Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Dossier : Coronavirus

Face au manque de masques : "On nous envoie à l'abattoir", témoigne une infirmière libérale de Seine-et-Marne

-
Par , France Bleu, France Bleu Paris
Avon, France

Le manque de masques de protection se fait sentir partout en France pour le personnel soignant, qui n'en peut plus. Valérie est infirmière libérale à Avon, en Seine-et-Marne. Elle témoigne ce samedi sur France Bleu Paris. "Ma vie est en jeu, j'arrive en larmes chez mes patients", dit-elle.

Infirmière
Infirmière © Radio France - Orféa

De nombreux professionnels de santé alertent depuis plusieurs jours le gouvernement sur le manque urgent de masques de protection pour lutter contre la propagation du coronavirus. Pour y répondre, le ministre de la Santé, Olivier Véran, s'est exprimé ce samedi pour rassurer. La France a commandé "250 millions de masques", qui seront livrés "progressivement" dit le ministre. 

Une nouvelle qui ne rassure pas Valérie, une infirmière libérale à Avon, près de Fontainebleau, en Seine-et-Marne. Interrogée sur France Bleu Paris, elle est révoltée de ne pas recevoir assez de masques "On nous envoie à l'abattoir", estime cette infirmière. "On envoie aussi nos patients à l'abattoir. Nous on se donne à fond mais en fait en retour, on n'a rien."

J'ai été angoissée pendant des jours, j'arrivais chez les patients en larmes tellement je me suis sentie délaissée. Tant que je n'aurai pas mes masques pour tous les jours, je me sentirai délaissée" témoigne Valérie.

18 masques pour 2 semaines de travail

Cette infirmière a reçu un lot de masques cette semaine, 18 pour deux semaines, sachant qu'ils ont une durée de vie qui ne dépasse pas trois heures. Elle s'occupe pourtant de 60 malades par jour, "60 malades sur deux semaines, le calcul est vite fait", commence Valérie. "Ce n'est clairement pas assez. Quand on m'a donné ces masques, je suis tombée de haut. J'ai réalisé qu'on n'avait aucune considération de l'État. Je mets ma vie en danger", clame-t-elle. Elle utilise donc deux masques dans la journée, un sur la tournée du matin et un autre sur la tournée du soir, ce qui n'est pas recommandé. "Je sens que je ne fais pas mon travail comme je devrais le faire".

"Ma vie est en jeu"

"J'ai été angoissée pendant des jours, j'arrivais chez les patients en larmes tellement je me suis sentie délaissée. Tant que je n'aurai pas mes masques pour tous les jours, je me sentirai délaissée", témoigne Valérie. C'est "l'angoisse et la colère" qui dominent chez elle. "On est entre l'État et le patient. On doit rassurer le patient et à la fois on n'est même pas capable de nous rassurer nous-mêmes, on ne sait pas si on ne va pas mourir avant eux. On les protège un maximum mais nous, on ne se protège pas. Ma vie est en jeu", alarme cette infirmière libérale, en pensant à sa famille.

J'ai une épée de Damoclès au-dessus de la tête", Valérie, infirmière libérale

De la culpabilité et de la peur

Valérie a peur de véhiculer le virus et de le transmettre à ses patients, pour la majorité âgés de plus de 70 ans. "Imaginez, en tant qu'individu, si on me dit dans une semaine, qu'un patient a le coronavirus, peut-être à cause de moi, je vais être coupable, je vais culpabiliser"

"J'ai clairement une épée de Damoclès au-dessus de la tête, de me sentir coupable d'avoir transmis le virus. Là, je ne sais même pas si je suis porteuse du virus ou pas et en plus au niveau des moyens qu'on nous donne au niveau de l'État, c'est nul, on n'a rien"

"Depuis le mois de janvier, on prévient que ça va être quelque chose de grave", continue-t-elle. Le ministre de la Santé promet des masques pour les professionnels de santé en libéral dans les prochaines semaines, "mais c'est trop tard, imaginez le nombre de gens qu'on aura contaminé ? _C'est une honte_", pour elle. 

Très touchée, Valérie le sent bien, c'est sa profession qui est impactée. "Je me dis, un pays comme la France n'a pas les possibilités de fabriquer des masques depuis le mois de janvier ? On n'a pas dit ça hier, ça fait trois mois", conclue cette infirmière qui en attend plus de la part du gouvernement.

Écoutez le témoignage de Valérie, infirmière libérale, qui n'a reçu que 18 masques pour 15 jours de travail. Largement pas assez pour elle.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu