Santé – Sciences

Dordogne : une soixantaine de médecins demande une deuxième IRM à Bergerac

Par Morgane Schertzinger, France Bleu Périgord lundi 3 octobre 2016 à 19:46

Bergerac n'accueille qu'un seul IRM pour l'instant, installé à la clinique Pasteur.
Bergerac n'accueille qu'un seul IRM pour l'instant, installé à la clinique Pasteur. © Radio France - Morgane Schertzinger - France Bleu Périgord

Une soixantaine de médecins bergeracois demande la création d'une deuxième IRM à Bergerac, dans le Sud de la Dordogne. Une première est déjà installée depuis 2004 à la clinique Pasteur, mais reste insuffisante pour traiter tous les patients que draine la ville.

Les médecins bergeracois s'inquiètent pour la prise en charge de leurs patients. Avec une seule IRM dans la ville de Bergerac, installée à la clinique Pasteur, le délai d'attente peut parfois être un peu plus longs que prévu. Et pourtant, l'IRM leur est aujourd'hui plus que nécessaire.

Maintenant, une intervention chirurgicale avec un peu d'importance, on n'y vas pas sans une IRM au préalable.
— Xavier Beauchamps, chirurgien-orthopédiste

REPORTAGE | C'est à la clinique Pasteur de Bergerac que se trouve la seule IRM du bergeracois.

Des délais plus longs

A Bergerac, l'IRM se partage entre les patients de la clinique Pasteur et ceux de l'hôpital. Mais un seul scanner ne suffit plus, selon les médecins du pôle de santé de Bergerac. "On draine un bassin de population de 175 000 personnes, sur le Sud Dordogne, une partie du Lot-et-Garonne et de la Gironde, pour seulement une IRM", explique le médecin radiologue Roger Tran.

Les délais d'attente pour passer une IRM s'allongent donc. "Si y'a deux mois d'attente pour un patient, ça remet l'intervention chirurgicale parfois vitale, comme dans le cas de cancers, à bien plus tard", raconte Xavier Beauchamps, chirurgien-orthopédiste.

Transférer l'IRM à l'hôpital ?

Les patients pourraient se rendre dans une autre clinique pour consulter. Mais la plupart sont âgés et peinent à se déplacer seuls en voiture. C'est pourquoi le docteur Tran insiste : "Développer une deuxième IRM à Bergerac est totalement justifié pour prendre en charge le bassin de population."

Une deuxième IRMdans le Sud Dordogne permettrait de fluidifier le passage des patients. Mais le projet n'est pour l'instant pas vraiment dans les cartons de l'ARS. Dans son plan de financement régional de santé, elle privilégierait plutôt le transfert de l'actuel IRM de la clinique vers l'hôpital de Bergerac, au plus près des urgences. Nicolas Portolan est le directeur de l'offre de soin et de l'autonomie de l'ARS. Ecoutez-le au micro France Bleu Périgord :

ECOUTER | Nicolas Portolan, directeur de l'offre de soin à l'ARS

Ce projet ne séduit pas les médecins bergeracois. "Ça ne réglerait en rien le problème des délais d'attente", s'exclame Xavier Beauchamps. "Le problème de l'accès aux soins se réglera avec une deuxième machine, en plus, et pas à la place de celle qui existe."

Au-delà d'une meilleure prise en charge des patients, les médecins souhaitent continuer à pouvoir accueillir des internes en radiologie. "Sans IRM à la clinique, nous ne pourrons plus former de jeunes médecins ici", déplore Roger Tran.

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