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Santé – Sciences

En grève depuis juin, les assistants de régulation du Samu de Poitiers se disent "abandonnés par Agnès Buzyn"

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Par , France Bleu Poitou

Les assistants de régulation du Samu au CHU de Poitiers se mobilisent ce mercredi matin avec un préavis de grève illimité. Ils dénoncent le fait d'avoir été exclus du plan de la ministre de la Santé qui accorde une prime de 100 euros aux personnels des urgences.

Illustration, un centre d'appels d'urgence du Samu
Illustration, un centre d'appels d'urgence du Samu © Maxppp - Charly JURINE

Poitiers, France

"Samu 86 Centre 15 bonjour, quelle est votre demande ?" Voilà trois décennies que Valérie travaille comme assistante de régulation médicale (ARM) au Samu de Poitiers. En grève depuis le mois de juin, elle et certains de ses collègues comptent distribuer des tracts aux automobilistes ce mercredi matin aux abords du Futuroscope. Ces ARM souhaitent bénéficier de la prime de 100 euros promise le 1er juillet par la ministre de la Santé pour calmer le mécontentement généralisé au sein des personnels des urgences. "Quand Madame Buzyn parle de stress, je pense qu'on est en première ligne."

"Je me souviens d'avoir, dans la seule matinée, été appelée pour deux pendaisons, et entre temps, vous avez quelqu'un qui appelle pour vous demander s'il faut fermer les volets pendant la canicule ! C'est un ascenseur émotionnel extrême ! Cette prime, c'est pas du luxe donc pourquoi sommes-nous les seuls exclus du dispositif ?" - Valérie, ARM depuis 30 ans à Poitiers

Valérie répond en moyenne à 150 appels en semaine et jusqu'à 500 les week-ends, tantôt pour des broutilles tantôt pour des drames. "Et on ne tient pas compte des appels sortants, aux médecins et aux pompiers". "C'est vrai qu'il y a un ras-le-bol généralisé", ajoute Maryse, assistante de régulation au Samu depuis 35 ans, encartée à la CGT. "Les appels s'enchaînent les uns après les autres, ça devient infernal."

"Ce qui met le feu aux poudres, c'est cette prime dont on est exclu"

"Là où le bât blesse, c'est qu'on veut être reconnu comme faisant partie du service des urgences et soumis au même stress, explique Valérie. Quand vous décrochez, vous êtes le premier à prendre de plein fouet les cris, les pleurs, vous guidez les gestes d'urgence au téléphone, notamment les massages cardiaques."

"On se sent exclus du service Samu Smur Urgences alors qu'on est le premier maillon de la chaîne des secours, on passe d'un appel pour une pendaison à quelqu'un qui demande s'il peut venir manger à l'hôpital"

Ambulancier de formation, Frédéric est devenu assistant de régulation médical au Samu de Poitiers en 1994. "Aujourd'hui, un ARM qui débute va travailler pour 1.300 euros, avec les responsabilités que l'on a et la charge émotionnelle que l'on prend, ça me paraît complètement aberrant qu'on ne soit pas reconnu comme personnel de Samu Smur Urgences."

A l'instar de nombreux centres d'appels d'urgence en France, le Samu de Poitiers connaît un mouvement social quasiment sans précédent depuis le mois de juin. Une grève quasiment invisible du grand public dans la mesure où les ARM sont soumis à un devoir d'astreinte. C'est pourquoi ce mercredi matin, certains des 16 agents du centre d'appels de Poitiers comptent distribuer des tracts au rond-point du Palais des congrès du Futuroscope. Ils seront rejoints par leurs collègues des Deux-Sèvres et de Charente-Maritime. Tous porteront le gilet fluo du Samu sur le dos pour être, cette fois-ci, enfin visibles.

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