Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Dossier : Coronavirus

Masques, appels aux Samu, transferts de malades : le point sur l'épidémie de coronavirus dans le Grand Est

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Sud Lorraine, France Bleu Lorraine Nord, France Bleu Champagne-Ardenne, France Bleu Alsace, France Bleu Elsass

Plus de deux semaines après le début du confinement, l'Agence régionale de santé du Grand Est prend la parole ce mardi. Pic épidémique, appels au SAMU, hospitalisations, transferts de malades, Ehpads, commandes de masques et de tests, on fait le point avec son directeur Christophe Lannelongue.

L'Agence régionale de santé a fait ce mardi un point détaillé sur la situation dans le Grand Est
L'Agence régionale de santé a fait ce mardi un point détaillé sur la situation dans le Grand Est © Maxppp - Jean-François Frey

Le dernier bilan

Ce lundi, 3.950 personnes étaient hospitalisées à cause du coronavirus dans le Grand Est, dont 844 en réanimation. Près de 1.500 sont sorties de l'hôpital, leur état de santé ayant été considéré comme rassurant. Depuis le début de l’épidémie, le nombre total de décès de  patients déclarés en milieu hospitalier s'élève à 919 dans la région (les trois quarts originaires d'Alsace et de Moselle).

Le pic épidémique dans 15 jours ?

A partir de quand pourra-t-on constater le pic épidémique ? L'ARS Grand Est travaille sur la question depuis plusieurs jours grâce à un modèle mathématique. Selon le directeur de l'ARS Christophe Lannelongue, il va falloir attendre encore deux semaines avant de constater une diminution des hospitalisations et des admissions en réanimation. "Est-ce que ce pic ressemblera au Mont Blanc, au Ballon d'Alsace ou au plateau du Larzac, impossible à dire", déclare-t-il.

Les appels au SAMU

Un motif d'espoir : le nombre d'appels au SAMU amorce une diminution dans la région. La tendance reste encore à confirmer sur le long terme, mais elle semble se préciser depuis trois ou quatre jours, notamment en Alsace. Ce sont effectivement "des premiers signes" encourageants comme le reconnaît Christophe Lannelongue. De quoi espérer une baisse des arrivées aux urgences.

Les masques

Les masques manquent toujours dans de nombreux services de santé. "C'est vrai qu'on a encore une tension sur les FFP2, reconnaît Christophe Lannelongue. On en a récupéré ce lundi soir plusieurs dizaines de milliers. Ils sont en cours de mise en place."

En ce qui concerne les masques chirurgicaux, deux millions de masques ont été récupérés ce mardi soir. Il y en aura quatre millions de plus ce vendredi, promet l'ARS. Ils s'ajoutent au 2,8 millions normalement livrés chaque semaine. "C'est une opération de soudure que nous engageons avec ces commandes propres car nous sommes dans une phase de transition jusqu'à l'arrivée du pont aérien entre la France et la Chine. Plusieurs centaines de millions de masques doivent arriver dans le semaines qui viennent."

Les respirateurs

L'Agence régionale de santé annonce également la mise en place de 50 respirateurs supplémentaires dans le Grand Est. Une trentaine en Alsace, dix à Metz et dix à Nancy.

Les places en réanimation

La situation est encore extrêmement tendue dans les hôpitaux alsaciens et mosellans. "Les efforts du groupement hospitalier Nord-Lorraine et Est-Moselle sont significatifs, rappelle M. Lannelongue. On est passé de 100 lits de réanimation à 173." La situation reste également tendue à Nancy et Épinal. Ce dimanche, le Grand Est comptait 1.150 lits de réanimation. Les capacités d'accueil ont donc triplé. Les cliniques privées, elles aussi, ont libéré des places : une centaine dans la région.

Les transferts de malades

Les solidarités nationale et européenne jouent à plein, se réjouit le patron de l'ARS. Un peu plus de cent patients ont été transférés chez nos voisins luxembourgeois, suisses et allemands. Une autre centaine vers d'autres régions de France. Des vols médicalisés sont réguliers. Il y en a encore eu un ce mardi matin entre Mulhouse et Hambourg. 

Des réunions sont organisées chaque jour par l'ensemble des autorités sanitaires pour déterminer le nombre de places disponibles dans d'autres régions ou pays. Déterminer également le moyen de transport adéquat.

Les patients hospitalisés en réanimation dans d'autres territoires reviennent généralement en convalescence dans leur hôpital d'origine. "Il faudra récupérer au plus vite les capacités d'accueil de nos partenaires qui seront bientôt touchés eux aussi, précise Christophe Lannelongue. Les besoins de réanimation en Allemagne vont augmenter dès le mois prochain, comme dans les régions de l'ouest de la France."

Nous paierons notre dette. Si c'est nécessaire, nous ouvrirons nos propres capacités de réanimation pour les aider, à leur tour.

La solidarité se concrétise également par la venue de personnels volontaires. Environ 2.300 personnes originaires de toute la France sont venues prêter main forte dans les hôpitaux et services de santé du Grand Est.

Les Ehpads

L'ARS annonce 452 personnes décédées en Ehpads "en cumulé" ce lundi "sans pouvoir identifier de façon précise le nombre de décès dûs au Covid19". Pour le moment, le nombre de morts dans les Ehpads n'est pas intégré au décompte national. Il est prévu, dès ce mercredi, de faire un point beaucoup plus précis sur la situation avec l'agence Santé Publique France. 

Dans le Grand Est, deux établissements sur trois accueillant des personnes âgées sont touchés, de près ou de loin, par le Covid-19 (contaminations des résidents ou du personnel). La grande région compte plus de 600 Ehpads. 

L'Agence régionale assure qu'un plan d'action sera annoncé dans quelques jours pour soutenir l'action des personnels. Pour chaque Ehpad, un référent médical sera nommé. Sa mission : contacter les médecins de ville et renforcer les conditions de soutien au personnel médical. Il sera par exemple possible de rémunérer une infirmière libérale à l'intérieur d'un établissement. Les Ehpads pourront également, dès ce mercredi, avoir accès à une plateforme régionale les mettant en relation avec des personnels extérieurs et volontaires. Cela se fera en coopération avec les conseils départementaux.

Une généralisation des tests ?

L'ARS envisage sérieusement la possibilité de tester rapidement l'ensemble des résidents des Ehpads de la grande région. "Dans les heures prochaines, un décret doit voir le jour permettant la mise en place de tests sérologiques dans tout le territoire," assure Christophe Lannelongue. D'ici la fin de semaine, cela pourrait se mettre en place."

Le directeur général précise que des discussions ont eu lieu avec le maire de Nancy pour envisager une telle généralisation. Laurent Hénart qui a d'ailleurs annoncé ce mardi le dépistage de l'ensemble des résidents et personnels de l'Ehpad municipal Notre Maison.

"Quand on pourra engager ces tests massifs, poursuit le directeur de l'ARS, on pourra préparer la sortie de crise. Des personnes immunisées envisageront un retour à la normale et d'autres malades pourront être pris en charge de manière très précoce." 

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu