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"On est les oubliés" : la colère des aides à domicile de l'Indre, en première ligne face au Covid-19

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Les aides à domicile ont joué un rôle majeur dans la protection des personnes fragiles face au Covid-19. Et pourtant, entre absence de prime, salaires trop faibles et manque de reconnaissance, ils se sentent oubliés.

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- © Maxppp - Alexis Sciard/IP3 PRESS

Les aides à domicile sont un maillon essentiel de la prise en charge des personnes indépendantes. La crise sanitaire du Covid-19 en a été la preuve une fois de plus. Et pourtant, les associations et les salariés expriment en ce moment leur colère. Ils se sentent oubliés par le gouvernement, au moment où les plans de relance se multiplient pour de nombreux secteurs d'activités. Dans l'Indre, les associations d'aide à domicile ont rédigé une lettre adressée à Emmanuel Macron, Edouard Philippe et au président du Conseil départemental Serge Descout.

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Un travail en première ligne face au Covid-19

"On a besoin d'une reconnaissance de notre travail. Nous aussi, on est important et on fait quelque chose d'utile", insiste Nadège Cluzel, auxiliaire de vie dans l'Indre. Les aides à domicile ont été le seul lien social pour de nombreuses personnes âgées. "On a fait que les hôpitaux n'ont pas été surchargés parce qu'on a maintenu à domicile les personnes âgées dans les meilleures conditions possibles", ajoute Nadège Cluzel. Les conditions de travail n'ont pas été idéales au tout début de la crise sanitaire. Certaines aides à domicile n'ont pas eu de masques pendant une dizaine de jours après le début du confinement

On a été travailler avec la peur au ventre, on avait peur de transmettre le Covid-19

"Les aides à domicile ont pris d'énormes risques car il n'y avait pas de masques au début de l'épidémie. Personne n'est décédé, peu de gens ont été véritablement malades. On peut dire qu'on a eu de la chance mais j'ai une colère froide", réagit Yves-Henri Lafon, président de l'Asmad 36, l'Association de Services pour le Maintien à Domicile.

Quid de la prime Covid pour les aides à domicile ?

Le gouvernement a promis une prime Covid jusqu'à 1 500 euros pour les personnels hospitaliers et pour les professionnels des secteurs médico-sociaux. Aujourd'hui, seuls les services de soins infirmiers à domicile reçoivent cette prime. Rien pour les autres. En fait l'Etat ne laisse la charge aux départements de verser cette prime. Mais pour l'instant, dans l'Indre, aucune décision n'a été annoncée. "La prime Covid, on est dans l'attente. Nous sommes un secteur nécessaire pour nos aînés, les personnes malades ou en situation de handicap", précise Yves-Henri Lafon.

"Il faut se battre, il faut être en colère parce qu'il y a clairement de l'injustice", s'indigne Marine, aide à domicile dans le secteur de Buzançais, Niherne et Villedieu-sur-Indre. "On fait un travail important, on est le premier maillon de la chaîne et pourtant, nous ne sommes pas reconnues. On est les oubliées", déplore Françoise, une autre aide à domicile exerçant dans le Boischaut Nord.

Les aides à domicile, ce sont des invisibles mais il faut absolument les valoriser

Une revalorisation des salaires essentielle

Enfin, la question de l'augmentation des salaires est capitale. Des salaires plus attractifs, c'est la promesse de trouver plus facilement de futurs aides à domicile. À l'inverse, en restant dans cette situation, il y a un réel risque d'avoir une crise des vocations. "Il faut avoir 10 ans d'ancienneté pour dépasser le SMIC. On n'en peut plus, les aides à domicile n'en peuvent plus. Ce sont des salariés passionnés mais on ne peut pas vivre d'amour et d'eau fraîche", insiste Yves-Henri Lafon, président de l'Asmad 36. 

Son association compte 370 aides à domicile. 80 ont plus de 55 ans et 30 ont plus de 60 ans. Il va falloir les remplacer, d'autant que le vieillissement de la population va rendre encore plus indispensable la profession. "On n'a pas de reconnaissance salariale et maintenant on en a besoin pour recruter. Sans quoi, il n'y aura plus personne pour travailler", s'inquiète Françoise.

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