Santé – Sciences

A Dijon, le personnel de l'hôpital psychiatrique de la Chartreuse en grève pour dénoncer la baisse des moyens

Par Marion Bastit, France Bleu Bourgogne mercredi 23 septembre 2015 à 12:09

En 2015, l'hôpital psychiatrique de Dijon a perdu 700 000 euros de budget.
En 2015, l'hôpital psychiatrique de Dijon a perdu 700 000 euros de budget. © Radio France - Marion Bastit

Ce mercredi matin à Dijon, une centaine de salariés de la Chartreuse étaient rassemblés devant la direction de l'hôpital psychiatrique. Ils dénoncent une baisse de 700 000 euros du budget de l'hôpital. Trois services d'accueil de jour doivent fermer leurs portes à Dijon et à Seurre.

Après les travailleurs sociaux mardi, le personnel de *la Chartreuse _était** en grève ce mercredi matin. Une centaine de salariés de l'hôpital psychiatrique de Dijon* se sont rassemblés devant la direction, où se tenait le conseil de surveillance de la Chartreuse. _

Les trois syndicats de l'hôpital - la CGT, la CFDT et Sud - dénoncent la baisse des moyens alloués à l'hôpital par l'Agence régionale de santé (ARS). Chasuble orange sur le dos, Dominique Dumoulin brandit une pancarte "Hôpital en danger". Pour cette aide-soignante, déléguée syndicale CFDT, c'est l'avenir de l'hôpital qui est en jeu.


« L’ARS nous demande de faire 700 000 euros (780 000 selon l'ARS) d’économies cette année. On veut bien faire des économies sur les loyers, mais on ne voit pas comment on peut réunir 700 000 euros si on ne touche pas au personnel. »

Un manque de personnel

« Il y a déjà un manque de médecins, le recrutement ne se fait pas. Le recrutement des agents des services hospitaliers (ASH) qui font le ménage est en stand-by depuis une semaine. Ca pose un vrai problème dans les services, puisque c’est l’hygiène autour des patients qui est en jeu. »

En juillet, la direction a annoncé aux médecins la fermeture de trois services : l’atelier thérapeutique Ardor et la Villa des Perrières à Dijon, et le centre médico-psychologique (CMP) de Seurre. « On ne sait pas comment le personnel va être dispatché dans les autres structures », dénonce-t-elle.

Marie-Pierre Goncalves est infirmière au CMP de Seurre. Pour elle, la fermeture du service est une catastrophe. « C’est la mort des soins de proximité, puisque nous suivons régulièrement 400 personnes dans tout le val de Saône. »

Risque d'hospitalisations massives

« Ces patients devront aller à Dijon ou à Auxonne, mais il y a très peu de moyens de locomotion dans le val de Saône. Pour eux, c’est une prise en charge qui s’arrête au niveau du suivi psychiatrique et du soutien psychologique. »

« Le risque, ce sont des hospitalisations massives. Nous avons un rôle de prévention, de diagnostic et de soins. S’il n’y a plus de soins, nos patients iront engorger l’hôpital psychiatrique de Dijon. C’est tout à fait contraire à la politique actuelle de soins à domicile. »

Réduire les frais de fonctionnement

Didier Jaffre, le directeur de l'organisation des soins de l'ARS, confirme : la fermeture de ce centre serait une erreur. "Ces 780 000 euros d'économies ne doivent absolument pas être recherchés sur les personnels ou les structures ambulatoires. Ils doivent être recherchés sur des gains en matière d'achats, en matière de fonctions techniques et médico-techniques."

"Par exemple, sur le regroupement des structures ambulatoires. Aujourd'hui, l'établissement paie 600 000 euros de loyers, simplement pour ces petites structures. S'il y avait un regroupement, il y aurait déjà une grosse économie sur les loyers."

Ce mercredi matin, le président du conseil de surveillance de la Chartreuse a annoncé qu'il recevrait les représentants syndicaux le 6 octobre, en présence du directeur de l'hôpital. S'ils n'obtiennent pas d'avancées, les salariés iront manifester directement devant l'ARS.