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À Montpellier, le projet d'une unité mobile de consommation de drogue pour réduire risques et nuisances

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Par , France Bleu Hérault

À Montpellier, des habitants et associations travaillent à la création d'une unité mobile de consommation destinée aux usagers de drogue qui serait tenue car des professionnels. Une réponse notamment aux problèmes liés à la toxicomanie qui empoisonne la vie de certains quartiers.

L'association "Réduire les risques" fournit aux usagers de drogue du matériel d'injection stérile et des containers de collecte pour les seringues usagées notamment.
L'association "Réduire les risques" fournit aux usagers de drogue du matériel d'injection stérile et des containers de collecte pour les seringues usagées notamment. © Radio France - Marie Ciavatti

Comment mieux prendre en charge la toxicomanie ? Réduire les risques liés à la  consommation de drogue et les nuisances qui y sont liées pour les riverains ? À Montpellier, un collectif citoyen travaille à la création de ce qu'on appelle "une unité mobile de consommation à moindre risque". Un bus destiné aux usagers de drogue, qui leur permette de venir consommer avec accès à du matériel propre, encadrés par des personnels spécialisés dans les problèmes d'addiction. 

Le collectif "Safe Control" est né l'an dernier dans le quartier Figuerolles, où le trafic a pignon sur rue, où des seringues sont chaque jour retrouvées dans les parcs ou la rue. Il va travailler main dans la main avec le service addictologie du CHU et surtout les centres qui accompagnent au quotidien des usagers.

Matériel d'injection

Rue Fouques, à quelques centaines de mètres du Faubourg Figuerolles, le siège de l'association "Réduire les risques". Tom, 24 ans, posté devant la porte d'entrée, liste le matériel dont il besoin. Seringues, désinfectant, container de collecte pour le matériel usagé... Sa consommation ? "Cocaïne, héroïne, skenan (sulfate de morphine), kétamine..." 

"Je viens chercher de quoi pouvoir m'injecter proprement. J'ai découvert cet endroit il y a quelques mois. C'est pratique mais c'est à double tranchant, ça permet de faire ça proprement. En même temps ça peut inciter certain à continuer". Ce lieu lui donne aussi accès à des douches, lessives et un suivi médical et social. 

Aux portes de la Boutik

Aux yeux de tous

Cette association installée ici depuis 1998 gère un Caarud, un centre d'accueil et d'accompagnement à la réduction des risques des usagers de drogue. Elle fait aussi de la prévention et demande aux toxicomanes de prendre avec eux un petit container pour collecter leur matériel usager. Sa directrice Monique Douguet milite pour une unité mobile de consommation.

"Au moins ceux qui sont dans rue auraient un lieu où aller. Au lieu de s'injecter aux yeux de tous... Il y a des gens qui passent, des enfants, c'est très désagréable pour tout le monde, les gens qui passent et l'usager. Pour l'hygiène c'est la pire des choses dans la rue. Au moins ils auraient un lieu où ils sont en sécurité et avoir des professionnels autour, qui ont été formés à l'accompagnement.

Au lieu de s'injecter aux yeux de tous..." Monique Douguet, directrice de l'association "Réduire les risques"

"C'est pour ça que je suis plus favorable à un espace mobile. Avec un espace fixe, on aurait toujours des voisins qui ne seraient pas d'accord. Un bus qui tourne ça stigmatiserait moins un quartier. Et puis les usagers n'ont pas à traverser la ville pour aller dans ce lieu. Ils peuvent attendre la tournée du bus. Ce qui pour moi est plus sécurisant pour eux et pour tout citoyen.

Elle a déjà une idée précise de ce à quoi pourrait ressembler cette unité mobile, plans à l'appui. "Un car type Hérault transport, avec huit espaces individuels de consommation et ici un poste de soin." 

Plan de l'intérieur du car unité mobile de consommation, imaginé par l'association "Réduire les risques"
Plan de l'intérieur du car unité mobile de consommation, imaginé par l'association "Réduire les risques" - Caarud "Réduire les risques"

Santé et sécurité publique

"Mieux vaut aider les gens qui en ont besoin plutôt que de laisser faire n'importe quoi. C'est un problème de santé publique comme de sécurité publique. Une seringue laissée dans la rue, c'est les deux. Et puis certains habitants me disent "ça me gêne de les voir s'injecter dans la rue". Là au moins ils ne les verraient plus. Et s'il voit quelqu'un faire, ils peuvent lui dire "pas ici. Va au bus". Ils auront une réponse à donner. Parce que le problème est aussi que les gens sont mal à l'aise de voir des personnes en souffrance."

Parole d'usagers

Une solution validée par certains des usagers eux même. "À Montpellier, il n' y a pas une rue où l'on ne trouve pas du matériel usagé au sol, ça m'énerve. Y en a qui n'ont pas d'hygiène, pas de prévention" dit Sébastien a 53 ans, dont trente au moins de toxicomanie. "Moi j'essaie de m'injecter dans des squats, dans certains campements sauvages. Mais un bus ce serait plus hygiénique, plus propre. Ce serait mieux pour tout le monde". 

Hausse du nombre d'usagers

800 personnes sont passées l'an dernier par le local de la rue Fouques. L'autre Caarud en a compté 1.400. Et la tendance inquiète : les acteurs de terrain notent une hausse du nombre d'usagers de drogue et un changement de la consommation ces dernières années. 

"Il y a eu un tournant en 2014-2015, explique Monique Douguet. On est passé d'une consommation d'opiacés (héroïne) à des stimulants comme la cocaïne ou les amphétamines. La cocaïne et le crack, c'est 80% de la consommation aujourd'hui". Elles estime à 2.000 le nombre d'usagers quand le service d'addictologie du CHU parle de 1.300 à 1.700 consommateurs.

Une expérience en 1994

Pour l'instant il existe deux salles de consommation en France : à Paris et Strasbourg. Il  faut se rappeler qu'une "salle de shoot" a fonctionné à Montpellier en 1994 et 1995, bien avant les projets d’ouverture annoncés en 2016 par  Marysol Touraine, alors ministre de la santé. L'association Asud-Montpellier distribuait alors seringues et kits de prévention aux toxicomanes. Le lieu finira par fermer après le malaise d'une  adolescente en juillet 1995.

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