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Santé – Sciences

Essai clinique "sauvage" sur des malades de Parkinson ou d'Alzheimer : les associations de la Vienne écœurées

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Par , France Bleu Poitou, France Bleu

L'Agence du médicament a annoncé ce jeudi avoir interdit un essai clinique "sauvage" mené sur au moins 350 malades de Parkinson ou d'Alzheimer dans une abbaye près de Poitiers. Un essai illégal qui scandalise les associations de malades dans la Vienne notamment.

Le délégué de France Parkinson dans la Vienne se dit écœuré par le scandale des "essais sauvages"
Le délégué de France Parkinson dans la Vienne se dit écœuré par le scandale des "essais sauvages" © Radio France - Isabelle Rivière

Châtellerault, France

On en sait un peu plus ce soir sur les essais cliniques sauvages menés au cours des derniers mois à l'abbaye Sainte-Croix de Saint-Benoît près de Poitiers. Au moins 350 malades d'Alzheimer et de Parkinson ont testé un traitement soi-disant miracle, moyennant la somme de 1.000 euros. Les patients dormaient une nuit dans l'abbaye, arrêtaient leur traitement habituel, mettaient un patch. Puis le lendemain, ils subissaient une prise de sang. L'organisation de cet essai clandestin était le Fonds Josepha, dont le fondateur est un médecin poitevin, le professeur Jean-Bernard Fourtillan. Dans la Vienne, les associations de malades et leurs familles sont écœurées par ce qu'il s'est passé. 

"On nous demande si on était au courant"

Cette histoire tombe mal pour l'association France Alzheimer : à la veille de la journée mondiale de lutte contre cette maladie, les bénévoles du stand d'information installé aux Cordeliers à Poitiers n'ont eu que des questions sur cette affaire. Chantal Cogniaud, est la secrétaire de l'association dans la Vienne. Elle a dû répondre aux inquiétudes des badauds. 

"On nous demande si on était au courant. Mais non ! Jamais on a su que des malades avaient participé à ces essais. Notre association n'a rien à voir avec ces gens et ce qu'ils ont fait !" s'insurge la bénévole. 

"Ils ont abusé du désespoir des malades..."

Jean-Claude Bourdin, lui, est délégué départemental de France Parkinson dans la Vienne et il est très en colère. "Ces professeurs ont abusé du désespoir des malades et de leurs familles", crie-t-il.  Cela fait plus de 20 ans que son épouse est atteinte de la maladie de Parkinson. Des cachets, elle est obligée d'en prendre toutes les trois heures, "sinon elle est bloquée" explique-t-il.  Il n'ose imaginer ce qui est arrivé à ces patients qui ont arrêté leur traitement pour participer à cet "essai illégal". 

"... Et ont allégé leur porte-monnaie"

Sans compter, que cet essai était payant, ajoute-t-il. Son coût : 1.000 euros par personne. "Dans la Vienne, ce sont surtout des gens du milieu agricole qui souffrent de Parkinson, des gens qui ont peu de revenus. Et ces professeurs, ils ont abusé de leur faiblesse tout en soulageant leur porte-feuille", lâche-t-il.  

Une mise en garde déjà lancée en 2016 

En novembre 2016, le délégué départemental de France Parkinson dans la Vienne avait alerté le siège de son association à Paris contre les professeurs Joyeux et Fourtillan.   

"À l'époque, un adhérent m'avait montré une lettre qu'il avait reçue. Une lettre dans laquelle le Professeur Joyeux se mettait dans la peau de Parkinson pour justifier son propre protocole de soins."

"Quand j'ai vu sur youtube que ces messieurs mélangeaient mystique et scientifique, je me suis quand même posé des questions" poursuit-il. Pour lui, certains malades ils veulent tellement guérir ou être soulagés qu'ils seraient prêts à tout pour y arriver si tant est qu'ils en aient les moyens. Suite à son alerte, France Parkinson a demandé à son comité scientifique d'évaluer les thérapeutiques proposées par le Pr Joyeux et son comparse. À l'issue, une mise en garde a été mise en ligne sur le site internet de l'association. C'était il y a trois ans.

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