Santé – Sciences

En Côte-d'Or, les médecines alternatives ont la cote

Par Marion Bargiacchi, France Bleu Bourgogne dimanche 28 août 2016 à 17:16

Ces formes noires dans le bocal : des sangsues thérapeutiques.
Ces formes noires dans le bocal : des sangsues thérapeutiques. © Radio France - Marion Bargiacchi

Nous sommes allés à la rencontre de trois professionnels. Ils s'occupent de votre santé, pourtant leurs disciplines ne sont pas reconnues par l'Ordre des Médecins. Ils sont hirudothérapeute, magnétiseur ou adepte de la médecine chinoise.

À Chevigny, Olivier utilise les sangsues

Installé depuis peu, Olivier Ferté s'est formé à la naturopathie puis s'est spécialisé en hirudothérapie avec des médecins suisses. La méthode consiste à utiliser des sangsues sur le corps du patient, là où ça fait mal. Ses sangsues viennent d'un laboratoire situé à Eysines, une ville de la métropole bordelaise. La traçabilité est parfaite, les risques infectieux quasi-nuls "à moins d'une mauvaise manipulation de l'animal". Des bestioles qui ressemblent à des vers de terre-vampires et qui soignent des tas de problèmes différents : arthrose, tendinites, rétinopathie, troubles de la circulation sanguine, dermatologie... la liste est longue. Selon la pathologie, il utilise une à huit sangsues.

Les sangsues sucent votre sang pendant 1 heure à 1 heure et demi. Ça ne fait pas mal car les sangsues vous envoient un anesthésiant. Une fois repues, elles se détachent d'elles-mêmes. Avec leur salive, elles injectent de nombreuses substances qui décongestionnent, décontractent, un côté euphorisant aussi car il y a de la sérotonine, l'hormone du bonheur... qui permet même de traiter certains patients dépressifs.

L'hirudothérapie était remboursé par la sécurité sociale jusqu'en 1972. Aujourd'hui, une sangsue coûte 10€, Olivier les fait payer au prix d'achat et facture son savoir-faire. Une séance vous coutera entre 80 et 120€.

À Fontaine-lès-Dijon, Isabelle vous soigne... avec ses mains

Isabelle est installée au Vernon à Fontaine-lès-Dijon, depuis douze ans. Douze ans qu'elle est devenue magnétiseuse et qu'elle soigne les autres avec ses mains et son énergie. Sa salle d'attente est toujours plein à craquer : problèmes d'anxiété, maladies de peau ou tentatives pour arrêter le tabac... ils sont tous là pour régler un problème que la médecine traditionnelle n'a pas su soigner.

Dans la salle, une maman, Cécile* et sa petite fille de huit ans. Elle ne souhaite pas donner son vrai prénom parce qu'avoir recours à ce genre de médecine alternative, c'est encore un peu tabou. "Ma fille souffre d'un molluscum (une maladie de peau) depuis 9 mois. On m'a dit que ça passerait en 3 à 6 mois mais la médecine traditionnelle ne trouve pas de solution en fait. J'ai consulté mon médecin traitant, un dermatologue, un homéopathe... l'homéopathe ce n'est pas remboursé, c'est 50€ de ma poche plus un traitement de 100€. Mais depuis deux mois, il n'y a eu aucune amélioration. Le dernier recours c'est la médecine parallèle."

La magnétiseuse a prévu quatre à cinq séances pour venir à bout de ce mal. Chaque séance coûte 30€ "Finalement, ce n'est pas pire que d'aller chez l'homéopathe et puis il faut que je tente tout pour aider ma fille" explique la maman.

Mais comment ça marche ? Être magnétiseur ou magnétiseuse, ça ne s'apprend pas : "C'est un don de famille. Ça vient de mon grand-père, ma tante l'a aussi et travaille encore sur Dijon. Je pense que mon fils l'a aussi." Au départ, Isabelle est esthéticienne. Elle prodigue des massages qui remportent un franc succès et puis un jour... "mon grand-père m'a dit : Isabelle, je te donne mon don, donc tu t'installes!" Et depuis douze ans, son affaire tourne très bien "La propriétaire veut me vendre avec les meubles, les autres partent et moi je suis toujours là." Coquette, cintrée dans sa blouse blanche, elle pose ses mains sur les zones douloureuses. Grâce à son énergie, elle soigne toutes sortes de problèmes. "Eczéma, zona, toutes les maladies de peau mais aussi le stress, les dépressions, ça empêche de fumer aussi... par contre je ne suis pas médecin, je ne fais pas arrêter les médicaments !"

Et si vous croyez que poser ses mains pour soigner est un métier facile, Isabelle vous dira le contraire ! "C'est épuisant, je n'ai pas pris de vacances, il est temps que ça arrive..."

On donne notre énergie, c'est comme on recharge une pile ! > > - Isabelle, magnétiseuse

À Dijon, Clara use de la médecine traditionnelle chinoise

Parmi les médecines alternatives, il existe aussi la médecine chinoise. Elle se décompose en 4 disciplines : l'acupuncture, le Tui Na (des massages thérapeutiques), la diététique et le Chi Qonq qui sont des exercices de relaxation, de gym douce ou basés sur le souffle. Le principe est de rééquilibrer les énergies qui traversent le corps.

Clara Marrocco est installée à Dijon depuis 5 ans après avoir étudié pendant 5 ans ces 4 disciplines. Elle a effectué des stages en Chine et selon elle, il est bon de rappeler que la médecine chinoise vient en amont du mal. C'est une médecine avant tout préventive. "C'est quand même une médecine pour "garder la bonne santé", faut venir une fois de temps en temps pour garder le flux en santé. Ne pas attendre d'être malade pour faire de l'acupuncture. C'est pour ça qu'en Chine pendant très longtemps, les médecins étaient payés quand leurs patients allaient bien. Et il n'étaient plus payé quand leurs patients tombaient malade, même si ça se fait de moins en moins évidemment. Chez nous, tout le monde est payé que ce soit les labos ou autres quand les gens vont mal."

Il existe même des aiguilles d'acupuncture plus petites pour les enfants. - Radio France
Il existe même des aiguilles d'acupuncture plus petites pour les enfants. © Radio France - Marion Bargiacchi

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