune homme s’enthousiasme pour le vaccin : "Oui ,je me fais vacciner tous les ans. Je suis diabétique et je reçois tous les ans une espèce de convocation. Je n’ai jamais eu la grippe depuis que je me fais vacciner, en tout cas jamais au point où je l’ai eue par le passé." Une femme, elle, déclare sa défiance vis-à-vis des vaccins : "ils n’ont aucun effet sur les nouveaux virus et je ne sais pas quels effets ils vont avoir, avec les adjuvants". Un autre a du mal à faire la différence entre un simple rhume et une mauvaise grippe : "ça se guérit rapidement, avec des médicaments, un peu de sport. Ça n’est pas une maladie dangereuse."

L'Ordre des pharmaciens propose une vaccination directe dans les officines. - Radio France
L'Ordre des pharmaciens propose une vaccination directe dans les officines. © Radio France - Jacky Page

Et si les pharmaciens injectaient eux-mêmes le vaccin ?

Pour inciter davantage de Français à se faire vacciner contre la grippe, l'Ordre des Pharmaciens renouvelle sa proposition pour que la profession puisse réaliser directement l’injection, un acte réservé aujourd'hui aux médecins et infirmiers. Anne Gentet, pharmacienne dijonnaise, juge que cela pourrait effectivement amener plus de personnes à se faire vacciner.

Mais elle note que pour certains patients, la vaccination dans le dispositif actuel est le seul moment de l’année où ils vont consulter leur médecin. C’est l’occasion d’avoir un suivi médical au moins une fois par an. Et puis il faudrait une formation des pharmaciens. Il y a des contre-indications, des médicaments déconseillés pendant la période vaccinale. Sans oublier bien sûr, qu’il ne faudrait pas que cet acte prive les cabinets d’infirmiers d’une partie de leurs activités.

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