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Fatigue, stress, rapidité... "On n'a pas le temps de bien faire notre travail", déplore une soignante de Lille

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Par , France Bleu Nord, France Bleu

Alors que le CHU de Lille s’attaque à la deuxième vague du coronavirus depuis le début du mois d’octobre, certains soignants sont épuisés. Témoignage de l’une d’entre eux.

Des soignants lors d’une manifestation à Paris [image d’illustration].
Des soignants lors d’une manifestation à Paris [image d’illustration]. © Maxppp - Le Pictorium

Après huit mois de crise sanitaire en France, certains soignants sont à bout de souffle, alors que se dresse face à eux la deuxième vague du coronavirus. 

Il y a d'un côté le manque de moyens, dénoncé depuis des années par les syndicats et de l'autre, la pandémie, qui ne fait qu'accentuer les besoins et les tensions.

On n’a pas le temps de discuter avec les patients qui en ont peut-être simplement besoin et puis même nous, ça nous fait du bien de discuter d'autre chose. Et en plus nos masques cachent nos sourires.

Cette soignante du CHU de Lille et qui a souhaité rester anonyme fait partie de ce personnel épuisé. Avec la crise sanitaire, elle a l’impression d’être devenue un robot. "On a tellement de travail qu'on doit enchaîner, aller vite parce qu’on sait qu’on a du monde qui attend derrière", raconte-t-elle. 

Épuisement moral et physique

En quelques mois, elle a perdu ce qui lui tenait à cœur : le relationnel, l’essence de son métier. "On n’a pas le temps de discuter avec les patients qui en ont peut-être simplement besoin et puis même nous, ça nous fait du bien de discuter d'autre chose. Et en plus, nos masques cachent nos sourires, regrette la soignante. Parfois, je n’ai même pas le temps de me poser de questions quand je ne connais pas un nouveau traitement, m’interroger sur pourquoi je dois le mettre en place." Avec des passages en coup de vent dans les chambres des patients, elle a l’impression de louper des choses : "On n’a pas le temps de bien faire son travail."

Je pense à quitter mon service actuel et même pour mon métier je me pose des questions, est-ce que c'est fait pour moi ?

À la fatigue physique s’ajoute donc celle mentale et à cause de la fatigue, la situation lui semble aujourd'hui beaucoup plus difficile à vivre qu'en mars dernier. Un sentiment qui l'empêche de dormir : "Je ne pense qu'à ma journée de travail et je me suis même surprise à me réveiller et à pleurer parce que je ne savais pas quoi faire de cette frustration et des sentiments que je ressens vis-à-vis de mon travail et de ma fatigue."

Cette soignante est arrivée à un point où elle s'interroge sur son avenir. "Je pense à quitter mon service actuel et même pour mon métier je me pose des questions, est-ce que c'est fait pour moi ?"

Comme beaucoup, elle voudrait donc que cette crise passe vite. "On a hâte que ça se termine", dit-elle dans un sourire. En attendant, elle espère des renforts plus nombreux.

Pas de plan blanc mais une réorganisation 

C’est aussi ce que demandent les syndicats. "C’est de plus en plus compliqué, ça l’était déjà avant avec les fermetures de lits et le manque de budget mais le coronavirus a aggravé la situation et certains soignants sont en burn-out", dénonce Lydérim Boudersa. Le secrétaire général de FO santé au CHU de Lille demande à la direction de prendre des mesures pour aider le personnel.

L’établissement n’a pas encore activé son plan blanc - synonyme de mobilisation de tous les moyens humains et matériels - mais des opérations ont été déprogrammées et la direction a demandé au personnel, dans la mesure du possible, de repousser tout ou partie de ses congés. Les volontaires se verront attribuer une indemnisation compensatoire allant jusqu’à 200 euros par jour.

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