Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

En Charente-Maritime, des centres de consultation Covid pour sécuriser la prise en charge des patients

- Mis à jour le -
Par , France Bleu La Rochelle
La Rochelle, France

Pour sécuriser la prise en charge des cas les moins graves de covid-19, les médecins généralistes de Charente-Maritime ont monté 17 centres de consultation spécialisés. Mais six de ces centres sont contraints de fermer, faute d'accord financier de l'ARS sur la rémunération des soignants.

Jennifer est aide à domicile. Elle vient consulter car elle a eu de la fièvre et des maux de tête. Elle s'inquiète aussi pour les personnes fragiles qu'elle visite.
Jennifer est aide à domicile. Elle vient consulter car elle a eu de la fièvre et des maux de tête. Elle s'inquiète aussi pour les personnes fragiles qu'elle visite. © Radio France - Julien Fleury

Si les cas graves de Covid-19 doivent être admis à l'hôpital, la maladie peut le plus souvent être traitée par les médecins de ville. En Charente-Maritime, les généralistes se sont organisés pour ouvrir 17 centres de consultation spécialisés. Les patients ne peuvent pas s'y rendre directement, il doivent être adressés par leur médecin traitant. Ces centres permettent une consultation sécurisée, sans contact avec le reste de la patientèle, et avec tous les moyens de protection disponibles.

L'idée est bonne, mais le financement a du mal à suivre. Quatre centres (Saintes, Jonzac, Burie, Surgères) sont contraints de fermer ce vendredi soir, en plus de celui de Royan qui a déjà fermé. Les patients suspects seront renvoyés vers les urgences hospitalières. La faute, selon les médecins, à un désaccord avec l'ARS sur la rémunération des vacations des paramédicaux. 12 euros seulement par acte, sachant qu'une négociation nationale a lieu en ce moment, et pourrait déboucher sur une revalorisation.

Quatre centres ferment déjà ce vendredi

En attendant, les médecins auraient souhaité que les soignants de ces centres soient réquisitionnés, ce qui permettrait d'appliquer un forfait plus rémunérateur pour ces vacations. Mais pour l'ARS, cela ne se justifie pas. "Aujourd'hui nous ne sommes pas dans une situation d'afflux massif de patients, donc on est coincé" assure Eric Morival, directeur départemental de l'ARS, qui cite le cas du centre de Surgères, très peu fréquenté. 

De leur côté, les généralistes espèrent que les collectivités locales prennent le relais, elles qui ont déjà beaucoup œuvré pour armer ces centres Covid. C'est déjà le cas à Saint-Sauveur-d'Aunis, qui devait fermer mais va pouvoir maintenir ses consultations pour deux semaines supplémentaires. Cela fait donc treize centres toujours ouverts, comme celui qui s'est créé le 1er avril dans le centre-ville de La Rochelle.

La téléconsultation ne suffit pas

Parmi les quatre patients admis ce jeudi, Manon. Cette jeune femme de 30 ans a patienté presque une semaine avant de consulter. Pourtant elle présente bien des signes rappelant le covid-19 : "la nuit a été compliquée, entre crise d'angoisse et difficultés à respirer. Avec en plus, une pointe au cœur qui ne passait pas ce matin. J'avais l'impression qu'on m'écrasait la cage thoracique."

Après une téléconsultation avec son médecin traitant, la voilà orientée vers un centre de consultation covid. De permanence, le docteur Etienne Lemaire, équipé des pieds à la tête. Tunique, masque, visière en plexiglas. Et un bon vieux stéthoscope pour écouter les bronches : "la téléconsultation a ses limites. Un covid sévère, cela donne une pneumopathie, donc ça s'entend. Par l'intermédiaire d'un écran, ce n'est pas facile. Donc on a besoin d'examiner les patients."

Traquer la pneumonie

Pour Manon, heureusement, pas de pneumonie en vue : "je rentre chez moi ! Rien d'alarmant. Pas besoin d'aller à l'hôpital, ou de faire examens complémentaires..." Même si une aggravation des symptômes ne peut pas être exclue, comme le rappelle à chaque patient le docteur Lemaire, l'un des 50 médecins rochelais volontaires pour faire tourner ce centre de consultation.

Tunique, charlotte, visière en plexiglas, et bien sûr un masque FFP2 : les médecins du centre covid bénéficient d'un maximum de protection. Et évitent ainsi aux patients suspects de se mélanger avec le reste de la patientielle.
Tunique, charlotte, visière en plexiglas, et bien sûr un masque FFP2 : les médecins du centre covid bénéficient d'un maximum de protection. Et évitent ainsi aux patients suspects de se mélanger avec le reste de la patientielle. © Radio France - Julien Fleury

En revanche, le docteur Lemaire ne prescrit pas de tests PCR, permettant de savoir si on est porteur du virus. A la grande surprise de Jennifer, autre patiente présentant elle aussi des symptômes du covid-19 : "je suis aide à domicile, donc j'aimerais bien savoir. Surtout pour les personnes chez qui je travaille." Des personnes fragiles, que Jennifer ne reverra pas avant un moment : elle est arrêtée pour deux semaines.

Des tests pas forcément fiables

Le problème pour Etienne Lemaire, c'est que ces tests PCR génèrent beaucoup de faux négatifs : "la fiabilité est douteuse, explique-t-il à Jennifer. Donc ce qui sera intéressant quand ce sera disponible, ce sera de vous faire une sérologie, pour voir si vous avez été vraiment en contact, et surtout si vous êtes immunisée."

Etienne Lemaire s'est porté très rapidement volontaire, pour des vacations dans ce centre covid. Le jeudi est justement un jour de congé. "L'un des buts, c'était de pouvoir continuer à avoir une activité normale dans nos cabinets, de façon à ne pas mélanger les patients suspects covid et les autres." Sachant que beaucoup de patients fragiles n'osent plus consulter leur généraliste, ce qui peut avoir des conséquences graves en termes de santé.

Les consultations des centres covid permettent de s'assurer que les poumons des patients suspects ne sont pas atteints par une pneumopathie, nécessitant une hospitalisation. Pour cela, il faut écouter les bronches, impossible en téléconsultation.
Les consultations des centres covid permettent de s'assurer que les poumons des patients suspects ne sont pas atteints par une pneumopathie, nécessitant une hospitalisation. Pour cela, il faut écouter les bronches, impossible en téléconsultation. © Radio France - Julien Fleury

Rassurer les autres patients

"Cela permet de dériver les patients contaminants vers un centre spécialisé, confirme le médecin François Tricot, l'un des fondateurs du centre rochelais. Et d'autre part, de soulager éventuellement le centre 15 et l'hôpital, au cas où l'afflux serait très important. Heureusement, ce n'est pas le cas actuellement, et on s'en réjouit tous !" Depuis son ouverture le 1er avril, ce centre covid rochelais voit seulement défiler entre un et quatre patients par jour.

En Charente-Maritime, ces centres ont été créés avec très peu d'aide de l'ARS Nouvelle-Aquitaine, insiste François Tricot. Les vacations des paramédicaux chargés d'assister les médecins sont peu ou pas rémunérées. Etre payé, ce n'est pas vraiment la préoccupation de Nicole, infirmière volontaire elle aussi : "je suis une ancienne infirmière de réanimation, et quand je vois tout ce qui se passe en réa, je me dis que si on peut essayer de faire quelque chose en amont, c'est bien

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu