Santé – Sciences

Faire un don de moelle osseuse, et pourquoi pas vous?

Par Aurélien Accart, France Bleu Nord mardi 8 avril 2014 à 18:54

Pour recruter de nouveaux donneurs de moelle osseuse, les bénévoles doivent avant tout rassurer sur cette pratique.
Pour recruter de nouveaux donneurs de moelle osseuse, les bénévoles doivent avant tout rassurer sur cette pratique. © Aurélien Accart - Radio France

A l'occasion de la neuvième semaine de mobilisation pour le don de moelle osseuse, l'agence de la biomédecine recherche 18 000 nouveaux volontaires dans toute la France. A Lille, des étudiants en médecine se relaient pour sensibiliser leurs camarades et battre en brèche les idées reçues. Si crucial soit-il, le don de moelle osseuse ne va pas de soi.

C'est un don bien moins connu que celui du don d'organe ou que le don du sang, mais tout aussi crucial pour les patients atteints le plus souvent de maladie du sang et qui en ont un besoin vital. L'agence de la biomédecine organise dans toute la France la neuvième semaine de mobilisation pour le don de moelle osseuse. Une campagne qui vise à recruter dans toute la France 18 000 nouveaux donneurs potentiels.

A Lille, des étudiants de médecine bénévoles se relaient sur le campus de la faculté pour sensibiliser et pour expliquer toutes les démarches aux curieux qui souhaitent devenir donneur de moelle osseuse. Le problème, c'est que le don de moelle osseuse suscite de nombreuses interrogations, et des inquiétudes souvent injustifiées. "Quand on touche à la moelle osseuse, on sait qu'il peut y avoir des séquelles alors on appréhende un peu" , lâche Louis, un étudiant en médecine de 22 ans, qui confond moelle épinière et moelle osseuse.

Or, "les deux n'ont rien à voir du tout , explique le professeur Jean-Pierre Jouet, médecin hématologiste au centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Lille. C'est une confusion extraordinaire qui est faite très souvent. La moelle osseuse, elle sert à la fabrication des cellules sanguines indispensables à la vie, la moelle épinière, ça n'a rien à voir c'est un organe neurologique. " Aucun risque donc - une crainte souvent exprimée - de rester paralyser après un don de moelle osseuse, puisque celui ci ne s'effectue pas au niveau de la colonne vertébrale, mais par prélèvement de sang, ou par prélèvement dans l'os du bassin.

Même à la fac de médecine, il faut combattre les idées reçues sur le don de moelle osseuse

Si devenir volontaire pour un don de moelle osseuse ne se fait pas à la légère, c'est "à peine plus compliqué qu'un don du sang" explique dans un sourire Marion. La jeune lilloise de 27 ans s'est inscrite en 2010 sur le fichier des volontaires. Après une prise de sang et le remplissage d'un questionnaire de santé, elle n'a pas eu de nouvelles pendant plusieurs années.

J'étais hyper émue, car c'est devenu très concret. Je me suis rendu compte que ce que j'avais fait, ça allait enfin servir à quelqu'un !"Marion, 27 ans, donneuse de moelle osseuse

Et puis soudain, son téléphone a sonné. Un patient compatible génétiquement avec elle avait besoin de son don de moelle osseuse. "On m'a dit que j'étais compatible avec un receveur, quelque part en France ou dans le monde. J'étais hyper émue, car c'est devenu très concret. Je me suis rendu compte que ce que j'avais fait, ça allait enfin servir à quelqu'un !" La jeune femme a alors fait son don, via la méthode dite de la cytaphérèse, une sorte de prise de sang qui nécessite de trois à quatre heures d'immobilisation. Dans son cas, il a fallu deux séances de quatre heures, "le receveur faisant 70kg et étant plus lourd que moi" , la seule information que Marion connaisse sur son receveur, puisque la démarche est totalement anonyme. Depuis, Marion milite pour que de plus en plus de monde s'inscrive sur ce fameux fichier de donneurs volontaires.

Marion a fait un don de moelle osseuse, et ne regrette absolument pas son geste

Un fichier qui compte environ 220 000 inscrits en France, et qui est interconnecté à l'ensemble des registres internationaux rassemblant plus de 21 millions de donneurs inscrits dans le monde. Le but, c'est d'avoir le plus de diversité possible dans les profils génétiques, pour augmenter les chances de compatibilité, qui sont très faibles en dehors de la famille du malade.

Pour faire un don, il faut avoir entre 18 et 51 ans, être en bonne santé, et bien sûr s'inscrire sur le site internet du don de moelle osseuse. Après une prise de sang, il vous faudra remplir un questionnaire de santé. Ensuite, il faut simplement rester joignable, en n'oubliant pas de signaler tout changement d'adresse.

Si un patient nécessitant une greffe de moelle osseuse s'avère compatible avec vous, vous serez contactés et c'est à ce moment là seulement qu'il faudra faire le don en lui-même. Deux méthodes sont possibles , et dépendent des besoins du patient greffé: soit la cytaphérèse, un prélèvement de moelle osseuse dans le sang, soit par prélèvement dans l'os du bassin. Une opération qui nécessite 48 heures d'hospitalisation et une anesthésie générale. Au 31 décembre 2013, 8629 donneurs originaires du Nord-Pas-de-Calais, de la Picardie et de Champagne Ardennes étaient inscrits comme volontaires sur le fichier des donneurs de moelle osseuse.

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