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Santé – Sciences

Emprunts toxiques confirmés au CHU de Saint-Étienne : la psychiatrie toujours sans issue

jeudi 29 novembre 2018 à 15:02 Par David Valverde, France Bleu Saint-Étienne Loire

Après l'appel du CHU rejeté par la justice, l’hôpital stéphanois va devoir continuer de rembourser un emprunt qui limite ses investissements et qui passera à taux variable en 2021. Les services de psychiatrie, en grève depuis mi-septembre, craignent que cela conforte la direction dans sa politique.

Une vingtaine de manifestants ce jeudi matin devant la CPAM de la Loire et des slogans contre la Ministre.
Une vingtaine de manifestants ce jeudi matin devant la CPAM de la Loire et des slogans contre la Ministre. © Radio France - DV

Saint-Étienne, France

Cela fait maintenant 2 mois et demi que le service psychiatrie de L’Hôpital de Saint-Étienne est en grève. Les services tournent mais la mobilisation se poursuit pour obtenir plus de moyens et permettre d'enrayer une spirale négative débutée au début de l'année avec le rapport accablant de la Contrôleuse générale des lieux de privation de libertés. Depuis 18 mois, 18 psychiatres ont quitté leur poste, généralement lassés par les conditions d'exercice de leur métier, au détriment des malades.

Pour l’hôpital, les capacités d'investissements matériels et humains sont amputés par les emprunts toxiques contractés il y a 10 ans par la direction de l'époque.  Et la décision de la Cour d'appel de Versailles rendue en début de semaine n'arrange rien : elle confirme que l'Hopital doit toujours 115 millions d'euros à la banque Dexia et que les taux variables qui s'appliqueront à partir de 2021 sont on ne peut plus légaux.

"Un discours qu'on ne comprend pas"

Une vingtaine de personnes était rassemblée ce jeudi devant la CPAM de Saint-Étienne à l'occasion de son inauguration pour répéter leur colère et leurs inquiétudes. Pour interpeler aussi la Ministre de la Santé Agnès Buzin dont on disait qu'elle aurait pu faire le déplacement. Déplacement finalement annulé. Elle reste donc une cible privilégiée des grévistes comme Isabelle infirmière en psychiatrie : "C'est un discours qu'on ne comprend pas. C'est une façon de voir la politique de santé dans laquelle on ne se retrouve absolument pas. Au-delà des propositions, c'est aussi une attitude. Ce mépris constaté à chaque fois qu'elle a pu rencontrer des gens. Ce déni des mobilisations de personnels qui couchent sur les ronds points, sur les trottoirs de puis des mois, qui ont fait des grèves de la faim. On est très en colère contre elle. Je ne sais pas si elle a déjà eu des patients où si elle a tout oublié mais on ne sent vraiment pas qu'elle pourrait être le porte-étendard de notre cause." 

"Mon moteur c'est ce mépris"

Ce vendredi matin à 8h30, le Directeur Général de l’Hôpital Michael Galy répondra aux questions de France Bleu, alors qu'il doit rendre visite aux services hospitaliers la semaine prochaine. Nous avons demandé à Olivia et Nicolas, infirmiers en psychiatrie, quel message ils souhaiteraient lui adresser.

  • Nicolas : "Il faut qu'il prenne ses responsabilités et qu'il vienne avec nous porter ces revendications pour un hôpital plus humain capable de prendre en soins les personnes correctement, avant de savoir si on rembourse nos emprunts. Chacun doit se positionner en fonction de ses valeurs personnelles. Mon moteur c'est ce mépris et ce silence de la part de nos tutelles. Tous ces chiffres qui ne veulent plus rien dire et qui nous sont opposés, me donnent encore plus l'envie de me battre."

 

  • Olivia : "Il faudrait défendre l'hopital public et la qualité des soins et arrêter cette propagande qui consiste à annoncer des chiffres. Il va venir visiter nos servivces, mais qu'il vienne expliquer aux gens, à ceux à qui on ferme la porte. Ceux qui sont en difficulté et auxquels on ne peut pas répondre et qu'on met sur une liste d'attente. Qu'il vienne se confronter à ce qu'on vit tous les jours et après il pourra parler et nous expliquer comment faire. Il y a une politique du chiffre, mais quand il y a de l'humain est ce que ce sont les chiffres qui sont les plus importants ?"