Santé – Sciences

Dordogne : 6500 signatures pour sauver l'IRM de Bergerac

Par Caroline Pomès, France Bleu Périgord dimanche 16 juillet 2017 à 19:17

L'équipe de la clinique avait affiché un "sos IRM" sur le toit pour le passage du Tour de France à Bergerac.
L'équipe de la clinique avait affiché un "sos IRM" sur le toit pour le passage du Tour de France à Bergerac. © Radio France - Dc Xavier Gouyou Beauchamp

En octobre, un nouvel IRM va être installé à Bergerac, à l'hôpital. Ce qui devrait en faire un deuxième dans la région. Celui de la clinique, vieux de 12 ans devrait déménager dans les locaux du centre hospitalier mais la clinique bloque le dossier. Elle ne veut pas perdre son IRM.

Ils s'étaient pourtant battu pour avoir un 2e IRM mais aujourd'hui les praticiens de la clinique risquent de perdre leur IRM et revenir à une machine pour la région.L'établissement a lancé une pétition qui rassemble 6500 signatures sur le papier et 2300 sur internet pour sauver leur IRM. "Même les pharmaciens du coin nous soutiennent!", explique le chirurgien Xavier Gouyou Beauchamp. Un autre IRM sera en revanche installé d'ici octobre dans les locaux du nouvel hôpital.

La clinique a fait imprimer des affiches et les a collé dans les commerces Bergeracois.  - Radio France
La clinique a fait imprimer des affiches et les a collé dans les commerces Bergeracois. © Radio France - Xavier Gouyou Beauchamp

"Nous sommes les seuls à avoir un système de dépistage du cancer de sein. Si on nous enlève l'IRM, ce service est mis en péril." - Docteur Tran, radiologue libéral à la clinique.

La pétition est exposé chez les boulangers du quartier de la clinique Pasteur.  - Radio France
La pétition est exposé chez les boulangers du quartier de la clinique Pasteur. © Radio France - Docteur Xavier Gouyou Beauchamp

Les deux IRM à l'hôpital

Depuis 12 ans, le seul IRM de la région est à la clinique Pasteur, 50% privé, 50% public c'est à dire que les radiologues de la clinique et de l'hôpital peuvent l'utiliser. Mais pour ce bassin de santé qui s'étend du sud de la Dordogne, au nord du lot et Garonne à l'ouest de la Gironde, qui compte plus de 750 000 personnes, un deuxième IRM était nécessaire. L'Agence régionale de santé a validé l'année dernière le dossier pour un deuxième IRM.

Il sera installé à l'hôpital mais l'ARS demande également à déménager l'IRM de la clinique dans les locaux du centre hospitalier. Impossible pour les radiologues libéraux qui travaillent à la clinique de perdre notamment la proximité avec les chirurgiens même s'ils sont satisfaits d'en avoir un deuxième, ce compromis, c'est trop pour eux. Selon le Docteur Tran, "les locaux ne sont pas bien aménagés. Les patients se croiseraient à moitié dévêtus et ce projet doit être monté à la hâte alors qu'il mériterait qu'on prenne du temps."

"Tous les jours, je vais voir les radiologues pour leur demander de faire un IRM ou de me lire une radio. S'ils partent, ça baissera la qualité de nos soins." - Docteur Xavier Gouyou Beauchamp.

Le radiologue Roger Tran aux côtés du docteur Xavier Gouyou Beauchamp se bat pour sauver l'IRM de la clinique. - Radio France
Le radiologue Roger Tran aux côtés du docteur Xavier Gouyou Beauchamp se bat pour sauver l'IRM de la clinique. © Radio France - Caroline Pomès

L'équipe de la clinique ne lâchera rien et n'acceptera pas ces conditions de l'ARS. Ce qui est regrettable pour le maire de Bergerac, Daniel Garrigue. "Les Bergeracois auront le droit de s'indigner si la clinique n'envoie pas le dossier de validation." Le docteur Tran à jusqu'à fin août pour envoyer ce projet "qu'il n'a pas choisi et qu'il ne gérera pas du tout", selon lui. Sinon, l'IRM de la clinique sera enlevé par l'ARS le 11 octobre prochain et Bergerac reviendrait à sa situation originel avec un IRM 100% public (les radiologues de la clinique ne pourrait pas l'utiliser.)

La directrice de l'hôpital, Corrine Mothe appelle au dialogue. "Depuis une décennie, les médecins de l'hôpital vont à la clinique et 400 patients sont transférés de l'hôpital à la clinique pour passer un IRM, ça pourrait se faire dans l'autre sens."