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Santé – Sciences

DysApp : un jeu vidéo poitevin pour détecter dyslexie, dyspraxie et autres "dys" dès l'école primaire

lundi 27 mars 2017 à 6:00 - Mis à jour le lundi 27 mars 2017 à 8:59 Par Rivière Isabelle, France Bleu Poitou et France Bleu

Dyslexie, dysgraphie, dyspraxie : des chercheurs de l'Université Poitiers planchent sur un jeu vidéo sur tablette pour détecter les élèves atteints de troubles de l'apprentissage dès le CM1. Le projet intitulé DysApp sera testé dans les écoles poitevines dès 2018, en lien avec les profs et médecins.

A l'écran, la copie d'un texte écrit par un élève "dys" âgé de 10 ans. Aujourd'hui, et grâce à un suivi adapté, il est en math sup.
A l'écran, la copie d'un texte écrit par un élève "dys" âgé de 10 ans. Aujourd'hui, et grâce à un suivi adapté, il est en math sup. © Radio France - Isabelle RIVIERE

Poitiers, France

Des chercheurs de l'Université de Poitiers viennent de décrocher plus de 800 000 euros de subventions de la caisse des dépôts et consignations pour un projet de jeu vidéo visant à détecter les troubles en dys dès l'école primaire.

Le projet DysApp va être développé ces 3 prochaines années par des enseignant-chercheurs du laboratoire CeRCA de l’Université de Poitiers, en lien avec 13 établissements scolaires, l'association HandicapEcole, l'École d'orthophonie de la faculté de médecine de Poitiers, l'Institut de formation en ergothérapie, l'École supérieure du professorat et de l'éducation de Poitiers, le Cnam Poitou-Charentes, l’éditeur de jeux vidéo Tralalère et avec le soutien de la Caisse des dépôts et consignations.

Présentation du projet DysApp aux différents partenaires. Dans la salle, des médecins, des enseignants, des parents d'enfants Dys. - Radio France
Présentation du projet DysApp aux différents partenaires. Dans la salle, des médecins, des enseignants, des parents d'enfants Dys. © Radio France - Isabelle Rivière

Le projet intitulé DysApp vient d'être présenté aux différents partenaires : représentants académiques, enseignants, médecins, spécialistes, et autres associatifs (Association DFD Dyspraxie France Dys dans les Deux-Sèvres par exemple). Il s'agit de regrouper les synergies pour proposer un produit optimal : ce jeu doit répondre à toute une série d'exigences et doit être utilisable dans différents milieux, scolaire, familial et médical. Et le porteur de projet insiste bien sur l'aspect complémentaire de l'outil. Il ne s'agit aucunement de se substituer à un diagnostic.

Nom de code : "DysApp"

Cette application, ils ont décidé de l'appeler DysApp. "Ils", c'est ce groupe de chercheurs, emmené par Eric Lambert, enseignant-chercheur à l'université de Poitiers. "Dys", comme la racine lexicale de tous ces troubles de l'apprentissage : dyslexie, dyspraxie, dysphasie, dysgraphie, dysorthographie. Bref, tout ce qui rend difficile l'assimilation de la lecture, de l'écriture, du langage, ou même la réalisation de gestes a priori simples, comme par exemple, celui de mettre son manteau pour aller en récré.

5% de français atteints de dys

La litanie des Dys est longue et quand les dys s'associent par paire, c'est encore pire pour celui qui en souffre.

En France, 5 à 6% de la population est diagnostiquée dys. Et l'idée des chercheurs poitevins c'est de mettre au point un outil qui permette de détecter ces troubles moteurs et d'acquisition du langage écrit, grâce à un produit ludique, objectif et fiable.

Un jeu vidéo, mais très sérieux

Ludique ? Parce qu'il est inconcevable de donner des exercices supplémentaires à des élèves déjà en difficulté. Les jeux vidéos, tous les enfants aiment ça. Ce sera donc le moyen ! Mais ce ne sera pas un outil de diagnostic, juste un moyen complémentaire offert aux enseignants pour repérer les élèves souffrant de dys en classe, de manière à les orienter ensuite vers un professionnel médical : orthophoniste, orthoptiste, neurologue etc.

"Comme tout jeu vidéo, il y aura des paliers à passer. Histoire de capter l'intérêt du joueur", explique Eric Lambert, le porteur de projet.

A chaque exercice correspondra un palier supérieur. Et chaque trajectoire de jeu permettra de révéler ou non un trouble précis, et son niveau d'impact. Avec ce jeu, le professeur sera en mesure de faire la différence entre de simples difficultés scolaires et des dys, des problèmes d'apprentissage liés à un ou plusieurs dys.

Je conçois, tu testes, nous modifions...

L'objectif de ces chercheurs poitevins est d'arriver à un jeu vidéo objectif, fiable et cohérent. Objectif ? Parce que, comme tout projet scientifique, l'appli DysApp sera imaginée, et mise au point par des chercheurs, en lien avec les partenaires du projet. Et chacun a son rôle :

  • Les chercheurs de l'Université de Poitiers envisagent un exercice en fonction de ce qu'ils veulent démontrer, chaque exercice permettant d'accéder à un niveau supériieur histoire de corser un peu l'interêt du jeu vidéo.
  • Le rectorat de Poitiers pour sa part choisit les établissements d'expérimentation dans l'académie: collèges ruraux et urbains. Il se chargera aussi d'assurer la formation des professeurs dans les écoles.
  • Les testeurs : élèves atteints de dys, leurs parents, leurs enseignants, les praticiens qui les suivent ainsi que les associations locales, enfin, testeront les limites des programmes.

Les testeurs feront remonter ensuite leurs avis et critiques de manière à ce que les chercheurs modifient le jeu. Quitte à abandonner certaines pistes.

Tralalère s'occupera du "Game design"

Voilà pour le fond. Pour la forme, c'est la société TRALALERE (spécialisée dans la création de ressources numériques éducatives), qui va se charger du "Game design", comprenez que c'est elle qui va traduire les tests et exercices élaborés par les chercheurs en jeu vidéo.

"Pour nous c'est une gageure, même si nous avons l'habitude de créer du contenu pédagogique en milieu éducatif, car nous allons devoir prendre en compte tout une série d'exigences, tout une série de paramètres. Ce n'est pas qu'un jeu !", souligne Deborah Elalouf, PDG de Tralalère.

Au lundi 27 mars 2017, on n'en est qu'au début de la phase de développement du jeu. Pour l'instant, elle travaille sur un prototype. Il appartiendra ensuite aux enseignants, enfants, parents et praticiens de tester le jeu pour permettre de l'améliorer. Pour le coup, l'expérimentation DysApp démarrera en janvier 2018 dans les écoles et collèges de la Vienne, dans les classes du CM1 à la 6ème, et ce, pour une durée de 3 ans.