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Santé – Sciences

Drôme : après la mort d'un bébé in utero, une marche blanche pour la réouverture de la maternité de Die

samedi 2 mars 2019 à 11:46 - Mis à jour le samedi 2 mars 2019 à 12:27 Par Alexandre Berthaud et Tommy Cattaneo, France Bleu Drôme Ardèche et France Bleu

Environ 500 personnes ont manifesté devant l'hôpital de Die samedi 2 mars. Ils demandent la réouverture de la maternité, 15 jours après la mort d'un bébé in utero. Les parents originaires de Chatillon-en-Diois ont initié cette marche blanche.

Marche blanche pour la réouverture de la maternité de Die. Avec les fleurs jaunes, Fabrice Martinez, papa du bébé mort in utero mi-février.
Marche blanche pour la réouverture de la maternité de Die. Avec les fleurs jaunes, Fabrice Martinez, papa du bébé mort in utero mi-février. © Radio France - Tommy Cattaneo

Die, France

Environ 500 personnes ont manifesté devant l'hôpital de Die samedi 2 mars. Ils demandent la réouverture de la maternité, 15 jours après la mort d'un bébé in utero. Céline et Fabrice, les parents originaires de Chatillon-en-Diois, ont initié cette marche blanche. Ils ont pris la parole à la fin de la marche pour raconter le soir du drame, quand ils ont perdu Aimé, leur bébé. Pour eux le protocole mis en place pour pallier à la fermeture de la maternité ne suffit pas. Ils vont d'ailleurs porter plainte, pour tenter de "stopper la fermeture des maternités partout en France".

Le système de remplacement de la maternité en question

Lundi 18 février, la femme de Fabrice Martinez perd son bébé, in utero, après huit mois d'une grossesse à risques. Le couple avait suivi le protocole mis en place pour les habitants du Diois depuis la fermeture de la maternité de Die le 31 décembre 2017. Fabrice et sa femme ont alerté les secours à 19h45 mais ils ne sont arrivés à l'hôpital que trois heures plus tard. Le bébé n'a pas survécu et le couple a dénoncé un protocole déficient. Aucun médecin ou sage-femme correspondant SAMU n'a été envoyé au domicile du couple.

"Avec une maternité à Die, j'y étais en dix minutes", nous confiait Fabrice Martinez le 19 février, estimant que le système de remplacement de la maternité de Die est "un fiasco total". "On ne me rendra pas mon enfant", ajoutait-il, conscient qu'avec le décollement placentaire dont a souffert sa femme, la survie du bébé n'était de toute façon pas garantie, même avec une maternité plus proche.

Avec sa femme ils ont donc décidé d'organiser cette marche blanche. Ils sont soutenus par un autre couple habitant dans le Diois, en février la femme avait dû accoucher de son enfant sur la banquette arrière de sa voiture, au bord de la route. Avec la fermeture de la maternité de Die, il faut plus d'une heure de transport pour rejoindre celles de Montélimar ou Valence. Un protocole a été mis en place, mais il fonctionne mal selon Fabrice Martinez. Une enquête a été ouverte par l'ARS.

"Ils ne mènent pas le bon combat"

Le collectif de défense de l'hôpital de Die espère donc que cette mobilisation fera réagir la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, que celle-ci rouvre les discussions concernant l'existence de la maternité à Die. Mais la ministre s'était déjà montrée inflexible dans un autre dossier, celui de la maternité du Blanc, dans l'Indre.

Plusieurs spécialistes abondent dans le sens d'Agnès Buzyn, comme Philippe Deruelle, secrétaire du collège national des gynécologues et obstétriciens français. Interrogé sur France Info samedi 2 mars, il estime que "chaque fermeture doit être accompagnée", mais regrette que "les raisons pour lesquelles ils (les manifestants de Die) manifestent ne sont pas les bonnes". "On sait que ces petites maternités sont dangereuses il y a des données scientifiques qui le montrent. _On aurait pu par le passé organiser des marches blanches parce qu'il y a eu des accidents dans ces maternités où la sécurité n'est pas assurée_".

Die, dans la Drôme - Radio France
Die, dans la Drôme © Radio France - Denis Souilla