Santé – Sciences

Ebola : décès d'une étudiante en Sierra Leone quelques heures après l'annonce de la fin de l'épidémie

Par Julie Guesdon, France Bleu vendredi 15 janvier 2016 à 8:31 Mis à jour le vendredi 15 janvier 2016 à 11:41

L'OMS avait annoncé jeudi la fin de l'épidémie du virus Ebola
L'OMS avait annoncé jeudi la fin de l'épidémie du virus Ebola © Maxppp

Un cas d'Ebola a été déclaré en Sierra Leone, quelques heures à peine après l'annonce de la fin de l'épidémie en Afrique de l'Ouest par l'Organisation mondiale de la Santé. La victime, une étudiante décédée à une date non indiquée, a été testée positivement au virus.

La Sierra Leone a annoncé enquêter sur un décès suspect d'Ebola après un prélèvement positif dans le nord de son territoire jeudi, quelques heures après la proclamation officielle de la fin de l'épidémie en Afrique de l'Ouest, la plus grave depuis l'identification de ce virus en 1976. Un cas confirmé vendredi matin par l'OMS.

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La déclaration par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) de l'arrêt de "toutes les chaînes connues de transmission" de l'épidémie d'Ebola au Liberia comme dans l'ensemble de la région avait été accueillie avec soulagement mais prudence par les pays touchés et la communauté internationale.

Une étudiante décédée à une date non indiquée et positive au virus

Quelques heures plus tard la Sierra Leone annonçait un décès suspect d'Ebola à Magburaka, dans le district de Tonkolili (nord). Un premier prélèvement a été testé positif jeudi, selon un haut responsable au ministère sierra-léonais de la Santé, joint par téléphone par l'AFP.

Selon ce responsable ayant requis l'anonymat, il s'agit d'une étudiante décédée à une date non indiquée. Des analyses complémentaires doivent être effectuées et "les résultats complets seront portés à la connaissance du public d'ici à vendredi", a-t-il déclaré, refusant de fournir l'identité l'âge et l'établissement où était inscrite la victime.

Le porte-parole du gouvernement sierra-léonais, Abdulai Bayraytay, a également fait état d'un décès suspect d'Ebola enregistré dans le district de Tonkolili. Il a aussi évoqué, sans fournir de détails, les investigations poussées que doit effectuer sur place une équipe dépêchée de Freetown, comprenant des responsables sanitaires sierra-léonais, des membres de l'OMS et des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

Même si l'OMS n'avait plus recensé de patient atteint du virus depuis 42 jours, le risque persiste encore plusieurs mois : le virus peut subsister dans certains liquides corporels de survivants, notamment le sperme où il peut rester jusqu'à neuf mois, voire un an.

Tirer des enseignements de cette épidémie

Médecins sans Frontières (MSF), un des principaux acteurs de la lutte anti-Ebola, a appelé à "en tirer les leçons". La mobilisation "n'a pas seulement été limitée par le manque de moyens internationaux, elle l'a également été par le manque de volonté politique de déployer rapidement une aide", a souligné la présidente de l'ONG, Joanne Liu. Selon l'Unicef, "beaucoup de gens continuent à souffrir, en particulier les enfants", dont plus de 22.000 ont perdu au moins un des deux parents.

La maladie a bouleversé le mode de vie des sociétés, par la recommandation d'éviter tout contact entre vivants, mais aussi avec les morts - une interdiction mal acceptée par des populations attachées aux rites funéraires impliquant le lavage des corps.

Dépassés, les Etats aux services de santé sinistrés ont multiplié les mesures d'exception, comme la quarantaine imposée à des régions entières. La Sierra Leone a ainsi confiné tous ses habitants pendant trois jours, en septembre 2014 puis en mars 2015.

"Une combinaison mortelle d'inaction et de méfiance a fait de la contamination d'un petit garçon en Guinée rurale le patient zéro de ce que beaucoup de spécialistes de la santé et de dirigeants politiques considèrent comme la plus grande urgence de santé publique depuis le sida", a résumé le Dr Ed Wright, enseignant en biomédecine à l'université britannique de Westminster.

Face à des décisions jugées autoritaires et des messages de prévention initiaux mal formulés, promettant une mort quasi inéluctable, les populations ont souvent protesté.

C'est en Guinée que ces réactions se sont manifestées le plus brutalement: en septembre 2014, huit membres d'une équipe de sensibilisation étaient massacrés à Womey, dans le Sud forestier, épicentre originel de l'épidémie. 

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